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Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, le directeur général du <em>Droit</em>, Éric Brousseau, et le président du conseil d’administration, Patrick Duquette
Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, le directeur général du <em>Droit</em>, Éric Brousseau, et le président du conseil d’administration, Patrick Duquette

Le maire de Gatineau remet un morceau d’histoire au Droit

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
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«Le Droit avait vendu son âme, aujourd’hui la Ville de Gatineau la lui redonne.»

Sourire aux lèvres, le maire Maxime Pedneaud-Jobin s’est bien amusé jeudi en annonçant qu’il remettait au quotidien Le Droit «un cadeau de bienvenue» pour avoir déménagé ses bureaux en sol québécois le printemps dernier.

Le cadeau en question, c’est l’ancienne grande table éditoriale du journal, vieille de plus de 65 ans et qui avait été vendue il y a quelques années, au grand dam de plusieurs employés. Le premier magistrat avait à l’époque tenté, sans succès, de racheter celle-ci au nouveau propriétaire, souhaitant l’installer à la Maison du citoyen.

«Quand un politicien fait des gaffes, induit la population en erreur, c’est votre travail de rapporter le fait dans vos pages et de le dénoncer en éditorial. C’est très rare que l’inverse soit possible, c’est-à-dire qu’un politicien puisse, en toute objectivité, souligner une erreur d’un média et contribuer ensuite à la corriger, avec l’accord enthousiaste de ce même média», a-t-il lancé à l’équipe du Droit.

Une petite plaque signée par le maire Maxime Pedneaud-Jobin a été installée sur le côté de la table.

Or, le fruit du hasard a voulu qu’il y a quelques mois, le maire a sans trop de bruit fait des démarches et a pu mettre la main sur la table en question, qu’il a décidé de redonner au journal qui a désormais pignon sur rue sur le boulevard Saint-Joseph, dans le secteur Hull.

«Au milieu de l’été, quand je l’ai appris, j’étais très content, je savais que ça allait faire un hit. Je me souvenais par contre qu’elle n’était plus très belle, alors on a convenu de la retaper un peu, elle avait besoin d’amour. On a travaillé avec un ébéniste, il y a eu décapage et on a mis de la teinture. Elle l’a l’air flambant neuve, mais garde toute son essence originale», raconte le directeur général du Droit, Éric Brousseau.

Au-delà d’être un objet en bois massif, cette table a une valeur hautement symbolique car des dizaines et des dizaines de personnalités s’y sont assises au fil des dernières décennies pour être interviewées. La liste est très longue, de Philippe Couillard à Dalton McGuinty en passant par Bob Rae, Daniel Johnson, Pauline Marois, Mauril Bélanger, Robert Labine, Stephen Harper, Jean Charest, Graham Fraser, Bernard Landry, Madeleine Meilleur, John Tory ou encore François Legault.

Pour la petite histoire, la table étant très longue, elle ne pouvait entrer ni par la cage d’escalier, ni par l’ascenseur. On a donc dû faire appel à une grue avec nacelle pour la transporter jusque sur le toit de Village Cartier pour ensuite retirer temporairement une fenêtre des bureaux afin de l’installer dans la salle de conférence du journal. «Elle ne peut plus partir d’ici en un seul morceau», s’exclame M. Brousseau.

Pour immortaliser le geste, une petite plaque signée par M. Pedneaud-Jobin a été installée sur le côté de la table.

«Cette table éditoriale représente un des fondements de la démocratie: l’endroit où le politique rend des comptes à la population par l’entremise des médias. Sachons en faire bon usage», est-il écrit.