Politique

Des garderies en milieu familial réclament une réforme du guichet unique

Les Responsables en services éducatifs en milieu familial (RSE) somment le nouveau ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, de réformer de fond en comble le guichet unique du ministère, qui permet aux familles de s'inscrire en ligne sur un seul site pour trouver un service de garde à leur enfant.

Les travailleuses des RSE, qui sont affiliées à la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), ont manifesté dimanche midi devant l'Assemblée nationale pour que le guichet unique — ou La Place 0-5 — soit gratuit pour leurs organisations et qu'il devienne volontaire.

Depuis septembre dernier, les RSE n'ont pas le choix de s'inscrire au guichet unique, et elles doivent payer leur admission au programme, ce qui est injuste, car ce n'est pas prévu dans leur convention collective, a plaidé Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ-CSQ, en entrevue téléphonique.

L'ancien gouvernement libéral avait imposé cette directive en mai 2018. Avant qu'elle n'entre en vigueur, seuls les Centres de la petite enfance (CPE) et les garderies privées subventionnées et non subventionnées étaient tenus de s'inscrire à La Place 0-5.

Le ministère expliquait dans un document que cette mesure permettrait «d'augmenter l'accessibilité aux places en service de garde en donnant la possibilité aux parents, par une seule démarche, d'inscrire leur enfant auprès des prestataires de services de garde qui les intéressent».

Mais selon le syndicat, cette mesure réduira les revenus des RSE d'environ 2 millions $ pour la première année, et d'un million $ l'année suivante. Mme Grenon rappelle que les médecins de famille ne doivent pas payer quoi que ce soit pour s'inscrire au guichet d'accès à un médecin de famille.

Les RSE déplorent également la structure du guichet unique, qui selon elles ne convient pas aux travailleuses qui s'occupent de garderies en milieu familial.

«Nos RSE sont des travailleuses autonomes. Dans leur entente collective, elles peuvent utiliser les moyens qu'elles veulent pour aller chercher leur clientèle. Et là, il y a obligation d'utiliser le guichet unique», a indiqué Mme Grenon.

La présidente du syndicat assure qu'elle ne conteste pas le principe d'un guichet unique, qui peut être utile pour les parents, mais selon elle, il devrait être volontaire.

L'organisation a entamé plusieurs recours devant les tribunaux pour contester l'implantation du programme, ainsi que ses frais. Les procédures sont en cours en ce moment.

Mme Grenon rappelle par ailleurs que le guichet a subi plusieurs ratés par le passé.

«Ça fait plusieurs années que le guichet a énormément de lacunes, beaucoup de parents pourraient vous parler que c'est très difficile d'obtenir une place dans un milieu régi, subventionné, à cause du guichet», a-t-elle indiqué.

Un nouveal interlocuteur à la Famille

La nomination de Mathieu Lacombe, assermenté plus tôt cette semaine, a été bien reçue de la part du syndicat, a souligné Mme Grenon.

«M. Legault a dit à ses ministres de gouverner dans un esprit de proximité et d'ouverture envers la population, donc on s'attend avec M. Lacombe d'avoir quelqu'un qui va écouter la demande des RSE et revenir sur la décision du gouvernement libéral», a-t-elle déclaré.

L'attachée de presse de M. Lacombe, Isabelle Lewis, a révélé dimanche après-midi que le ministre avait eu un entretien téléphonique avec Valérie Grenon, samedi. La discussion était cordiale et ils ont convenu de se rencontrer prochainement, selon sa porte-parole.

M. Lacombe a réitéré à Mme Grenon que la priorité du gouvernement caquiste était d'améliorer les services aux familles, a indiqué Mme Lewis. Le ministre analysera le dossier du guichet unique pour s'assurer qu'il est efficace, a-t-elle ajouté.

Affaires

Bombardier accuse Mitsubishi d'avoir volé des secrets industriels

Bombardier poursuit Mitsubishi Aircraft aux États-Unis, alléguant notamment que certains de ses employés ont illégalement envoyé à la société japonaise des documents contenant des secrets industriels pour ensuite venir gonfler les rangs de cette dernière.

Déposé vendredi dernier auprès du tribunal du district ouest de Seattle, le document de 92 pages dont La Presse canadienne a obtenu copie vise également Aerospace Testing Engineering & Certification (AeroTEC), qui épaule la multinationale japonaise dans le cadre du développement de son avion de ligne MRJ, qui accumule les retards, en plus de citer d’ex-employés de l’avionneur québécois.

Les allégations avancées dans la poursuite n’ont pas encore été prouvées devant un tribunal.

Selon Bombardier, Mitsubishi Aircraft et AeroTEC auraient recruté pas moins de 92 de ses anciens employés au Québec ainsi qu’aux États-Unis. Les ex-travailleurs dont le nom figure dans la poursuite auraient transmis des documents concernant le processus de certification auprès de Transport Canada et son pendant américain - la Federal Aviation Administration.

«Ce processus est incroyablement coûteux, demande beaucoup de temps et est complexe, même pour les avionneurs les plus expérimentés ayant développé des secrets commerciaux afin d’y arriver plus efficacement», peut-on lire.

La certification est essentielle pour les avions qui sont développés, car ce sont ces approbations des différentes instances qui permettent aux appareils de voler.

À titre d’exemple, Bombardier a passé à travers ce processus dans le cadre du développement du programme la C Series, marqué par les retards et les dépassements de coûts et qui a adopté le nom A220 après la prise de contrôle effectuée par Airbus, ainsi que pour son jet d’affaires Global 7500.

«Bombardier a consacré environ une décennie et plusieurs milliards de dollars afin d’amener la C Series du concept à la réalisation et cela n’est pas anormal pour un avion qui a été imaginé depuis la table à dessin», souligne la poursuite.

La situation est toutefois différente pour Mitsubishi Aircraft dans le cadre du MRJ, qui peut transporter jusqu’à 90 passagers. L’entrée en service de cet avion est désormais attendue en 2020, soit bien plus tard que l’échéancier initial de 2013.

Bombardier reproche à la société japonaise d’avoir violé les lois en vigueur afin d’utiliser des documents confidentiels obtenus auprès d’ex-employés afin d’accélérer le processus de certification de son appareil, alors que cette démarche est très «coûteuse» et «complexe».

Dans un des cas, explique la multinationale québécoise, un de ses ex-travailleurs aurait utilisé son adresse personnelle Yahoo pour transmettre des informations jugées «très sensibles» et «secrètes» entourant les programmes Global 7000 et 8000 ainsi que des échanges avec Transport Canada à propos de la certification des appareils. D’autres situations semblables seraient survenues par l’entremise de comptes privés, cette fois-ci sur Gmail.

«Nous ne prenons pas cette question à la légère, a indiqué par courriel un porte-parole de Bombardier, Simon Letendre. Bombardier entend prendre tous les moyens nécessaires pour protéger sa propriété intellectuelle.»

Bombardier réclame des dommages financiers qui ne sont pas précisés et demande une injonction interdisant à Mitsubishi Aircraft et son AeroTEC de cesser d’utiliser les informations confidentielles ayant été obtenues grâce à d’anciens salariés. L’avionneur québécois demande également à l’entreprise japonaise et son partenaire de cesser de recruter au sein de son effectif dans le but d’avoir accès à des informations privilégiées.

En soirée, Mitsubishi a réagi à la décision de Bombardier.

«Nous sommes en discussions avec Bombardier dans ce dossier depuis un certain temps, a indiqué par courriel un porte-parole de l’entreprise, Jeff Dronen. Nous croyons que ces allégations sont sans fondement. Nous attendons d’avoir l’occasion d’en faire la preuve dans le cadre du processus judiciaire.»

Actualités

Système de paie Phénix: un syndicat déposera une plainte aux Nations Unies

SHAWINIGAN — Écœuré par la lenteur des démarches pour indemniser les fonctionnaires fédéraux affectés par les ratés du système de paie Phénix, un syndicat compte déposer une plainte contre le gouvernement aux Nations Unies.

Un représentant du Syndicat des employées et employés nationaux (SEN) a fait cette annonce pendant une manifestation devant les bureaux du ministre François-Philippe Champagne, à Shawinigan, samedi matin. Quelques dizaines d’employés y ont pris part.

«Le Canada va contre l’article 23.3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui dit que quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante», a souligné Daniel Toutant, Vice-président national aux droits de la personne du SEN.

«On a créé un libellé spécifique et c’est rendu au contentieux de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) à Ottawa. La plainte va être déposée éventuellement, on ne sait pas encore le modus operandi. Peut-être que je vais aller la porter directement à l’ONU, à New York.»
Les manifestants ont également réitéré leur demande de commission d’enquête publique pour comprendre comment Phénix, qui a été implanté pendant le règne des conservateurs à Ottawa, a dérapé à ce point.

«On exige une commission d’enquête indépendante, a rappelé Yvon Barrière, vice-président exécutif régional pour l’AFPC au Québec. Il existe au sein des hauts fonctionnaires une culture de “no fault” et on veut que ça s’arrête le plus vite possible. On veut savoir ce qui s’est passé pour que ça ne se reproduise plus jamais.»

Les syndiqués réclament toujours une indemnisation pour ceux d’entre eux qui ont été affectés par les ratés du système de paie, ce que le gouvernement Trudeau avait dit être prêt à faire. Ces compensations pourraient coûter cher à Ottawa, puisqu’une grande proportion des fonctionnaires fédéraux aurait été touchée, d’une manière ou d’une autre. Dans la région, cette proportion varie entre 80 et 90 % des employés, selon le secteur dans lequel ils travaillent, selon M. Barrière.

Un stress continu

Les problèmes du système Phénix continuent d’ailleurs à allonger la liste des personnes qui ont vu leur paie gonfler, diminuer ou qui n’en ont carrément pas reçu pendant une période de temps plus ou moins longue, a rappelé M. Barrière.

«Chaque deux semaines, les gens ouvrent le système et regardent s’ils ont une paie, d’abord, et si leur paie ressemble à la précédente, a-t-il dénoncé. C’est une situation intolérable qui crée de l’anxiété, c’est un milieu toxique et le stress fait que des gens partent en dépression. On dirait que la santé mentale n’est pas considérée à sa juste valeur au niveau du gouvernement libéral.»

Le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités et député de Saint-Maurice—Champlain, François-Philippe Champagne, s’est mêlé aux manifestants pour leur signifier son appui. Il a lui aussi qualifié la situation d’intolérable et a promis de continuer à soutenir les fonctionnaires de la région à Ottawa.

«Dans la région, il y a eu des centaines de familles affectées au cours de la mise en place de Phénix et c’est une situation inacceptable, a reconnu M. Champagne. Ce sont des gens que je rencontre à l’épicerie, à la pharmacie, à la station-service, donc je me fais un peu leur voix à Ottawa pour m’assurer que leurs revendications et leur réalité sont bien entendues du côté d’Ottawa.»

Actualités

Retour à la maison pour les passagers de la Icelandair

L’épisode du vol FI688 de la Icelandair a finalement pris fin samedi soir, quand les 155 passagers ont quitté l’aéroport de Bagotville à destination de Reykjavik, capitale de l’Islande.

Lors du passage du Quotidien vers 20h, les derniers passagers embarquaient dans le Boeing 757 de la compagnie aérienne, arrivé plus tôt en journée. Des mécaniciens se trouvaient à bord de l’appareil, dans le but de réparer le hublot fissuré du cockpit de l’avion atterri d’urgence vendredi soir.

L’avion sera réparé sur le tarmac de l’aéroport de Bagotville, avant de retourner à bon port.

Les passagers du vol FI688 de la compagnie Icelandair ont subitement ressenti la chute de leur avion, vendredi soir. Panique et confusion ont été ressenties par les passagers, alors qu’ils ne comprenaient pas ce qui se passait.

« C’est à ce moment-là que le cerveau se met à travailler, et c’est très difficile de ne pas paniquer ! Ma fille n’arrêtait pas de pleurer », a laissé tomber Christie Matthews, en anglais, une mère de famille écossaise qui revenait d’un voyage d’affaires avec sa famille. Elle a été rencontrée par Le Quotidien à l’hôtel Delta. Tentant de garder son calme le plus longtemps possible, l’Écossaise a avoué que cela avait été très éprouvant. « Nous avons été de longues minutes sans savoir ce qui se passait. Les membres de l’équipage ne nous parlaient pas. Ensuite, ils nous ont dit que nous devions atterrir d’urgence, à cause d'un bris, par mesure protocolaire », a-t-elle expliqué.

Un autre passager, lui aussi d’Écosse, a avoué avoir été très confus, lors de l’atterrissage. Alors qu’il avait été endormi tout au long du voyage, Iain Mitchells s’est fait réveiller brusquement par sa femme, alors que l’avion amorçait sa descente au Saguenay. « Je pensais que j’avais dormi très longtemps et que nous étions enfin arrivés en Islande. Et, c’est là qu’ils nous ont annoncé que la fenêtre du cockpit s’était brisée. J’avais beaucoup de questions et peu de réponses », s’est exprimé l’homme, rencontré à son hôtel. Malgré la confusion, les deux passagers étaient surtout soulagés que tout le monde soit sain et sauf. Rappelons que le vol FI688 est parti de l’aéroport d’Orlando en Floride vendredi soir à destination de l’aéroport de Keflavik, situé à Reykjavik, la capitale de l’Islande.

Puisqu’il n’y avait pas de services douaniers à l’aéroport de Bagotville, les passagers ont dû attendre plus d’une heure avant de pouvoir enfin sortir de l'avion. Ensuite, ils ont été transportés vers trois différents hôtels de la ville vers 2 h, samedi matin. Ils avaient encore beaucoup de questions quant à leur retour.