Santé

Régime allégé en lipides ou en glucides, du pareil au même

MIAMI — Les conseils diététiques pour perdre du poids sont fréquemment de consommer moins de glucides (sucres) ou moins de lipides (graisse). Mais quelle option choisir? Une étude publiée mardi montre qu’aucun régime n’est meilleur que l’autre.

Pas plus que le profil génétique ou le métabolisme de l’insuline ne sont des facteurs pour qu’une option donne de meilleurs résultats, selon les conclusions publiées dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

Ces découvertes pourraient avoir des conséquences importantes sur le marché américain de la perte de poids, évalué à 66 milliards $, et tout particulièrement sur la dernière tendance : le régime ADN, qui prétend déterminer le meilleur régime en fonction des gènes de chacun.

«Nous avons tous entendu les histoires d’un ami qui a fait un régime — qui a très bien marché — et d’un autre ami qui a essayé le même régime, mais ça n’a pas marché du tout», a relevé Christopher Gardner, professeur de médecine à l’université de Stanford, en Californie.

«C’est parce que nous sommes tous différents et que nous commençons tout juste à comprendre les raisons de cette diversité», a-t-il poursuivi.

L’étude a porté sur 609 personnes âgées de 18 à 50 ans, dont 57 % de femmes, soumises au hasard qui à un régime pauvre en graisses, qui à un régime pauvre en sucres pendant un an.

La perte pondérale moyenne a été de 5,9 kilos dans chaque groupe. Certains ont perdu beaucoup plus — jusqu’à 27 kilos — tandis que d’autres ont grossi — jusqu’à 9 kilos.

Les scientifiques ne sont pas parvenus à identifier un lien entre le régime suivi et une perte de poids plus importante.

Au terme de l’expérience, «il n’y a eu aucune différence marquante dans l’évolution du poids entre un régime équilibré allégé en graisses et un régime équilibré allégé en sucres», selon les chercheurs.

«Une partie du génome des participants a été séquencée, permettant aux scientifiques de chercher la présence de gènes associés à la production de protéines modifiant le métabolisme des glucides ou des lipides», selon le rapport.

Les participants ont également ingurgité du glucose à jeun pour mesurer leur production d’insuline. Résultat: «Aucun des profils génétiques ni aucune sécrétion d’insuline de base n’a été associés à des effets diététiques sur la perte de poids».

Une stratégie assez simple semble avoir aidé à l’amaigrissement : consommer moins de sucres, de la farine moins raffinée et autant de légumes et d’aliments complets que possible.

Actualités

Hausse de 21% des accidents ferroviaires en 2017

OTTAWA — Le nombre d’accidents ferroviaires a augmenté en 2017, par rapport à 2016, alors que les accidents aéronautiques et maritimes, eux, connaissent des baisses.

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a publié mardi matin des statistiques préliminaires sur les accidents de transport. Au printemps, une analyse plus détaillée de ces chiffres sera offerte par le BST.

En attendant, on constate qu’il y a eu 1090 accidents ferroviaires en 2017, soit 21 pour cent de plus qu’en 2016. Mais le nombre d’accidents de l’année qui vient de se terminer s’inscrit dans la moyenne quinquennale qui est de 1028.

Les accidents maritimes, eux, ont baissé de 10 pour cent par rapport à 2016. Mais encore là, le nombre - 276 accidents en 2017 - est comparable à la moyenne quinquennale qui est de 284.

Il y a eu 239 accidents aéronautiques en 2017. Dans ce secteur, le nombre d’accidents est à la baisse depuis cinq ans. La moyenne quinquennale est de 259.

Le BST comptabilise dans une autre colonne les incidents. Le bureau note ainsi qu’il y a eu 921 incidents aéronautiques en 2017, dont la première collision entre un avion commercial et un drone.

Enfin, le transport par pipeline est aussi surveillé par le BST. En 2017, il y a eu 125 événements, soit cinq accidents et 120 incidents. De tous ces événements, 72 ont entraîné un rejet du corps de la canalisation. Et on a noté un accident qui a conduit à une blessure grave, la première depuis 2012.

+

Justice et faits divers

Un ex-juré réclame des dommages pour trouble de stress post-traumatique

Un militant pour les droits des jurés réclame 100 000 $ en dommages aux gouvernements fédéral et ontarien pour le stress post-traumatique subi pendant un long procès pour un meurtre particulièrement sordide.

Mark Farrant a été juré pendant cinq mois, en 2014 à Toronto, au procès de Farshad Badakhshan, reconnu coupable du meurtre de sa compagne, Carina Petrache, âgée de 23 ans. Au cours du procès, les jurés ont appris que l’accusé avait poignardé l’étudiante puis avait mis le feu à leur logis. La jeune femme, gravement brûlée, avait réussi à s’enfuir, mais elle est morte lors de son transport à l’hôpital. Badakhshan avait aussi subi de graves brûlures.

Après le long procès, M. Farrant a reçu un diagnostic de trouble de stress post-traumatique, et il a commencé à militer pour que les jurés qui entendent des causes particulièrement horribles puissent bénéficier d’un soutien psychologique. Il compare ces traumatismes à ceux, déjà reconnus, que subissent les premiers répondants.

Dans sa poursuite, M. Farrant réclame des dommages pour avoir été «soumis pendant le procès à des éléments de preuve explicites et perturbants». Il soutient que depuis ce procès, il a souffert «de problèmes psychologiques, notamment de trouble de stress post-traumatique, d’anxiété, de dépression et de choc nerveux».

M. Farrant soutient qu’il souffre toujours de stress, de fatigue, d’insomnie, de perte d’appétit et de poids, de baisse de revenus et d’une aptitude réduite à jouir de la vie. La poursuite allègue que l’expérience vécue par l’ex-juré «a eu, et continue d’avoir, un impact négatif sur ses liens familiaux, notamment avec sa femme et ses deux enfants».

M. Farrant avait obtenu du gouvernement ontarien qu’il mette en place un programme de soutien psychologique pour les jurés, et il tente de convaincre le gouvernement fédéral d’en faire autant. Il estime toutefois qu’il est trop tard pour lui, et il demande réparation pour les torts subis.

Expositions

La directrice du MNBAQ, Line Ouellet passera le flambeau en mai

C’est avec le sentiment du devoir accompli que Line Ouellet quittera, à compter du mois de mai, le poste de directrice et conservatrice en chef du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ). L’inauguration du pavillon Pierre Lassonde demeure à ses yeux le point d’orgue d’une carrière de 18 ans passés à l’institution des Plaines.

En entrevue au Soleil, mardi après-midi, quelques heures après l’annonce de la fin de son mandat, «d’un commun accord» avec le conseil d’administration, Mme Ouellet explique que sa décision avait été mûrie «depuis déjà un moment». «Le changement fait partie de la vie. Sept ans comme conservateur dans un musée, on dit souvent que c’est un cycle.»

Se disant «extrêmement fière» du travail abattu pendant son règne, Mme Ouellet estime que l’ouverture du pavillon Pierre Lassonde, à l’été 2016, qui a permis de doubler la superficie du musée consacré à l’art contemporain, reste un «accomplissement de grande envergure», mené à bon port grâce à la collaboration d’«une équipe extraordinaire et d’une grande quantité de partenaires». Elle n’hésite pas à parler du pavillon comme «une œuvre d’art» en soi, qui s’inscrira dans le patrimoine architectural québécois du XXIe siècle.

Centaine d’expositions

À titre de conservatrice en chef, mais aussi de directrice des expositions au MNBAQ, Line Ouellet a été impliquée dans l’organisation de plus d’une centaine d’expositions. On pense à celle sur Louis-Philippe Hébert (2001), Suzor Côté (2002), Claudel et Rodin (2005), Fernando Botero (2007), sans oublier la très courue Le Louvre à Québec (2008), fruit d’une étroite collaboration de trois ans avec le célèbre musée parisien.

La conservatrice quitte le MNBAQ sur un autre fait d’armes, soit la prestigieuse exposition sur l’artiste suisse Alberto Giacometti, en cours jusqu’au 13 mai. «Ça se passe super bien, je suis très contente. Nos membres affluent», s’enthousiasme-t-elle, sans pouvoir avancer de chiffres de fréquentation.

Dans un communiqué publié mardi, la présidente du C. A. du MNBAQ, Christiane Germain, a loué le travail accompli par «Line et son équipe» qui a permis de faire de l’établissement «un musée de classe internationale».

«Les réalisations exemplaires et le leadership de Line ont permis de donner un essor important au Musée, grâce entre autres au magistral projet d’agrandissement du complexe muséal, mais également par le redéploiement et le développement significatif de sa collection de référence en art du Québec», a ajouté Mme Germain.

Passion, détermination, vision

La direction du MNBAQ a fait savoir que Mme Ouellet terminera son mandat en mai, le temps d’assurer la transition. Un processus de recrutement sera mis en place par le conseil d’administration.

«Ce n’est pas à moi à me prononcer sur les qualités requises pour le poste, c’est le conseil d’administration qui va s’en occuper, mais je dirais que ça prend de la passion, de la détermination et de la vision, c’est certain.»

Pour la suite des choses, Line Ouellet dit vouloir s’offrir un temps de repos, histoire de se remettre des 18 dernières années qui ont été «très intenses». «Je vais m’offrir un moment sabbatique, à regarder la vie s’écouler devant moi. Mais je reste ouverte à de nouvelles propositions, en art, en architecture, en patrimoine.» 

Avec la collaboration de Josianne Desloges