Lost Fingers et Mélissa Ouimet ont donné le coup d'envoi au Festival Franco-ontarien, hier, devant 9000 personnes.
Lost Fingers et Mélissa Ouimet ont donné le coup d'envoi au Festival Franco-ontarien, hier, devant 9000 personnes.

Le Franco déclenche l'été musical

Marc André Joanisse
Marc André Joanisse
Le Droit
L'été musical est bel et bien commencé et les premières notes ont été entendues, hier soir, de la Plaza des festivals d'Ottawa, là où le Festival franco-ontarien s'est installé, il y a quatre ans.
Mélissa Ouimet
Un départ avec un ciel correct et heureusement, loin d'être menaçant. Aussi, un départ comme les responsables du Franco le souhaitaient, avec une excellente foule, environ 9 000 festivaliers et énormément d'ambiance. On a vivement eu l'impression que le public avait trouvé les derniers mois passablement longs et monotones.
Premier de trois soirs, en bordure du point de la rue Laurier. Intéressante décision d'avoir invité Mélissa Ouimet, une jeune chanteuse de Saint-Albert dans l'Est ontarien. Son métier, elle a eu l'occasion de le parfaire en passant une partie de l'année 2008 dans des grands hôtels de Hong Kong, Séoul et Kuala Lumpur, à chanter six soirs sur sept avec le groupe Soldout.
Elle est revenue dans son coin de pays avec la ferme intention de chanter dans la langue de Molière. Ce qu'elle a fait et admirablement bien. Elle a été en parfaite symbiose avec ses quatre musiciens. Son genre musical est un rock solide un peu à l'image de Marjo. La chanteuse a de grandes qualités, sa voix est juste et sa présence sur scène est indéniable. L'avenir lui appartient. Elle vivra d'ailleurs une expérience inoubliable dans quelques heures alors qu'elle sera sur scène avec les Porn Flakes.
Mélissa Ouimet a donné le ton à une soirée bien imaginée. Bref, on ne pouvait pas trouver mieux pour ce soir de grande première. Le quatuor « a capella » et ses influences du quartier français de la Nouvelle-Orléans, Les Jaak, l'a suivi avant l'entrée en scène du trio Lost Fingers.
Une première occasion d'entendre des extraits de leur dernier disque, « Rendez-vous rose », des chansons de la francophonie arrosées au jazz manouche et étroitement lié à l'univers musical de Django Reinhardt. Aussi, la chance de les voir dans leurs nouveaux costards d'un rose rutilant.
Lost Fingers a cette faculté de faire lever une foule, que le groupe soit dans un bistrot ou dans la cour d'une mairie. Impossible de résister au travail des deux guitaristes Byron Mikaloff et Christian Roberge et du contrebassiste, Alex Morissette. Cette musique-là est intemporelle. On l'écoute depuis des décennies et on va l'écouter pendant plusieurs autres.
Entendre du Plastic Bertrand en version manouche, c'est particulier. Du Michel Louvain et la Compagnie Créole, davantage. Le groupe a aussi pigé dans son premier album avec ses versions de Part Time Lover de Stevie Wonder et Billie Jean de Michael Jackson.
Le trio a quitté et il a laissé la place à Claude Dubois. Dubois et le Franco se connaissent très bien. Et qui dit Dubois, dit une prestation bien rodée. Hier, il a passé à travers son répertoire, accompagné de sept musiciens. On a été là pour la première demi-heure et on a vu à quoi pouvait ressembler un artiste avec 40 années métier. Un artiste impeccable.
En journée, au moment où les Lost Fingers étaient en pleine répétition, le président du Festival franco-ontarien, Sébastien Lorquet s'est rappelé d'agréables moments. Il est là depuis la première année de la relance du festival, il y a quatre ans. « Je me souviens de deux éditoriaux dans Le Droit, a-t-il raconté. Un, nous suggérait de prendre une année sabbatique et l'autre nous a félicités à la fin du festival pour avoir tenu le coup. Dans toutes nos discussions, il n'a jamais été question de relâche. Notre idée était arrêtée, on allait redonner un second souffle au Franco. »
L'avocat de carrière est originaire de Québec. Il s'est amené à Ottawa à l'âge de dix ans. Il était encore étudiant à Samuel-Genest au moment de sa première visite au Festival franco-ontarien. « C'était à l'occasion d'une journée scolaire et on s'était retrouvé au parc Riverain. Mais mon meilleur souvenir du Franco, c'est le spectacle de Jean Leloup, au parc Major, au début des années 1990. J'ai commencé alors à comprendre c'était quoi l'enjeu de la francophonie en Ontario et l'importance du festival dans son épanouissement. »
Le Festival franco-ontarien a ajouté une quatrième journée à sa programmation, cette année. Une journée qui va se déployer dimanche, avec la participation d'amuseurs de rue dans le marché By.
« L'édition actuelle est le reflet du Franco de demain, a insisté Sébastien Lorquet. On va offrir une programmation éclatée et avec les moyens dont on dispose. Oui, on va prendre des risques, mais des risques calculés. »
Le Franco est de retour ce soir, et il accueillera Swamperella, Swing et les Porn Flakes. Guy A. Lepage, Martin Deschamps, Jonas et Martin Fontaine sont parmi les invités. On peut aussi s'attendre à des surprises. Ça commence à 19 h, à la Plaza des festivals.