Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a accueilli les 18 conseillers municipaux qui ont été élus la semaine dernière.

Le maire donne rapidement le ton

Violons, protocole et discours solennels. C’était soirée d’assermentation du nouveau conseil municipal, mardi soir, à Gatineau. Le maire et les 18 conseillers, dont sept vivent une première expérience en politique municipale, sont maintenant officiellement en poste. La politique est sur le point de reprendre tous ses droits à l’intérieur des murs de la Maison du citoyen.

Mais juste avant, il y avait lieu de célébrer ces 19 personnes qui donneront leurs quatre prochaines années à la Ville de Gatineau. Plus de 400 personnes — amis, famille et dignitaires — étaient présentes pour souligner l’engagement de ces élus. 

Du nombre, Claude Béland, ex-président du Mouvement Desjardins de 1987 à 2000, a prononcé le discours d’ouverture dans lequel il a souligné l’importance de l’engagement citoyen et de la poursuite des efforts pour un meilleur « vivre ensemble ». Verna Polson, Grand chef du conseil tribal de la nation Algonquine Anishinabeg était aussi présente à l’assermentation. C’est la première fois qu’un leader autochtone participait à cette soirée à Gatineau. L’ancien premier ministre du Québec et beau-père du maire Maxime Pedneaud-Jobin, Bernard Landry était aussi sur place, tout comme les anciens maires de Gatineau, Marc Bureau, Yves Ducharme et Michel Légère. 

Discours personnel et politique

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a rompu avec ses habitudes lors de son discours d’assermentation en abordant pour une rare fois des grands pans de sa vie personnelle. Il en a aussi profité pour lancer quelques messages aux élus qui siégeront avec lui à la table du conseil au cours des quatre prochaines années.

« On me reproche parfois d’avoir certaines idées un peu trop affirmées, d’être trop politique, ce qui me semble un peu paradoxal pour un politicien, a-t-il affirmé. Dans la mesure où la politique est l’instrument par excellence pour améliorer la vie des gens, c’est une critique que j’accueille avec une certaine fierté. Toute ma vie d’adulte a été consacrée à ma région, ma ville et mon quartier. Pour moi, la seule qualité vraiment nécessaire pour un politicien c’est d’aimer profondément son quartier, sa ville, sa patrie. Quand on aime la terre qu’on habite, on sent l’urgence de la voir s’épanouir, on s’indigne de ses malheurs et on prend naturellement les moyens d’agir. Un des moyens les plus puissants c’est la politique. »

Le message lancé par le maire a quelque peu agacé le conseiller Daniel Champagne qui aurait préféré un message « plus rassembleur » de la part du maire comme discours d’assermentation. « J’aurais aimé une main tendue aux conseillers sans égard à leur affiliation politique, a-t-il affirmé au terme du discours. Les références à Action Gatineau et au programme du parti, je ne suis pas certain que ça envoie un message rassembleur. Cela étant dit, ce sont les actions que fera le maire au cours des prochains jours et semaines qui démontreront sa volonté de travailler de façon à rassembler tout le monde. La force de ce conseil ce sont les compétences des élus. Le défi sera que ces compétences soient reconnues autour de la table, peu importe les allégeances politiques. »

Le maire a aussi profité de son discours pour offrir un conseil aux élus. « Ne cessez jamais d’être impatient, c’est une caractéristique propre au leadership », a-t-il insisté. Il a toutefois ajouté une mise en garde. 

« La bonne décision n’est pas nécessairement une décision prise rapidement, a-t-il poursuivi. Pour qu’une fleur pousse plus vite, c’est plus efficace de se dépêcher à choisir le bon engrais que de tirer dessus. »

La première séance du nouveau conseil municipal aura lieu mardi prochain.

CE QU'ILS ONT DIT...

«Je suis très optimiste. Nous venons d’avoir quatre bonnes années de travail pour nos deux villes. J’ai une bonne entente avec le maire Pedenaud-Jobin. Le train léger est une priorité pour nos deux villes et c’est nécessaire de travailler ensemble pour aller chercher l’argent des autres paliers de gouvernements. C’est aussi important de travailler ensemble pour développer le tourisme et l’économie de nos villes.»

— Jim Watson, maire d’Ottawa


«L’action citoyenne est souvent présente à Gatineau […] c’est dans l’ADN de bon nombre de Gatinois et je souhaite qu’il en soit ainsi pour l’éternité.»

 Claude Béland, président du Mouvement Desjardins de 1987 à 2000


«Je souhaite beaucoup de sagesse au maire Pedneaud-Jobin, d’être capable de s’associer aux autres membres du conseil et de mettre de l’eau dans son vin. La force de ce conseil est sa mixité. Dans la mesure où tous seront mis à contribution, ce conseil pourra faire avancer bien des choses.»

 Yves Ducharme, ancien maire de Gatineau


«Je suis très fier de ma fille (Audrey Bureau) et c’est grâce à son travail et son bénévolat dans le secteur qu’elle a été élue. Elle a mis beaucoup d’efforts. Je ne commenterai pas plus la politique. Je vais laisser ça à ma fille.»

Marc Bureau, ancien maire de Gatineau


«Plus on se connaît, plus on peut voir les motivations des gens. Je trouvais intéressant de parler de mon parcours, ce que j’ai peu fait dans les quatre dernières années. C’était intéressant de le faire pour les anciens, mais aussi pour les nouveaux, qu’ils voient ce qui a modelé mon engagement politique depuis 20 ans.»

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau