La comédienne Zoé Vanier-Schneider.
La comédienne Zoé Vanier-Schneider.

Zoé Vanier-Schneider: une mordue de théâtre jeunesse

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
Pour Zoé Vanier-Schneider, le théâtre jeunesse est à la fois passion et puissant moteur de création. Comme elle le dit si bien, il s’agit d’une « mission de cœur ».

La Sheffordoise de naissance baigne dans ce milieu depuis la fin de ses études et s’y sent comme un poisson dans l’eau. « C’est un public particulier qui ne choisit pas de venir à toi. Il n’y a rien d’acquis et la relation est à construire avec eux. C’est une grosse responsabilité », dit-elle.

Artiste engagée, Zoé y voit aussi un terreau fertile pour semer des idées. « Dans mes créations, je m’intéresse à la politique dans son sens large : à celle qui concerne le pouvoir d’agir des citoyennes et des citoyens », explique la jeune femme, en rappelant que les enfants en sont aussi. « J’essaie de leur donner des outils pour parler d’enjeux et pour qu’ils gagnent une certaine confiance. Ce sont des êtres qui ont une capacité d’apprentissage deux fois supérieure à la nôtre et qui ont une grande intelligence. Je veux niveler par le haut pour qu’ils pensent par eux-mêmes. »

On voit ici Zoé Vanier-Schneider en pleine action dans la pièce Soleil d’artifice.

Le Théâtre des Robots est son « bébé » né en 2017 à la suite d’une résidence artistique à Montréal. « Ça part de mon initiative, mais des artistes professionnels de la relève se sont ralliés à moi. Maintenant, on est un collectif. C’est ma deuxième troupe jeune public. Il a fallu du temps avant de trouver ma ‘‘meute’’. J’ai désormais avec moi des artistes qui partagent ma vision artistique et idéologique », laisse entendre celle qui s’occupe de la direction artistique du théâtre.

Parmi ses collaborateurs, elle peut notamment compter sur le Granbyen Benjamin Déziel à la mise en scène. La comédienne Jade Barshee, originaire de la région, participe aussi au projet du Théâtre.

Sans lieu physique, l’entité « flottante » va où le public l’accueille. Soleil d’artifice, la pièce qu’elle a écrite et dans laquelle elle joue, est la seule présentée par les membres du Théâtre des Robots. Apicultrice à ses heures, Zoé a choisi d’y traiter de la survie des abeilles.

Mariant les marionnettes, le théâtre et la musique en direct, l’histoire est celle d’un faux bourdon narcoleptique ( !) qui se réveille dans une fleur après 34 ans et réalise que toutes les abeilles ont disparu. Il rencontre alors une jeune pollinisatrice et part avec elle à la recherche d’une reine abeille pour repeupler les ruches.

Et l’histoire finit bien, assure-t-elle. « Tu peux parler d’enjeux graves et sérieux avec les enfants, mais la seule règle d’or en théâtre jeune public, c’est qu’il y ait de l’espoir », fait remarquer la Montréalaise d’adoption.

Sur les 15 représentations à ce jour, 12 se sont tenues à Granby. Ces temps-ci, la troupe fait par ailleurs appel au public, à travers une campagne de sociofinancement, pour entre autres bonifier le décor de Soleil d’artifice, louer des locaux de répétition et développer des activités de médiation à l’intention de son jeune public. Mercredi, 74 % de l’objectif de 4000 $ avait été atteint.

La sœur d’Émile

Pour ceux qui ne le savaient pas encore, Zoé est la sœur de l’étoile montante du cinéma québécois, Émile Schneider. Or, la jeune femme ne semble pas trop se formaliser d’être « la sœur de l’autre ».

« Bien qu’on ait fait la même école, on a des aspirations différentes. On s’encourage mutuellement, on a nos propres projets professionnels. Notre projet commun, c’en est plus un de fraternité, de sororité. Cela dit, on aimerait bien un jour faire un projet de théâtre ensemble ! »

Celle qui joue dans la pièce Bon ! en ce moment a aussi été vue à la télévision à quelques reprises. « Mais mon feu est beaucoup plus animé quand je fais de la création », glisse-t-elle.

Diplômée en interprétation théâtrale au Cégep de Saint-Hyacinthe, Zoé Vanier-Schneider a le théâtre dans la peau au point de terminer son bac en psychologie et en études théâtrales, dans le but d’être admise à la maîtrise en dramathérapie, une formation offerte uniquement à l’Université Concordia et qui la fait littéralement rêver.

Car forte de son expérience et de sa formation, elle souhaite un jour revenir s’établir dans la région pour ouvrir un lieu à vocation culturelle, un petit théâtre qui accueillerait des créations et où elle pourrait pratiquer la dramathérapie. Tout est dans tout !

Pour participer à la campagne de financement du Théâtre des Robots, on visite la page « Soleil d’artifice par le Théâtre des Robots » sur le site laruchequebec.com