Lundi, un groupe de citoyens, en collaboration avec l’organisme AmiEs de la Terre de Québec et la compagnie Williams environnement, avaient invité la population à apporter ses bouteilles de vin vides devant l'Assemblée nationale et à se faire rembourser une consigne de 25¢.

Le gouvernement prié de ne pas céder au «lobby anti-consigne» [VIDÉO]

Des militants environnementaux implorent le gouvernement de ne pas céder au «lobby anti-consigne» et d’élargir rapidement le système de consigne aux bouteilles de vin et de spiritueux.

C’est le message qu’ils ont martelé lundi midi devant l’Assemblée nationale, alors que s’amorçait la commission parlementaire sur le recyclage du verre. Pour l’occasion, un groupe de citoyens, en collaboration avec l’organisme AmiEs de la Terre de Québec et la compagnie Williams environnement, avaient invité la population à apporter ses bouteilles de vin vides et à se faire rembourser une consigne de 25¢. 

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«On est prêt pour la consigne. Je suis allé au Nouveau-Brunswick, en Ontario, où il y a des comptoirs de dépôt. Ça marche numéro un. Qu’est-ce qu’on attend au Québec? On le fait avec les bouteilles de bière, pourquoi on le ferait pas avec les bouteilles de vin? C’est ça que les Québécois veulent», a plaidé au Soleil le fondateur de Williams environnement, Serge Williams, en pointant le flot régulier de citoyens venus apporter leurs bouteilles vides et les klaxons d’encouragement des automobilistes.

C’est grâce à des dons que les initiateurs de l’événement ont pu rembourser la consigne aux citoyens. Le budget permettait le remboursement de 3200 bouteilles au total. À la fin de l’activité, Williams environnement devait transporter le fruit de la collecte à la SAQ, où les employés sont en faveur d’une consigne depuis plusieurs années, a rappelé M. Williams au passage.

M. Williams déplore que 72% du verre récupéré par les Québécois se retrouve dans les sites d’enfouissement et que le reste devienne de l’abrasif ou des matériaux de recouvrement. «Le verre, c’est recyclable à l’infini», rappelle-t-il. Non seulement la consigne est-elle la meilleure façon de s’assurer que le verre soit d’une qualité suffisante pour être recyclé, mais elle «ferait travailler du monde en plus», argue le militant.

À l’origine du mandat d’initiative sur les enjeux de recyclage et de valorisation du verre, la députée de Mercier et porte-parole de Québec solidaire en matière d’environnement, Ruba Ghazal, est en faveur de l’instauration d’une consigne sur les bouteilles de vin au Québec. «Plus de 90% des Québécois sont en faveur, parce qu’ils savent que ce système-là va donner des résultats, comme partout ailleurs», souligne-t-elle.

Malheureusement, il y a toujours eu des «lobbys anti-consigne», dont l’objectif est de maintenir le statu quo, déplore la députée. «Les producteurs ne veulent pas avoir une responsabilité de leurs produits jusqu’à la fin. Ils veulent juste payer pour que leurs bouteilles soient envoyées au centre de tri, et après, ils s’en lavent les mains, et c’est la société qui paie pour ça», dénonce celle qui espère que le ministre de l’Environnement, Benoît Charette, «va se tenir debout devant les lobbys».

Mme Ghazal ne s’émeut pas de la dernière annonce d’Éco Entreprises Québec, selon laquelle une entente entre le Groupe Bellemare de Trois-Rivières et la seule fonderie de verre au Québec, Owens Illinois, permettrait de fabriquer des bouteilles et des contenants à partir du verre issu des bacs de recyclage. 

«Dès qu’ils sentent la soupe chaude, dès qu’ils sentent que le gouvernement se dirige vers une solution logique, qui est de sortir le verre du bac, ils reviennent avec une autre annonce, nous promettent le Saint-Graal, de recycler 100% du verre. […] C’est une façon de gagner du temps», estime-t-elle.

Selon une étude commandée par la SAQ publiée en 2015, l’implantation et l’exploitation de centres de dépôt indépendants pour récupérer les bouteilles consignées coûteraient plus de 250 millions $ sur cinq ans. Ruba Ghazal est sceptique.

«J’aimerais la voir, cette étude. Est-ce que ce serait des centres de dépôt en or pour que ça coûte aussi cher? […] En ce moment, on paie pour le système de collecte sélective, la SAQ paie des millions de dollars à Éco Entreprises Québec pour que les bouteilles soient mises dans le bac de recyclage. Et ça ne donne pas de résultats, c’est enfoui. Cet argent-là, on devrait le mettre dans un système de consigne, qui lui va donner des résultats», juge la députée de Mercier.