Le 25 octobre, M. Cronier aurait fait des menaces de mort ou d’infliger des blessures à des intervenants de la DPJ.

Le juge peu ému du cas de Denis Cronier

Denis Cronier n’a pas convaincu le tribunal sur sa capacité à se tenir loin des avocats, juge et intervenants de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de l’Outaouais. Le Gatinois de 53 ans a tenté d’obtenir sa libération provisoire, mardi, en attendant la suite des procédures criminelles intentées contre lui en octobre dernier.

Parce que Denis Cronier est accusé de menaces, de harcèlement et d’intimidation envers des représentants de la justice outaouaise, un juge de l’extérieur du district, Jean Sirois, a été appelé à présider l’enquête sur sa remise en liberté.

L’avocat du prévenu, Me Gérard Larocque, a tenté de faire valoir, lors du contre-interrogatoire de la sergente-détective Doriane Côté, que son client était davantage insultant et «mal engueulé» que réellement menaçant.

Dans son témoignage, Denis Cronier a dit qu’il trouvait son séjour en prison difficile, et a promis de ne plus répéter ses gestes, s’il était remis en liberté.

La sergente-détective du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a expliqué comment les victimes avaient souffert d’appels menaçants répétés, à la maison, et de propos dénigrants — avec leurs photos — sur le profil Facebook de Denis Cronier.

L’homme a même publié une photo d’une avocate accompagnée de son enfant, avec la mention «criminelle».

«Monsieur est en guerre contre la DPJ depuis deux ans, a résumé le juge Sirois. Son profil Facebook ne contient pas seulement des grossièretés ou des insultes. Ce sont clairement de l’intimidation et des menaces à peine voilées. Pendant deux ans», a-t-il répété.

Le 25 octobre, il aurait fait des menaces de mort ou d’infliger des blessures à des intervenants de la DPJ. M. Cronier a été arrêté le même jour.

Avant cette date, le SPVG et des avocats l’avaient averti de cesser son manège.

«Une juge a craint pour sa sécurité, a ajouté le juge Sirois. C’est clairement une attaque du système judiciaire. L’accusé a dérapé complètement.»

Le juge Sirois a dit douter que, «comme par magie», Denis Cronier deviendrait une autre perrsonne à sa sortie provisoire du centre de détention.

L’individu aurait même utilisé des logiciels spécialisés pour trouver les adresses de ses victimes.

«Je ne prendrai pas le risque de le remettre en liberté», a conclut le juge.

Dans le cadre de son enquête, le SPVG a aussi découvert des fichiers informatiques contenant de la pornographie juvénile, dans un ordinateur du suspect.