Actualités

Des manifestations partout au pays pour les droits des femmes

Des femmes de partout au pays ont participé samedi à des manifestations pour réclamer une meilleure protection des droits des femmes et d'autres groupes vulnérables.

À Montréal, environ 150 personnes ont bravé la température glaciale pour se rassembler au parc Émilie-Gamelin, dans le Quartier latin.

Les manifestants, qui sautaient frénétiquement pour se réchauffer, brandissaient des pancartes pour revendiquer plus de mesures pour combattre les agressions et le harcèlement sexuels, et pour réclamer que justice soit faite pour les femmes autochtones disparues et assassinées.

«Peu importe les conditions et les circonstances, c'est important d'être ici pour se battre pour les droits des femmes et pour donner du pouvoir à toutes les femmes et donner de la visibilité à tous les problèmes dont on parle aujourd'hui», a confié Caroline Alince, âgée de 19 ans.

«Moi je suis ici en solidarité non seulement avec les femmes d'ici, mais avec les femmes de partout dans le monde, particulièrement quand on pense à ce qui se passe aux États-Unis... Nos consoeurs américaines doivent lutter tous les jours pour s'assurer qu'elles ne perdent pas leurs droits», a expliqué une manifestante, Mylène Alarie.

S'il y a déjà eu plus de manifestants à la marche de Montréal, la participation a explosé dans la petite municipalité de Sandy Cove, en Nouvelle-Écosse. Cinquante personnes se sont déplacées cette année, comparativement à 15 il y a deux ans.

À Toronto, une foule s'était rassemblée à l'extérieur de l'hôtel de ville pour entendre des discours avant la manifestation.

Les intervenants qui ont pris la parole ont notamment dénoncé le gouvernement ontarien, qui a retiré le programme modernisé d'éducation sexuelle et apporté des changements aux droits de scolarité.

«Ce gouvernement n'appuie pas les femmes», a déploré la militante Farrah Khan.

Des marches pour les femmes ont aussi eu lieu aux États-Unis, dont à Washington. Ces marches avaient été créées pour répondre à la prise de pouvoir de Donald Trump aux États-Unis, que plusieurs perçoivent comme étant misogyne.

LIRE AUSSI : Marche des femmes: forte mobilisation aux États-Unis

Bleuet adapté

Infertile et «psychologiquement saturée»

CHRONIQUE / « Le bonheur d’avoir des enfants quand on souffre d’infertilité ne peut être réservé aux seules personnes qui en ont les moyens. »

Ces paroles ont été prononcées le 13 juillet 2010 par l’animatrice Julie Snyder, à l’occasion d’une conférence de presse du ministre de la Santé de l’époque, Yves Bolduc, pour annoncer la gratuité de la procréation assistée.

Justice et faits divers

Michel Cadotte a avoué à une infirmière qu'il venait d'étouffer sa femme

MONTRÉAL — Deux témoins au procès d'un Montréalais accusé d'avoir tué sa femme atteinte de la maladie d'Alzheimer ont raconté aux jurés vendredi que Michel Cadotte avait admis son geste.

Au procès pour meurtre au deuxième degré de M. Cadotte, vendredi, Linda Desgagné a déclaré que l'accusé avait demandé à lui parler seul à seul, le 20 février 2017, après avoir informé d'autres membres du personnel que Jocelyne Lizotte, son épouse depuis 19 ans, était morte dans sa chambre.

Mme Desgagné a témoigné que c'est à ce moment-là que M. Cadotte, en larmes, lui a avoué qu'il ne pouvait plus composer avec la maladie d'Alzheimer à un stade avancé dont souffrait sa femme et qu'il l'avait étouffée avec un oreiller.

L'infirmière a raconté qu'elle avait dit à l'homme qu'il aurait pu demander plus de soutien auprès du personnel. Mme Desgagné l'a ensuite laissé seul avec le corps, avant d'alerter ses supérieurs, qui ont contacté la police.

Elle dit être ensuite retournée à la chambre pour l'informer que la police était en chemin. Elle l'a ensuite vu se faire menotter et emmener par les policiers.

Jocelyne Lizotte, âgée de 60 ans, était au stade avancé de la maladie neurodégénérative et était totalement incapable de s'occuper d'elle-même, a-t-on appris plus tôt cette semaine au procès. Mme Lizotte avait reçu un diagnostic de démence précoce à l'âge de 49 ans et au moment de sa mort, elle vivait dans un centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Le couple était marié depuis 19 ans.

Mme Desgagné a déclaré qu'elle éprouvait de la sympathie pour M. Cadotte, qu'elle a souvent côtoyé.

L'infirmière, qui a plus de 30 ans de métier, avait assisté un an auparavant à une réunion convoquée par M. Cadotte au cours de laquelle il avait demandé si sa femme avait droit à l'aide médicale à mourir.

Selon Mme Desgagné, on lui avait alors appris que son épouse ne répondait pas aux critères qui s'appliquent à cette procédure médicale. M. Cadotte n'a pas réagi fortement, s'est rappelée l'infirmière, mais il a indiqué qu'il demanderait un avis juridique.

Il semblait comprendre ce qu'ils ont dit et n'a pas ramené le sujet, a ajouté Mme Desgagné.

Un autre témoignage

Plus tard dans la journée, vendredi, le frère du premier mari de Mme Lizotte a été appelé à la barre. Michel Desautels est marié à un ami d'enfance de Mme Lizotte. Ils sont demeurés amis lorsqu'elle a marié M. Cadotte, après la mort du frère de M. Desautels.

M. Desautels a affirmé que lui et M. Cadotte communiquaient fréquemment ensemble. Il a relaté que M. Cadotte l'avait appelé pour lui dire que sa femme était morte. Il a dit que «c'était lui», et son ami a alors compris que «c'était lui» qu'il l'avait tuée.

Selon le Montréalais à la retraite, les couples se voyaient fréquemment, mais lorsque l'état de santé de la dame s'est détérioré, les visites sont devenues rares. Ils se sont vu une dernière fois en 2016, et Mme Lizotte ne pouvait plus parler ou reconnaître leur présence. Elle se balançait sur une chaise, sur laquelle elle était attachée.

M. Desautels a affirmé qu'il était devenu tout simplement trop difficile pour sa femme de voir son amie dans cette condition.

Le procès reprendra mardi.

Actualités

Ottawa demande aux Canadiens ce qu'ils veulent dans leur vodka

Le gouvernement fédéral demande aux Canadiens ce qu'ils veulent dans leur vodka.

En vertu des règles fédérales actuelles, qui n'ont pas changé depuis 60 ans, la vodka doit être obtenue par le traitement de céréales ou de pommes de terre et filtrée avec du charbon de bois, «de manière que le produit n'ait ni caractère, ni arôme, ni goût distinctifs». Si ce n'est pas le cas, la boisson ne peut pas être étiquetée «vodka».

Or, une nouvelle génération de «microdistilleries» conteste ces normes rigides. Leur imagination n'a pas de limites: certains utilisent des ingrédients comme des fruits, des produits laitiers ou du miel, tandis que d'autres minimisent la filtration, qui élimine les saveurs subtiles des ingrédients.

Mais à cause des normes fédérales bien étroites à leurs yeux, ces producteurs ont du mal à vendre leur vodka au-delà de leurs frontières provinciales - même s'ils peuvent le faire à l'étranger. Ces producteurs nouveau genre rappellent qu'historiquement, la vodka était fabriquée à partir de tout ce qui restait dans une communauté locale après les récoltes saisonnières. Les États-Unis et l'Europe ont d'ailleurs modifié depuis longtemps leur définition de ce qui constitue une vodka.

Le gouvernement canadien propose donc d'élargir les matières premières qui sont autorisées pour la fabrication afin d'y inclure «tout produit agricole». Il suggère aussi de permettre l'utilisation d'autres matières ou processus, mis à part le charbon de bois, «pour rendre de manière complète ou partielle un caractère, un arôme ou un goût non distinctif au produit». Il propose enfin d'exiger un étiquetage supplémentaire lorsque des ingrédients autres que des pommes de terre ou des grains sont utilisés et que des caractéristiques de ces matières premières demeurent dans le produit fini - «vodka aux bleuets», par exemple.

D'un village à l'autre

David Farran, président de la distillerie Eau Claire, de Turner Valley, en Alberta, soutient qu'il s'agit là de la véritable essence d'une vodka. «Dans la production villageoise européenne traditionnelle, la vodka contenait beaucoup de grains de féculents ou de produits ne pouvant pas être transformés en denrées alimentaires», a-t-il soutenu. «Si vous traversiez l'Europe et que vous goûtiez à la vodka, les saveurs varieraient légèrement d'un village à l'autre, ce qui a toujours été la tradition de la vodka.»

Même les distilleries qui utilisent des céréales traditionnelles tordent un peu le cou aux normes fédérales canadiennes. «Nous filtrons avec du charbon parce que la loi nous y oblige, explique Adam Smith, des distilleries Strathcona Spirits, d'Edmonton. Mais nous filtrons très légèrement, car nous utilisons le meilleur blé du monde et nous ne voulons pas en extraire toute l'expression du grain.»

De telles décisions ont toutefois des conséquences bien au-delà du verre à cocktail. La vodka d'«Eau Claire» a été bannie des tablettes québécoises, car elle conserve un léger goût de grain. «Nous ne pouvons pas vendre non plus en Ontario, mais nous vendons partout en Floride, a déclaré M. Farran. Les Snowbirds adorent.»

L'association des distilleries canadiennes se félicite de la révision fédérale, à condition que les règles en matière d'étiquetage indiquent clairement aux consommateurs exactement ce qu'ils achètent. L'industrie soutient l'idée d'aider les distilleries d'une province à vendre plus facilement aux autres Canadiens, a déclaré Jan Westcott, du regroupement Spirits Canada. Mais la vodka n'est qu'un exemple: des barrières similaires existent pour le whisky, a-t-il rappelé.

Kathy Twardek, responsable de cette révision au sein de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, explique d'ailleurs que les règles canadiennes relatives à la vodka faisaient partie d'un ensemble d'examens en cours. La bière traverse un processus similaire de révision: les règles concernant ce qui peut être utilisé dans la brasserie, les niveaux de douceur et l'utilisation d'herbes et d'épices sont toutes à l'étude. «Nous modernisons notre cadre réglementaire», a indiqué Mme Twardek.