Parmi les 29 restaurants partenaires, seuls six semblaient offrir à la fois service et menus dans les deux langues lors du passage du Droit, cette semaine.

Le français n'est pas au menu

Touristes francophones venus découvrir la magie du Bal de neige, bonne chance. Hors des sites officiels, point de salut pour «l'autre» langue du Canada. Surtout pas dans les restaurants partenaires du festival hivernal, a constaté LeDroit.
«Bonjour, avez-vous un menu en français?»
«Sorry, I don't speak French
«Mais... I don't speak English
«...»
La scène s'est déroulée au Spin Dessert Café & Bistro, situé sur la rue Clarence dans le marché By. L'un des nouveaux «restaurants partenaires officiels» du Bal de neige, organisé pour la première fois cette année par le ministère du Patrimoine canadien. L'échange s'est reproduit au Cornerstone Bar & Grill, chez Kinki Sushi, le Blue Cactus, le Heart & Crown...
Comme la plupart des restaurants partenaires officiels du Bal de neige, Spin n'offre ni service ni menu en français. Et ce même si le contrat liant ces entreprises privées à Patrimoine canadien «exige que les membres du public puissent communiquer et recevoir des services dans la langue officielle de leur choix, tant à l'oral qu'à l'écrit».
Cette année, Patrimoine canadien a établi près d'une trentaine de partenariats du genre avec des restaurants et bars pour la plupart situés dans le marché By, à Ottawa. Certains, dont le Black Thorn Café, rue Clarence, se trouvent même dans des édifices appartenant au gouvernement fédéral, et sont donc obligés d'offrir en tout temps services et menus en français.
Un seul - la rôtisserie St-Hubert du boulevard Maisonneuve - est situé en sol québécois.
À vrai dire, parmi les 29 restaurants partenaires, seuls six semblaient offrir à la fois service et menus dans les deux langues lors du passage du Droit, cette semaine. Moins de 20% offraient par ailleurs soit l'un, soit l'autre.
Il s'agit de problèmes persistants, la Commission de la capitale nationale (CCN), autrefois responsable du Bal de neige, n'ayant jamais serré la vis aux restaurateurs.
Constat d'échec
Au Commissariat aux langues officielles, on rappelle que le Bal de neige, ses organisateurs et ses partenaires contreviennent à la Loi sur les langues officielles.
«L'an dernier, la CCN nous a informés d'une série de mesures qu'ils entendaient prendre (pour corriger la situation). La question c'est si Patrimoine a assuré un suivi», note Robin Cantin, du Commissariat.
«La CCN avait envoyé une lettre à tous les restaurants officiels pour réitérer leurs obligations. Elle leur a aussi envoyé une offre de traduction à rabais. On ignore si cela se poursuit (avec) Patrimoine canadien», ajoute le porte-parole.
Le ministère du Patrimoine n'a pas donné suite à nos demandes d'entrevue.
Quelles mesures seront prises pour rectifier cette situation, qui perdure année après année? «Nous communiquons avec nos partenaires afin de souligner l'importance de servir le public dans la langue officielle de leur choix», a indiqué un porte-parole dans un courriel.
Le ministère chargé du Bal de neige est aussi responsable de la coordination de l'ensemble des activités du gouvernement du Canada en matière de langues officielles.