Le maire de Bowman, Michel David.

Le maire de Bowman démissionne

Farouchement opposé à ce que sa municipalité participe financièrement au projet de réfection de l'ancienne salle des Chevaliers de Colomb du village voisin de Val-des-Bois, le maire de Bowman, Michel David, vient d'annoncer qu'il démissionne de ses fonctions, à sept mois du scrutin général.
En poste depuis 2009, le maire a remis sa lettre de démission mardi, tout juste avant que le conseil municipal vote une « entente de services » de 60 000 $ sur 15 ans en lien avec le projet de revampage du bâtiment localisé à Val-des-Bois, lequel doit être transformé en salle communautaire. 
L'argent a été pigé à même le surplus de 138 000 $ de la municipalité et le contrat prévoit que Bowman peut se retirer de l'entente à tout moment et récupérer son dû moins 4000 $ par année d'utilisation. En échange, les organismes du territoire de Bowman pourront profiter gratuitement de la nouvelle salle.
L'échevin Mario Thibault a également démissionné de son siège de conseiller dans la foulée de cette participation financière. Pierre Labonté a été nommé maire par intérim de Bowman jusqu'aux élections de novembre prochain.
Rappelons que Val-des-Bois a reçu le mois dernier une subvention de 159 342 $ en provenance du gouvernement fédéral pour mener à terme ce projet de salle multifonctionnelle chiffré à plus de 300 000 $. Une enveloppe de 40 000 $ a aussi été injectée par la MRC Papineau dans le montage financier.
« Je ne comprends pas qu'une municipalité puisse investir dans un immeuble qui est situé à l'extérieur de son territoire. Pour moi, c'est un non-sens. [...] J'aurais pu voter contre la résolution, mais en démissionnant, je m'assure que mon nom ne sera jamais associé à ce projet », a réagi Michel David au Droit, ajoutant qu'une simple entente financière annuelle sur la location des lieux aurait suffi.
De son côté, Mario Thibault dénonce la façon dont le dossier a été monté. « Comme on n'a pas le droit de donner de l'argent à l'extérieur et de fournir pour une construction en dehors de notre territoire, c'est un peu comme si la loi venait d'être contournée. C'est un don mais les mots ont été changés », dit-il, mentionnant au passage qu'un sondage réalisé à la fin février par Bowman, auprès de 199 répondants, a révélé que 71 % de la population était contre une participation financière au projet de réfection. Le montage qui avait alors été présenté proposait une contribution de 85 000 $ avec des frais d'entretien annuel d'un peu plus de 20 000 $ dans le cadre d'un partenariat d'achat.
Les deux ex-élus disent ne pas être contre le projet de Val-des-Bois, mais plutôt contre l'injection de fonds publics de la part de Bowman afin de rénover l'édifice. 
Une décision « bénéfique »
Le maire par intérim de Bowman, Pierre Labonté, défend la décision de ses collègues, précisant qu'il s'agit d'une « entente de services » qui sera « bénéfique pour toute la population » puisque le besoin d'avoir une telle salle dans ce secteur de la Lièvre était immédiat. Il reconnaît toutefois que la somme pourra être utilisée par Val-des-Bois pour la réalisation de travaux et que le fait de débourser 60 000 $ immédiatement aidera Val-des-Bois dans sa recherche de subventions gouvernementales.
« C'est une entente de services sur une durée de 15 ans. Eux (Val-des-Bois) avec l'argent, s'ils peuvent rénover la salle, ce sont tous nos citoyens qui vont en profiter. Nous sommes deux municipalités, mais c'est la même communauté. La bibliothèque est à Val-des-Bois, la ressource jeunesse est à Val-des-Bois. On ne fait pas d'emprunt, nous utilisons notre surplus et la décision a été prise pour le bien des citoyens », a-t-il dit.