Il reste deux semaines à tous les détenteurs d’armes pour s’inscrire au Service d’immatriculation des armes à feu du Québec.

Le gouvernement Legault va de l’avant avec le registre des armes à feu

Le gouvernement Legault n’a pas l’intention de céder aux pressions de ceux qui boycottent le nouveau registre québécois des armes à feu. Des amendes s’appliqueront à partir du 29 janvier pour les propriétaires d’armes non enregistrées.

«On supporte le registre, c’est clair», indique Jean-François Del Torchio, directeur des communications de la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault.

Il reste deux semaines à tous les détenteurs d’armes pour s’inscrire au Service d’immatriculation des armes à feu du Québec (SIAF). Passé ce délai, «la loi va s’appliquer», avertit M. Del Torchio. 

Ce sont les policiers, dans l’exercice normal de leurs fonctions, qui auront à vérifier si une arme à feu est enregistrée. Si elle ne l’est pas, le contrevenant s’expose à des amendes variant entre 500 $ à 5000 $. 

Jusqu’à maintenant, la Coalition avenir Québec (CAQ) ne s’était pas positionnée clairement sur la façon dont elle traiterait le registre des armes à feu, mis en place il y a près d’un an par le gouvernement libéral de Philippe Couillard. Avant les Fêtes, la ministre Guilbault s’était montrée prudente et préférait sensibiliser les chasseurs et autres propriétaires d’armes à l’importance de s’inscrire, plutôt que de parler de répression.

Même si la question est délicate au sein du parti, — sept caquistes avaient voté contre l’instauration du registre en 2016 —, l’avenir de ce système d’enregistrement ne fera pas partie des discussions au caucus présessionnel prévu à Gatineau à la fin janvier. «Il n’est pas question de ça», assure M. Del Torchio. 

Inscriptions en hausse

Même si moins du quart des armes à feu en circulation au Québec sont enregistrées en ce moment, le cabinet de la ministre Guilbault est toujours confiant que les citoyens qui ont attendu à la dernière minute finiront par se conformer à la loi. «On voit quand même une progression au niveau des inscriptions au cours des derniers jours. C’est gratuit et rapide. On incite les gens à s’inscrire», commente M. Del Torchio. 

Depuis le 9 janvier, entre 1500 et 3000 nouvelles armes sont inscrites au registre chaque jour. Une hausse légère, mais constante, qui porte le nombre total d’inscriptions à 317 850 en date du 13 janvier, indique le ministère de la Sécurité publique. Le gouvernement estime à 1,6 million le nombre d’armes à feu en circulation au Québec. 

«Le nombre de visites sur le site Web a triplé, alors que le nombre d’appels qui sont liés au registre a doublé», indique quant à elle Louise Quintin, relationniste au ministère. 

Une panne a perturbé le système pendant une heure dimanche, en raison de la forte affluence, mais depuis «des correctifs ont été appliqués», précise Mme Quintin. Certains citoyens se plaignent également du temps d’attente sur la ligne téléphonique lorsqu’ils souhaitent obtenir de l’aide. 

Une campagne de publicité est toujours en cours à la radio pour inciter les citoyens à s’inscrire au registre. 

Le regroupement Tous contre un registre québécois des armes à feu lance depuis plusieurs mois des appels au boycott du SIAF en espérant que celui-ci tombe ou soit difficilement applicable par le gouvernement.