Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud Jobin, a parlé avec émotion et admiration de son beau-père, l’ex-premier ministre du Québec Bernard Landry, décédé cette semaine.

Le maire de Gatineau rend hommage à son beau-père, Bernard Landry

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, est « sûr » qu’il ne serait pas le même politicien s’il n’avait pas eu le « privilège » d’avoir l’ex-premier ministre du Québec, Bernard Landry, comme beau-père.

M. Pedneaud-Jobin s’est exprimé publiquement pour la première fois, jeudi, sur le départ de M. Landry, qui a rendu l’âme mardi à l’âge de 81 ans. « Je ne suis pas ici comme porte-parole de la famille, a-t-il précisé. Je suis ici vraiment comme maire de Gatineau et aussi comme quelqu’un qui a eu la chance, sinon le privilège en fait, de connaître M. Landry dans les 20 dernières années. »

Le maire de Gatineau est en couple depuis la fin des années 1990 avec l’une des deux filles de M. Landry, Pascale, qu’il a épousée en 2000. Il a voulu jeudi rendre hommage au politicien qu’était M. Landry non seulement pour ce qu’il a apporté au Québec et à l’Outaouais, mais aussi pour les valeurs et enseignements transmis à sa famille au fil des ans.

Les Gatinois ont été nombreux à envoyer des messages de condoléances aux proches de M. Landry au cours des derniers jours, ce qui démontre aux yeux du maire Pedneaud-Jobin « la profondeur de l’héritage » qu’il laisse derrière lui. « La famille a été beaucoup touchée par ces témoignages, a-t-il dit. On peut penser [...] que ça ne change pas grand-chose, mais ça fait du bien à mon épouse, à mes enfants. »

Le maire a rappelé que son beau-père a été « un bâtisseur du Québec moderne », en soulignant qu’il « a fait avancer » les causes des femmes, des minorités sexuelles, de l’intégration des communautés culturelles et des Autochtones « à des moments où ça n’allait pas de soi de défendre ces causes-là ».

« Il faut le dire aussi, parce que ça prend une dose de courage pour défendre ses convictions quand ce n’est pas nécessairement dans l’air du temps de le faire », a-t-il mentionné. 

L’Outaouais garde également le legs du passage de M. Landry en politique, a souligné M. Pedneaud-Jobin en donnant notamment en exemple les fusions municipales, le casino et l’autoroute 50.

De bons souvenirs

À titre personnel, le maire de Gatineau gardera de nombreux bons souvenirs du père de sa conjointe et grand-père de leurs enfants, qu’il s’agisse de judicieux conseils politiques ou d’anecdotes démontrant qu’il était un homme « sage ».

« Je lui demandais conseil de temps en temps », a confié M. Pedneaud-Jobin. Ce fut entre autres le cas pour l’épineux dossier des régimes de retraite, sur le vérificateur général qui doit être vu comme « un outil pour protéger le contribuable » et non comme une menace, sur l’importance des investissements en culture et sur l’éthique.

Il y a aussi eu ce jour du 11 septembre 2001. « J’étais chez lui à Verchères avec ma petite fille de quatre mois », se souvient le maire. Bernard Landry venait d’être informé des attentats. « L’homme d’État » s’est mis en action, mais avant de partir pour gérer la crise, il a pris le temps de saluer la petite dans les bras de son père. « Il la regarde, il lui donne un petit bec et il lui dit ‘tu vis des moments dramatiques et tu ne le sais même pas’, mais il lui dit ‘toi, l’important, c’est que tu joues’. Ça, pour moi, c’était aussi ce qu’il était comme personne. [...] Ça avait été une belle expression de ce qu’il avait de plus beau. »

Le maire originaire du secteur Buckingham pouvait aussi compter sur son beau-père pour que ses enfants sachent quelles sont leurs racines. Quand M. Landry leur lisait des histoires sur le bord du fleuve à Verchères, « il finissait toujours en disant ‘bonne nuit prince et princesses de la Lièvre et du Saint-Laurent’ ». « Lire une histoire, c’était leur donner de l’amour, mais c’était aussi, en parlant comme ça, nourrir les racines des enfants. [...] Ça m’a toujours touché parce que c’était, auprès de ses petits-enfants, le prolongement de son action politique qui se concrétisait dans chacun des petits gestes de sa vie, donc je lui en serai toujours reconnaissant. »

Maxime Pedneaud-Jobin passera les prochains jours auprès des siens et assistera aux funérailles d’État de M. Landry, mardi. Il sera de retour à Gatineau pour prendre part à la fin des discussions budgétaires mercredi ou jeudi.