Gisèle Poitras-Dallaire subit depuis lundi son procès devant jury pour des accusations d’introduction par effraction et de vol dans 12 logements d’une coopérative d’habitations pour aînés de Lévis.

Vols dans une résidence pour aînés: l’«ange gardien» avoue

Gisèle Poitras-Dallaire était «l’ange gardien», la «protectrice» des résidants, décrit une ancienne membre du conseil d’administration de la résidence le Mieux-Vivre. Plusieurs d’entre eux ne croient toujours pas qu’elle ait pu commettre des cambriolages, ajoute-t-elle.

La grand-mère de 70 ans subit depuis lundi son procès devant jury pour des accusations d’introduction par effraction et de vol dans 12 logements d’une coopérative d’habitations pour aînés de Lévis.

À lire aussi: Une grand-mère de 70 ans accusée de cambriolage dans une résidence

Jocelyne Morin, locataire et ex-membre du conseil d’administration, avait invité Gisèle Poitras-Dallaire à se joindre aux comités de bénévoles, voyant à quel point la locataire était dévouée.

Gisèle Poitras-Dallaire ne se contentait pas d’accueillir et de présenter les nouveaux arrivants dans la coopérative. Elle portait leurs boîtes de déménagement, elle les vidaient et plaçait les objets des résidants.

Souvent insomniaque, la dame pouvait arpenter les corridors la nuit et connaissait tous les déplacements des locataires.

La gestionnaire de la résidence Katherine Gagnon décrit l’accusée comme une dame «serviable, généreuse et d’une grande bonté». Gisèle Poitras-Dallaire a décoré à ses frais le bureau administratif et une salle polyvalente, se souvient la gestionnaire.

Katherine Gagnon se rappelle que Gisèle Poitras-Dallaire était toujours présente au début des rassemblements et des fêtes, mais s’éclipsait rapidement.

C’est le genre de détails que les résidants du Mieux-Vivre ont racontés à l’enquêteur Christian Bédard de la police de Lévis, lorsqu’il a commencé à recueillir les dénonciations. «On me rapporte qu’elle fait des allers-retours dans la salle à dîner lors des repas», témoigne le policier.

En juillet 2017, l’enquêteur Bédard et ses collègues ont perquisitionné le logement de Gisèle Poitras-Dallaire. Ils ont trouvé un trousseau de quatre clefs donnant accès à une chambre électrique, à la chaufferie et à des entrepôts de la résidence. La résidante avait aussi une clef pour la porte d’entrée principale de la coopérative, mais aucune clef de logement de ses voisins.

Une négation d’abord

Confrontée par les enquêteurs, Gisèle Poitras-Dallaire a d’abord nié être l’auteure des larcins, affirmant avoir elle-même été victime de vol. «Oui, je suis entrée dans les appartements pour aider les personnes malades qui m’appelaient, mais jamais pour voler», se défend d’abord la septuagénaire.

Tel que le rapporte Le Journal de Québec, Gisèle Poitras-Dallaire a fini par passer aux aveux. «Je suis une bonne personne, une très bonne personne. Je me suis donnée beaucoup aux autres pour leur faire plaisir. Et pour leur faire plaisir, j’ai volé de l’argent dans les appartements. Pas de gros montants, mais à plusieurs reprises», a admis la dame. 

En plus de faire des cadeaux avec l’argent des vols, la dame a dit avoir utilisé l’argent pour jouer au bingo et acheter des billets de loterie.