Musique

Yannick Nézet-Séguin directeur musical du Metropolitan Opera deux ans plus tôt

NEW YORK - Yannick Nézet-Séguin deviendra directeur musical du Metropolitan Opera deux ans plus tôt que prévu, la saison prochaine.

La nomination du chef d’orchestre québécois avait été annoncée en juin 2016, deux mois après que la maladie de Parkinson eut forcé James Levine à quitter ce poste après 40 ans. Le Metropolitan Opera avait annoncé que Yannick Nézet-Séguin commencerait un contrat de cinq ans en 2020-2021, après trois saisons à titre de directeur musical désigné.

James Levine est devenu directeur musical honoraire, mais a été suspendu en décembre après de multiples allégations de harcèlement sexuel datant des années 1960 aux années 1980.

Le Met a précisé que Yannick Nézet-Séguin dirigera 17 concerts la saison prochaine, ayant accepté d’ajouter «Pelléas et Mélisande» de Debussy aux productions déjà prévues à son horaire, soit «La Traviata» de Verdi et «Dialogues des carmélites» de Poulenc. Il dirigera trois opéras en 2019-2020, puis au moins cinq chaque saison à compter de 2020-2021.

«Je crois qu’il réalise à quel point il est important pour le Met d’avoir un directeur musical pouvant aussi s’occuper de la prise de décisions que seul un directeur musical sous contrat peut entreprendre, en ce qui a trait aux postes permanents dans l’orchestre, a expliqué le directeur général de l’opéra, Peter Gelb. Il est évident que les derniers temps n’ont pas été les plus faciles pour la compagnie, avec les nouvelles au sujet du maestro Levine, alors il sera très réconfortant et rassurant, pour l’orchestre et les chanteurs, de savoir que son contrat commencera plus tôt qu’initialement prévu.»

Yannick Nézet-Séguin aura 43 ans le mois prochain et représente un changement de génération. Il n’était pas disponible pour une entrevue jeudi, selon le porte-parole du Met, Tim McKeough.

Peter Gelb a précisé que l’enquête du Met sur les allégations à l’endroit de James Levine tire à sa fin. Le chef d’orchestre qui aura 75 ans en juin n’est pas à l’horaire de la prochaine saison.

Bien que James Levine ait contribué à faire de l’orchestre du Met l’un des meilleurs au monde dans les années 1980 et 1990, ses capacités physiques ont commencé à diminuer en 2001, lorsqu’il a commencé à diriger assis sur une chaise. Ses fréquentes absences ont fait en sorte que les musiciens ont ressenti un manque de leadership, et plusieurs ont choisi de quitter l’orchestre. Une relation améliorée avec l’orchestre et d’autres syndicats pourrait avoir son importance lorsque s’amorceront les négociations collectives, cet été, alors que le Met demandera sans doute la permission d’inclure à l’horaire, pour la toute première fois, des concerts réguliers les dimanches.

«En tant que musiciens enthousiasmés par la vision de Yannick pour l’avenir, nous espérons que l’investissement inspiré du Met dans sa brillance sera reflété par un engagement envers les artistes et artisans musicaux qui sont le moteur du Met Opera», a déclaré par communiqué la présidente du comité de l’orchestre du Metropolitan Opera, la clarinettiste Jessica Phillips.

La prochaine saison ne comptera que quatre nouvelles productions, le plus petit nombre pour le Met depuis la saison 2005-2006. Peter Gelb a indiqué que la réduction avait été causée par les répétitions nécessaires pour la reprise de l’ambitieux «Ring» de Wagner, mis en scène par Robert Lepage, au printemps 2019.

Actualités

Des caméras dans les toilettes du Pavillon Wilbrod-Dufour

Les adolescents du Pavillon Wilbrod-Dufour (PWD) d’Alma étaient surveillés par caméra jusque dans les toilettes. La direction de la polyvalente avait récemment fait installer ces équipements dans les salles de bain des garçons et des filles, confirme la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean, qui a ordonné leur retrait immédiat.

(Laura Lévesque) - « Les caméras seront retirées jeudi. Dès qu’on a été mis au courant de la situation, le retrait a été demandé », précise Véronique Leclerc, responsable des communications à la commission scolaire.

Les caméras pointaient en direction des lavabos, assure l’organisation. Les gens dans les cubicules n’auraient pas été filmés. 

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, la direction de la polyvalente voulait surveiller les allées et venues dans les salles de bains pour réduire les actes répréhensibles, comme le vandalisme. Des jeunes se sentant illégalement observés ont dénoncé la situation au cours des derniers jours. 

Pratique légale, mais...

Légalement, les directions d’écoles peuvent dans certains cas installer des caméras dans les salles de bains, mais elles doivent avoir un motif raisonnable, comme la lutte au trafic de drogue. Et ce système de surveillance doit demeurer temporaire. Dans le cas de l’école secondaire d’Alma, les raisons invoquées par la direction n’auraient pas convaincu la commission scolaire. 

Automobile

Honda Accord et Chrysler Pacifica, véhicules de l’année 2018 au Canada

TORONTO - Les modèles Honda Accord et Chrysler Pacifica ont remporté les titres de véhicules de l’année 2018 au Canada décernés par l’Association des journalistes automobiles du Canada (AJAC).

L’automobile Honda Accord est la voiture de l’année alors que le Chrysler Pacifica est le véhicule utilitaire de l’année.

Les deux gagnants ont été annoncés jeudi au Salon international canadien de l’automobile de Toronto.

Il y a eu une année d’essais routiers et deux rondes de vote pour les près de 100 membres de l’AJAC. Ils ont mis les véhicules à l’épreuve dans différentes conditions. Chaque véhicule a reçu un score anonyme sur différents critères incluant la performance, les équipements, la technologie, le design, l’économie d’essence et le rapport qualité-prix.

Les modèles avec le meilleur score ont été couronnés gagnants dans leur catégorie.

Les membres de l’AJAC ont ensuite voté de nouveau sur les 14 gagnants afin de déterminer la meilleure voiture et le meilleur véhicule utilitaire. Lors de ce second scrutin, ils ont tenu compte des caractéristiques plus subjectives incluant le niveau de confort, la fonctionnalité et la performance pratique.

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Santé

L’abus de plats industriels augmente le risque de cancer

PARIS - Ceux qui abusent des plats industriels augmentent leur risque d’être atteint d’un cancer, selon une étude auprès de 105.000 personnes en France, qui formule des hypothèses sur l’origine du danger.

«Le lien de cause à effet reste à démontrer», a précisé jeudi l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, qui a financé l’étude avec d’autres institutions publiques françaises. Mais la corrélation est établie.

Une brioche industrielle, une pizza surgelée, une salade composée... De 2009 à 2017, les participants à l’étude NutriNet-Santé ont périodiquement rempli des questionnaires en ligne sur ce qu’ils mangeaient.

Les chercheurs, qui publient leur étude dans la revue BMJ (British Medical Journal), se sont intéressés à ce qu’ils appellent les «aliments ultratransformés».

D’après eux, ceux-ci «contiennent souvent des quantités plus élevées en lipides, lipides saturés, sucres et sels ajoutés, ainsi qu’une plus faible densité en fibres et vitamines».

Ils citent pains, sucreries, desserts, céréales, boissons sucrées, viandes transformées (boulettes, croquettes, jambon avec additifs, etc.), pâtes et soupes instantanées, plats surgelés ou en barquette, etc.

À quel point ces produits qui peuplent nos supermarchés et garde-mangers sont-ils dangereux?

«Une augmentation de 10% de la proportion d’aliments ultratransformés dans le régime alimentaire s’est révélée être associée à une augmentation de plus de 10% des risques de développer un cancer (...) et un cancer du sein en particulier», résume l’Inserm.

Pour le cancer, ce risque est accru de 6 à 18%, et pour le cancer du sein spécifiquement, de 2 à 22%. Les «graisses et sauces ultratransformées et les produits et boissons sucrées» étaient en cause globalement, et pour le cancer du sein, les chercheurs accusaient «les produits sucrés ultratransformés».

Moins de temps en cuisine

«L’avantage de cette étude, qui a des limites, et qui ne prétend pas à l’exhaustivité, c’est de donner des chiffres», a commenté le médecin nutritionniste Laurent Chevallier (Centre hospitalier universitaire de Montpellier, dans le sud de la France).

Lui qui publiera fin février le livre «L’indulgence dans l’assiette» (Fayard) refuse de jeter l’anathème sur toute l’alimentation industrielle. Son livre conseille «les produits les moins pires», y compris parmi les frites, les mayonnaises ou les conserves de cassoulet.

«Aujourd’hui; on ne doit pas être dans le déni, et faire croire que tout le monde va faire mijoter son pot-au-feu. On passe moins de temps en cuisine, et il faut des conseils qui correspondent aux modes de vie des parents qui travaillent, ou des adolescents qui se posent des questions», explique-t-il à l’AFP.

Reste une énigme: ce qui provoque ces cancers. Les scientifiques ont fait état de 2.228 cas, dont 108 mortels et 739 du sein, sur la période et la population étudiées.

Les «hypothèses» des chercheurs les portent vers «la qualité nutritionnelle généralement plus faible» de ces produits, trop gras, trop caloriques et/ou trop salés, et «la vaste gamme d’additifs» qu’ils contiennent.

Par ailleurs, «la transformation des aliments et en particulier leur cuisson produisent des contaminants nouvellement formés» et leur emballage plastique peut contenir du bisphénol A, un perturbateur endocrinien, s’inquiètent-ils.

Dans un éditorial, le BMJ a souligné que l’étude ne proposait qu’une première observation qui «mérite une exploration attentive et plus poussée».

D’autres facteurs peuvent entrer en jeu, selon la revue, car «par exemple, le tabagisme et une activité physique faible étaient bien plus répandus chez les participants qui consommaient une plus grande proportion d’aliments ultratransformés».

Ce terme même reste «peu utilisé par les scientifiques de la nutrition», a relevé un professeur en diététique du King’s College de Londres, Tom Sanders.

Cité par Science Media Centre, il estime que «cette classification semble arbitraire et fondée sur le postulat que les aliments traités industriellement ont une composition nutritionnelle et chimique différente de ceux produits à la maison ou par des artisans. Ce n’est pas le cas».