Michèle Demers, présidente de l'IPFPC
Michèle Demers, présidente de l'IPFPC

Le gouvernement Harper n'a pas l'appui des Canadiens

Paul Gaboury
Paul Gaboury
Le Droit
Les compressions décrétées par le gouvernement Harper dans le dossier de l'inspection des aliments déplaisent à la grande majorité des Canadiens.
C'est ce que révèle un sondage réalisé, auprès de 1300 Canadiens, entre le 20 et 22 septembre, pour le compte de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, par la firme Nanos Research.
Ainsi, plus de huit Canadiens sur dix souhaitent que le premier ministre revienne sur sa décision de réduire les fonds alloués aux programmes de salubrité alimentaire.
Avant le début de la crise de la listériose, qui a fait déjà au moins 17 victimes au pays, le gouvernement Harper avait donné son accord à une série de réductions imposées à l'Agence canadienne d'inspection des aliments, qui feraient notamment en sorte que les inspecteurs ne joueraient plus qu'un rôle de supervision.
«La listériose, l'histoire du lait contaminé et Gerry Ritz ont fait de la salubrité alimentaire un enjeu électoral. Et le message est clair: la population s'insurge contre l'affreux laissez-faire avec lequel on aborde la question de la salubrité des aliments», a fait valoir la présidente de l'IPFPC, Michèle Demers.
Depuis le début de la crise, la réaction du premier ministre Harper n'a pas été rassurante, selon elle. «Il a intimidé des employés, il a induit les Canadiens en erreur et il a annoncé une enquête bidon sur la crise de la listériose», a déploré Mme Demers à propos de la gestion du dossier par le chef conservateur.
Se basant sur des révélations faites par le quotidien Globe and Mail, la présidente de l'IPFPC a d'ailleurs reproché au bureau du premier ministre Harper d'être intervenu directement à plusieurs reprises pour contrôler le message au lieu de se préoccuper des conséquences de la crise sur la population et les victimes.
«Il y a eu des interventions à répétition du bureau du premier ministre qui se sont faites par le biais d'appels conférence au cours desquels on mettait l'accent davantage sur la façon de manipuler le message pour mettre fin à la crise alors que des vies étaient en danger», a-t-elle affirmé.
«Jusqu'à maintenant, personne n'a pris d'engagement ferme pour dire oui, c'est un problème et voilà comment on peut faire les choses autrement», a-t-elle aussi déploré.
D'ici la fin de la présente campagne électorale, l'IPFPC n'a pas l'intention de donner un mot d'ordre pour voter contre les conservateurs puisqu'il se veut non partisan. Le syndicat, avec 55 000 membres dont 1800 professionnels de l'ACIA, demande toutefois à tous les candidats de prendre des engagements clairs dans ce dossier.