Les pin-up de la boutique Lolita et Pépito sont allées à la rencontre des visiteurs.

Voitures anciennes: pas juste une affaire de gars

Si le monde des amateurs des voitures anciennes demeure essentiellement masculin, les femmes y font de plus en plus leur place. En circulant dans le parc Daniel-Johnson lors du Granby International de voitures anciennes, on constate que la gent féminine y est bien présente.

Tout comme ce grand rendez-vous des passionnés d’automobiles anciennes, qui s’est tenu de vendredi à dimanche, le profil des visiteurs évolue tranquillement. On y croise ainsi de plus en plus de jeunes familles, et surtout, des femmes de tous âges. 

« Au tout début, quand j’ai commencé, il avait peut-être deux ou trois filles qui s’inscrivaient et qui étaient propriétaires d’automobiles. Maintenant, je dirais qu’on est rendu à 15 % », estime l’une des principales organisatrices de l’événement, Claudette Picard.

À l’extrémité est du site où l’espace est réservé aux vendeurs de toute sorte, c’est généralement madame qui vend les objets et qui accueille les acheteurs potentiels pendant que monsieur sirote tranquillement une bière un peu plus loin. 

Plusieurs d’entre elles s’y connaissent aussi bien, sinon plus, que leur mari dans le domaine des voitures antiques. 

« On a apporté environ 1200 emblèmes d’auto, mais on en a près de 10 000 à la maison, explique Denise Turgeon entre deux clients. Ce sont surtout des américaines, mais on en a déjà eu une de Lada ! »

Un peu plus loin, Joann, de Saint-Christophe-d’Arthabaska, vend une dizaine de guides de réparation automobile datant des années 1980. « Même aujourd’hui, c’est encore pratique. Vaut mieux avoir le livre dans les mains avec le schéma dans le garage que d’essayer de trouver la même chose sur internet », lance-t-elle de façon catégorique. 

Vêtements rétro

Un peu partout sur le site, La Voix de l’Est croise de jeunes femmes habillées de vêtements inspirés de la mode des années 40 et 50. 

Les pin-up de la boutique Lolita et Pépito attirent les sourires et font tourner les têtes. Si elles dégagent une coquetterie et une féminité assumée, ces femmes ne sont pas pour autant étrangères au domaine des voitures anciennes. « Je suis moi-même une passionnée d’automobile et une mécanicienne », explique Camille Proulx, alias Miss Cherry Bomb, qui perçoit elle aussi des changements dans ce milieu. « Je pense que c’est moins pire qu’avant, les femmes ont fait plus leur place dans ce milieu-là. Moi, j’ai des clients qui demandent à ce que ce soit moi qui les serve », témoigne celle qui est propriétaire de sept voitures antiques. 

Cannes d’huile

Plusieurs passionnés le disent : ce ne sont pas que les voitures anciennes que l’on peut collectionner. 

Si les plaques automobiles portant l’inscription « La belle province » demeurent très populaires, les amateurs de contenants d’huile à moteur sont également bien représentés. Cette passion hors de l’ordinaire motive de nombreux collectionneurs à mettre la main au portefeuille et à dépenser plusieurs centaines de dollars pour des contenants d’huile usagés. « J’en ai vendu un à 1400 $ hier ! », avoue le collectionneur beauceron Alain Gilbert. « Pour les pintes d’huile, les prix peuvent varier beaucoup. Ça dépend de l’année, de son état et surtout de la marque », explique le passionné.

M. Gilbert s’assure de répertorier tous les types de cannes d’huile qu’il trouve. Il a déjà publié un premier catalogue regroupant plus d’un millier de contenants d’huile différents et un second devrait sortir à l’automne.

Bilan positif

Dimanche après-midi, la secrétaire de Voitures anciennes de Granby, Claudette Picard, dressait un bilan plutôt positif des trois jours du Granby International de voitures anciennes.

« On a eu pas mal de monde malgré la météo. Il a plu et surtout ils n’annonçaient pas très beau. J’ai même eu des gens qui ont appelé pour savoir si on remettait ça à une autre fin de semaine », explique Mme Picard.

Sans avoir les chiffres exacts de l’achalandage sur le site, la bénévole avance que 35 000 personnes se sont déplacées pour admirer les voitures anciennes.

« Avec tout ce qui se passe en ville en même temps, il n’y avait plus de place à coucher nulle part ! », souligne-t-elle.

Les bénévoles et les organisateurs se réuniront un peu plus tard durant l’été pour faire le bilan complet de la mouture 2018 de l’événement. 

Michel et Lise Vautour sont fiers de leur Chevrolet Nova SS.

BOLIDES DE RÊVE

Impossible de passer à côté de ces bolides de rêves. Des voitures sorties de l’usine il y a 50, 60, parfois 100 ans (!) sont encore gardés en état de marche par leurs propriétaires. 

Contrairement à la plupart des collectionneurs de voitures anciennes, Michel Vautour a acheté sa Chevrolet Nova SS directement du concessionnaire, en 1974. 

« C’était ma première voiture neuve, je lui ai toujours fait attention. J’ai acheté une autre voiture le même jour dont je me suis servi les quatre saisons. J’ai même fait de la drag avec ! », mentionne le propriétaire de la voiture.  

Fait inhabituel, sa Nova présente l’option de transformer la valise en tente pour le camping. « On s’en est servi deux saisons, mais on s’est rendu compte qu’on n’aimait pas ça le camping ! », lance Michel Vautour.

Un peu plus loin, Hans Meier l’avoue d’emblée: il n’est pas le propriétaire d’origine de sa International High Wheeler fabriquée en 1914. Il en prend toutefois grand soin depuis bientôt trente ans.

« Je suis chanceux, je n’ai jamais eu de gros problèmes mécaniques, je m’en sors toujours avec un peu de soudure, c’est mon hobby. »

Loin d’être un bolide de course, la High Wheeler ne dépasse pas les 30 km/h, « mais sa vitesse idéale, c’est plus 20km/h », précise son propriétaire. 

Même après plus d’un siècle, plusieurs de ses composantes sont d’origines. 

Comme tous les propriétaires présents au Granby International de voitures anciennes, c’est avec beaucoup d’amour, de temps et de passion que M. Meier peut garder sa voiture antique en état de marche. Mickaël Lambert