Gilles Picard affirme que la région doit identifier ses priorités et les présenter à Québec.
Gilles Picard affirme que la région doit identifier ses priorités et les présenter à Québec.

Le milieu touristique attend toujours l'appui financier de Québec

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Depuis juin 2012, l'Outaouais est reconnue par le gouvernement provincial comme « Porte d'entrée du Québec », un club de régions privilégiées qui comprend aussi Montréal et Québec et qui se retrouve au centre de la stratégie nationale pour accroître le flux de touristes canadiens et de l'étranger.
Avec la désignation vient la promesse d'investissements importants dans l'industrie touristique. Le Plan de développement de l'industrie touristique 2012-2020, déposé par les libéraux il y a deux ans, précise que « l'enrichissement et le renouvellement des attraits des portes d'entrée sont au coeur de la stratégie » pour attirer plus de touristes. Le document précise aussi que « le potentiel de développement touristique de l'Outaouais est important pour l'accroissement des dépenses touristiques du Québec ».
Les portes d'entrée que sont Montréal et Québec ont bénéficié d'appui massif de Québec pour développer leur industrie touristique au cours des dernières années. En Outaouais par contre, la porte n'a que le nom et elle ne s'ouvre sur aucun nouvel attrait majeur depuis la construction du casino. La région peine même à obtenir le financement nécessaire pour remettre son train à vapeur sur les rails, pourtant un élément unique et emblématique de l'Outaouais.
Le directeur général de Tourisme Outaouais, Gilles Picard, convient que la désignation « Porte d'entrée » n'a pas encore donné grand-chose à l'Outaouais.
Il n'est cependant pas prêt à lancer la pierre trop rapidement au gouvernement.
« Comme région, nous avons un travail à faire, dit-il. Nous devons clairement identifier nos priorités et les déposer à Québec. C'est ce que Montréal et Québec ont fait et ces villes ont eu l'argent pour réaliser leurs priorités. Nous déposerons nos projets en novembre prochain, à temps pour se retrouver dans le budget qui viendra ensuite. »
En attente d'investissements
L'industrie touristique, tout comme l'Outaouais en général, occupe bien peu de place dans la campagne actuelle. Mais tôt ou tard, Québec devra ouvrir sa bourse et s'attarder au potentiel touristique de la région. Ça demeure le plan d'action du ministère du Tourisme de le faire. Tourisme Outaouais vise à devenir une destination incontournable au Québec d'ici 2015. Le temps file.
« À titre de porte d'entrée, il doit y avoir des investissements, sinon la dépense touristique va se faire à Ottawa et c'est le Québec qui sera perdant, insiste M. Picard. Nous allons cibler nos priorités, les présenter, et par la suite, nous serons en mesure de dire si le gouvernement est passé de la parole aux actes, ou non. »
L'industrie touristique de l'Outaouais représente des retombées économiques annuelles de 316 millions $ dans la région. Elle permet de maintenir plus de 18 000 emplois dans 1 250 entreprises. Chaque dollar accordé par le gouvernement dans l'industrie engendre 16 autres dollars d'investissements.
« Les gouvernements, peu importe la couleur, ne semblent pas saisir l'énorme potentiel du tourisme en Outaouais, affirme M. Picard. On pourrait faire beaucoup plus pour l'économie régionale si on nous accorde l'importance qu'il faut. Le tourisme se retrouve dans les priorités régionales d'action de tous les partenaires. Que ce soit la Conférence régionale des élus, les MRC, les CLD et la Ville de Gatineau ; tous voient comment l'industrie pourrait faire encore plus partie de l'économie et à quel point elle est un levier de diversification économique. »
M. Picard est d'avis que le contexte pour investir dans l'industrie touristique de l'Outaouais n'a pas été aussi bon depuis longtemps. L'industrie a les yeux rivés sur le 150e anniversaire de la Confédération canadienne en 2017.