Le gardien de Boomer est accusé

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Responsable de la garde du lionceau Boomer lorsque l'animal a pris la fuite en Outaouais le printemps dernier, Stanley Dumont Whiteduck a été accusé «d'avoir gardé en captivité un lion sans être titulaire d'un permis», a appris La Voix de l'Est. Mais le sort de Boomer, confié au Zoo de Granby, n'a toujours pas été fixé.
M. Dumont Whiteduck a jusqu'au 1er octobre pour plaider coupable ou non coupable, a expliqué hier une porte-parole du Bureau du directeur des poursuites criminelles et pénales, Martine Bérubé.
 
S'il décide de plaider coupable, il s'expose à une amende minimale de 638 $, incluant les frais. «L'animal sera alors automatiquement confisqué et confié à un jardin zoologique selon l'ordonnance d'un juge», explique Mme Bérubé.
Impossible toutefois de présumer hors de tout doute que le Zoo de Granby hériterait de facto de la garde officielle du jeune lion.
Si, en contrepartie, Stanley Dumont Whiteduck plaide non coupable, le dossier sera transféré à Maniwaki pour la tenue d'un procès.
Cette accusation a été portée en vertu de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune à la suite du dépôt du rapport d'enquête du ministère des Ressources naturelles et de la Faune.
C'est ce ministère qui a accordé en mai dernier la garde de Boomer au Zoo de Granby, le temps d'enquêter sur sa fugue. À l'époque, le petit lion avait temporairement été confié à M. Dumont Whiteduck, un ami du propriétaire du lion, Dennis Day, un résidant de l'Est de l'Ontario qui le traitait pratiquement comme un animal domestique.
Mais Boomer a échappé à la vigilance de ses gardiens et a été retrouvé 24 heures plus tard près de Maniwaki. M. Day a par la suite réclamé la garde du lion.
Au zoo
Loin de toute cette saga médiatique et légale, Boomer a, depuis, repris une existence un peu plus propre à un lion. Après une période de quarantaine, il a, dans un premier temps, été introduit dans les quartiers intérieurs des lions où il n'a que des contacts olfactifs, sonores et visuels avec les quatre autres membres du troupeau.
Il a par la suite pu mettre le museau à l'extérieur dans l'enclos des félins où il effectue des sorties tous les jours. Mais seul. Son introduction avec ses semblables s'échelonnera sur quelques mois et avec un lion à la fois. «Tant qu'on ne sait pas ce qui arrive avec Boomer, on ne peut pas prendre de chance. On doit voir à son intégrité physique», a souligné hier la directrice générale du Zoo de Granby, Joanne Lalumière.