Clément Bélanger tentera de se faire élire à la mairie de Gatineau lors de l’élection du 5 novembre.
Clément Bélanger tentera de se faire élire à la mairie de Gatineau lors de l’élection du 5 novembre.

Le «grand projet» de la porte d’entrée

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Au départ, Clément Bélanger n’aspirait pas à la mairie de Gatineau. Le poste qu’il convoitait était plutôt celui de conseiller municipal de son quartier, Hull-Wright, dans le centre-ville. Il avoue s’être laissé convaincre dans le dernier droit de sa réflexion par ses proches de viser plus haut.

« Je voulais commencer comme conseiller, mais ils ont réussi à me convaincre que je représente le renouveau et le changement et que je devais me présenter à la mairie », a-t-il raconté en entrevue éditoriale avec Le Droit. C’est ainsi que M. Bélanger est devenu le 4e des cinq candidats à vouloir diriger les destinées de la Ville de Gatineau pour les quatre prochaines années. Il obtient 4,7 % des intentions de vote, selon un récent sondage publié par Le Droit.

La raison de sa présence dans cette course est motivée, dit-il, par une « vision grande ville » dont il veut être le porteur de ballon. « Gatineau ne doit plus être à l’ombre d’Ottawa, elle doit devenir l’autre moitié de la région de la capitale d’un pays du G7, clame le candidat indépendant. Oui, il faut parler d’asphaltage, d’eau brune et de déneigement, mais à un moment donné, il faut élever le débat et l’amener ailleurs. Je veux qu’à Gatineau, on parle de grands projets. »

Selon M. Bélanger, c’est par le tourisme que la quatrième ville en importance dans la province développera son économie. Gatineau doit devenir LA porte d’entrée du Québec, ajoute-t-il. « Il faut être une destination touristique incontournable, explique le candidat. Je voudrais que les gens viennent à Gatineau d’abord, et qu’ensuite ils traversent la rivière pour aller visiter le parlement. Il faut créer de la richesse, et selon moi, ça passe par le tourisme. C’est ce développement économique qui va ensuite nous permettre de nous payer les infrastructures dont nous avons besoin. »

La clé de ce développement passerait par l’utilisation du site de l’aréna Guertin. Il veut en faire le lieu où les gens viendraient s’abreuver du patrimoine gatinois et canadien-français au Canada. « Je suis déjà tombé dans le piège en parlant de la Grande maison du Québec et de la cabane à sucre urbaine, dit-il. Les gens rient de moi depuis que j’ai énoncé cette idée, mais ça ne me dérange pas, parce que j’y crois. Je veux quelque chose de vivant, avec des chevaux, une rivière, des draveurs sur une pitoune et une cabane à sucre où on pourrait aller autant en janvier qu’en juillet. Je veux que les gens goûtent à notre patrimoine, qu’ils goûtent au sucre à la crème. Il faut faire la promotion de notre patrimoine, il faut le célébrer. »

Le flou

C’est dans l’application concrète que le plan de M. Bélanger se complique. À moins de deux semaines du jour du scrutin, M. Bélanger n’a toujours pas chiffré ses engagements et n’a aucunement l’intention de le faire avec précision. Il reproche à Denis Tassé d’emprunter 100 millions $ pour asphalter des rues locales et à Sylvie Goneau de couper des postes dans la fonction publique. Du même souffle, il se dit d’accord pour que des efforts soient faits pour améliorer l’état des routes, et prêt à faire des économies grâce à l’attrition dans l’administration. 

Il dit vouloir maintenir la hausse des taxes au taux dicté par l’Indice des prix à la consommation, mais il n’explique pas clairement ses intentions quant au maintien ou non de la taxe dédiée aux infrastructures qui augmente de 1 % par année et qui s’ajoute au fardeau fiscal des contribuables depuis 2013.

« Je ne suis pas prêt à m’engager à lancer des chiffres, dit-il. Je suis prêt à respecter le Plan triennal d’immobilisation. Ça pourrait passer par de l’attrition, par un emprunt, par la taxe dédiée et par plein de choses. Pour moi, ce n’est pas flou. C’est très clair. Toutes les options sont sur la table. Je ne peux pas dire ce que je vais faire tant que je ne serai pas en poste. »

CLÉMENT BÉLANGER SUR...

L’agrandissement de Guy-Sanche

Contrairement au candidat à la mairie Denis Tassé, qui réserve la totalité des 9 millions restants dans le plan de déploiement des bibliothèques pour agrandir la bibliothèque Lucy-Faris, Clément Bélanger souhaite plutôt utiliser la somme pour agrandir la bibliothèque Guy-Sanche, située en face du Centre sportif.
Quant à Lucy-Faris, quelques centaines de milliers de dollars seraient suffisants, selon lui, pour rénover l’immeuble dont la capacité portante pose un problème particulier. Il souhaite aussi investir davantage afin de prolonger les heures d’ouverture des bibliothèques de Gatineau.

Le train léger 

L’avenir du transport en commun dans l’ouest de la ville doit passer par la mise ne place d’un système de train léger à l’image de celui d’Ottawa, selon Clément Bélanger. «Je suis d’accord avec cette technologie, mais c’est conditionnel, dit-il. Ça va dépendre du prix.» En attendant la construction du lien rapide pour désengorger l’ouest, le candidat indépendant propose que trois voies dans la même direction soient ouvertes en période de pointe. Il souhaite aussi encourager les gens à utiliser davantage leur vélo pour se déplacer. Les véhicules hybrides devraient aussi pouvoir circuler dans les voies réservées. Enfin, le transport en commun devrait être gratuit pour les jeunes âgés de moins de 18 ans. M. Bélanger n’a toutefois chiffré aucun de ces engagements.

La dynamique partisane à Gatineau

Si Action Gatineau fait de nouveau élire son chef et suffisamment de conseillers, le 5 novembre prochain, Gatineau entrera dans une nouvelle dynamique dont elle ne pourra plus sortir, estime Clément Bélanger. Il salue le courage des membres d’Action Gatineau qui ont mis sur pied une formation politique en 2013, mais il dénonce la «partisanerie» que cela a provoquée sur la scène politique gatinoise. «Si Action Gatineau gagne son pari le 5 novembre, il y aura forcément la création d’un autre parti politique à Gatineau, et là, on va entrer officiellement dans une dynamique de parti.»