Me Michel Lebrun, avocat de Normand Trahan, a demandé vendredi la tenue d’une enquête préliminaire pour son client, accusé de cruauté et de négligence envers ses animaux.

Zoo de Saint-Édouard: enquête préliminaire fixée en août pour Normand Trahan

Trois-Rivières — Les dates pour la tenue de l’enquête préliminaire de Normand Trahan dans son dossier criminel seront fixées le 16 août.

Le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard fait face à des accusations de cruauté et de négligence envers ses animaux après avoir été arrêté le 21 mai. Dès le premier retour de cette cause au palais de justice de Trois-Rivières, vendredi, Me Michel Lebrun a demandé la tenue de cette étape du processus judiciaire dans le but évident d’accélérer les choses pour arriver au procès. L’avocat de Normand Trahan adopte cette stratégie, car le juge Rosaire Larouche a refusé mercredi d’accorder à Normand Trahan le droit de débattre, avant le procès, de deux requêtes en restitution de biens saisis.

«Si on ne peut être entendu pour les requêtes en restitution, s’il faut attendre au procès, on va faire le procès. L’idée est de ne pas retarder. M. Trahan a des droits à faire valoir, on va à l’enquête préliminaire dans le but de faire le procès», raconte Me Lebrun.

Devant le juge David Bouchard, Me Lebrun n’a pas contesté le renvoi à procès.

«Ça démontre que la poursuite dispose de suffisamment d’éléments de preuve pour aller à procès et l’accusé le reconnaît», soutient le procureur de la poursuite, Me Julien Beauchamp-Laliberté.

«Je ne conteste pas le renvoi à procès, confirme Me Lebrun. Je me limite à avoir des informations durant l’enquête préliminaire pour préparer le procès. C’est dans le but de maximiser l’efficacité des ressources disponibles. M. Trahan n’a pas les moyens de la SPCA. Ceux de la SPCA et de HSI sont démesurés par rapport aux miens.»

Dix témoins

Me Lebrun va donc profiter de l’enquête préliminaire pour poser des questions à une dizaine de témoins. Parmi ceux-ci, il y aura Me Sophie Gaillard, directrice de la défense des animaux de la SPCA de Montréal qui a dirigé les opérations de la perquisition du 21 mai.

Trois vétérinaires défileront devant la cour, dont le docteur Édouard Maccolini et la docteure Marion Desmarchelier. Le docteur Maccolini a produit un rapport sur l’état d’animaux du zoo inclus dans le travail d’enquête de la SPCA au sujet de l’établissement de Normand Trahan. La docteure Desmarchelier était de l’équipe ayant saisi les lieux et gère les soins vétérinaires offerts aux animaux depuis la perquisition.

Alessandra Magini et Philip Éthier, les deux personnes qui ont tenté d’acheter le zoo en 2018, seront aussi appelés à témoigner durant l’enquête préliminaire qui devrait durer une semaine.

Des pertes pour Jacinthe Bouchard

Par ailleurs, la propriétaire de Zoo Académie mentionne que son implication dans le dossier du Zoo de Saint-Édouard lui cause des problèmes collatéraux. Selon Jacinthe Bouchard, elle a même perdu des revenus à cause de cette histoire, notamment une chronique dans une revue spécialisée.

«Des gens n’ont pas compris le concept. Je ne veux pas acheter le Zoo de Saint-Édouard, j’ai le mien. Et je n’ai jamais dit que M. Trahan était le curé du village, j’ai dit qu’il ne faut pas déménager les animaux.»

À ce sujet, le transport doit reprendre samedi. Mais paraît-il que le déplacement de cervidés est actuellement bloqué. Mme Bouchard affirme que la SPCA de Montréal ne peut transporter les cerfs, les élans et autres cerfs rouges sans permis, un document émis par l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

«Les cerfs doivent avoir des étiquettes dans les oreilles et être testés négatifs à la tuberculose. Sinon, ils ne peuvent pas être transportés. La SPCA doit attendre les permis, on doit faire des tests sur les animaux et voir comment ils vont réagir.»

Me Beauchamp-Laliberté dit ne pas être au courant de cette situation précise, mais rappelle que l’Agence canadienne d’inspection des aliments est un partenaire dans les opérations de transport des animaux.

«L’Agence n’émettait pas de permis de déplacement, car elle attendait la décision de cette semaine (l’accueil de la requête présentée par la poursuite qui mettait fin à la suspension des déplacements d’animaux) pour faire les processus d’examen afin de délivrer les permis.»

Le Nouvelliste n’a pu obtenir de réponse de la SPCA de Montréal.