Le Canada devrait augmenter sa taxe fédérale sur le carbone jusqu’à 210 $ la tonne d’ici 2030 – ce qui équivaut à 40 sous de plus par litre d’essence – s’il veut respecter ses propres cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES).

Le litre d’essence risque de coûter 40 ¢ de plus

Le Canada devrait augmenter sa taxe fédérale sur le carbone jusqu’à 210 $ la tonne d’ici 2030 – ce qui équivaut à 40 sous de plus par litre d’essence – s’il veut respecter ses propres cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES).

C’est la principale conclusion à laquelle arrive la Commission de l’écofiscalité du Canada, mandatée pour trouver les politiques climatiques les plus efficaces par rapport aux coûts afin de réduire les émissions de GES.

Mise en place en 2014, la Commission est formée d’économistes de toutes les régions du Canada et de conseillers parmi lesquels se trouvent les ex-premiers ministres libéraux du Canada, Paul Martin, et du Québec, Jean Charest.

Dans son plus récent et dernier rapport, dévoilé mercredi, la Commission a analysé différents scénarios : le régime actuel de tarification sur le carbone, la réglementation extensive et les subventions, puis la réglementation de l’industrie et des subventions.

Elle en arrive à la conclusion que même si « la hausse du prix du carbone au Canada pourrait se révéler difficile sur le plan politique », il s’agit de la meilleure façon d’atteindre les cibles canadiennes « au coût le plus bas possible pour l’économie ».

« Pour que le recyclage des recettes soit efficace sur le plan économique, les provinces devraient envisager de réduire l’impôt sur le revenu des entreprises et des particuliers, surtout si le prix du carbone augmente avec le temps », ajoute la Commission dans son rapport.

Le plan fédéral de tarification du carbone – qui exclut le Québec et la Colombie-Britannique, qui ont déjà leurs propres systèmes – prévoit une augmentation progressive de 10 $ par année pour atteindre 50 $ la tonne de carbone en 2022.

« Le prix du carbone actuellement en vigueur doit augmenter de manière significative si le Canada veut atteindre sa cible de 2030. Notre analyse indique que cela est possible si le prix national du carbone atteint 210 $ la tonne en 2030 », indique le rapport.

Plus tôt cette année, le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux, laissait entrevoir plutôt un prix de 102 $ la tonne en 2030 pour atteindre les cibles canadiennes.

L’ancienne ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, a laissé un flou sur la suite des choses, indiquant que s’il y avait une hausse après 2022, elle se ferait au terme d’une négociation avec les provinces.

Ces commentaires ont soulevé l’ire des conservateurs, qui craignent que les consommateurs soient trop taxés. Leur plan en environnement prônait plutôt une abolition de la taxe sur le carbone et l’obligation des gros pollueurs à investir dans la recherche.

La Commission de l’écofiscalité sert un avertissement à ceux qui seraient tentés de contourner une taxe sur le carbone.

« Les politiques qui cherchent à épargner les ménages en imposant des réductions d’émissions à l’industrie sont celles qui coûtent le plus cher à l’économie dans son ensemble », écrit-elle dans le rapport, ajoutant qu’il n’y a « rien de gratuit en matière de politique climatique ».