Le ministre de la Sécurité publique et des Affaires municipales Martin Coiteux

Le gouvernement éponge la hausse des coûts de la SQ

Les maires des petites et moyennes villes du Québec poussent un soupir de soulagement. Le gouvernement du Québec accepte d’éponger en grande partie la hausse des coûts de la Sûreté du Québec (SQ) pour 2018.

Au lieu de devoir avaler une hausse moyenne de 10,5% de leurs factures, les municipalités devront payer environ 3% de plus pour continuer de profiter des services policiers de la SQ.

Après avoir constaté l’inquiétude grandissante des élus ces dernières semaines, le ministre de la Sécurité publique et des Affaires municipales, Martin Coiteux, a annoncé mercredi une aide financière de 23 millions $ pour l’année à venir. Il dit vouloir éviter «un choc financier» à leurs contribuables. 

Si le gouvernement n’avait pas agi, la hausse de salaire de 17,5% sur 7 ans accordée aux policiers de la SQ au printemps dernier aurait probablement eu pour effet de faire grimper les taxes municipales d’un peu plus de 1000 villes et villages du Québec. Pour certaines municipalités, la pilule aurait été très difficile à avaler. 

Présent aux côtés de M. Coiteux lors de l’annonce, Richard Lehoux, président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) a soutenu qu’il s’agissait d’une «agréable surprise» et d’«un beau cadeau», de la part du gouvernement. Une hausse de 3% est un peu supérieure à l’inflation, mais elle reste tout de même «raisonnable», juge-t-il. 

Michel Angers, maire de Shawinigan et représentant de l’Union des municipalités, s’est aussi réjoui de la nouvelle, la qualifiant plutôt de «marque de respect» du gouvernement à l’égard des villes. 

Entente à ficeler

L’annonce ne règle toutefois pas tout. Les municipalités demandent pour l’avenir un partage à parts égales des coûts de la SQ avec le gouvernement, alors qu’elles assument en ce moment 53% de la facture. Elles souhaitent également qu’un cran d’arrêt soit imposé, afin que les hausses de coûts ne dépassent pas l’inflation, d’année en année. 

Pour M. Lehoux, le règlement de ce dossier «traîne un petit en longueur». Et si aucune entente de partage des coûts n’est signée dans les prochains mois, «la même inquiétude de la part des municipalités reviendra l’an prochain», évoque-t-il. 

Le ministre Coiteux s’est montré ouvert à revoir la formule de financement, afin de garantir aux municipalités des factures plus prévisibles. Il a soutenu que des rencontres auront lieu assez rapidement en janvier pour traiter de ces questions. «Il faut qu’on fasse les travaux pour éviter de telles surprises, puis que le partage soit équitable.»