Une marionnette géante qui servira pour la prestation de Pupulus Mordicus, dans le foyer principal du Diamant, cette fin de semaine.

Visite du Diamant, suivez l’architecte! [VIDÉO+PHOTOS]

Vendredi, jour d’inauguration officielle du Diamant, les médias ont pu visiter le nouveau théâtre de la place D’Youville. L’architecte Marie-Chantal Croft, de Coarchitecture, a mis en lumière les manières dont le passé et l’actuel se côtoient dans le bâtiment lumineux, tout en lignes et prêt à accueillir des spectacles.

Le concept architectural a été imaginé par le consortium Coarchitecture / Atelier in situ / Jacques Plante architecte. «Nous nous sommes beaucoup inspirés de la théâtralité, des illusions, de la lumière, de la réflexion et de la transparence tout au long du parcours architectural», indique Mme Croft. S’inspirant de la mémoire des lieux, les architectes ont voulu rendre hommage à l’histoire de la ville de Québec et à l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy, qui avait imaginé l’ancien YMCA, dont la façade a été conservée. On lui doit pas moins de 37 édifices à Québec, dont l’église Saint-Jean-Baptiste.

Une grande diagonale divise l’avant du bâtiment, qui donne sur place D’Youville, et l’arrière, où sont logés la salle de spectacle à géométrie variable et le studio de création. «Dans les années 50, la place D’Youville et la côte d’Abraham étaient reliées», rappelle-t-elle. La toiture-mansarde a été refaite en ardoise et en cuivre étamé.

Le créateur Robert Lepage et sa soeur Lynda Beaulieu, présidente du Diamant

Dans le hall d’entrée, des murs noirs produisent un jeu de réflexion à l’infini. «Ceux qui ont fréquenté le cinéma de Paris se souviendront qu’à l’origine, il y avait des miroirs face à face qui créaient cet effet, qu’on appelle en théâtre une mise en abîme», souligne l’architecte. Les grands cadres dorés des anciennes vitrines du cinéma ont été récupérés pour faire des écrans de signalisation. 

On accède à l’étage de la salle de spectacle, qui peut accueillir 642 spectateurs dans une configuration à l’italienne (quand scène et gradins de spectateurs se font face), par un escalier monumental en bois clair et aux angles affûtés. Une passerelle permet d’entrer dans la salle, où des parois en bois gravé, teintes en noir, reprennent le motif de la façade de l’édifice. 

L’escalier monumental en bois

Entre l’ancien et le nouveau

Des colonnes, qui portent les traces des différentes patines qui les ont couvertes, ont été retrouvées pendant l’excavation et intégrées au foyer principal. Le visiteur y retrouve aussi une partie de la charpente de bois (poutres et arches) qui tenait encore debout lorsque le futur Diamant était occupé par des expositions éphémères, avant le grand chantier. Les murs de briques n’ont pas pu être conservés, mais des murs de béton creusés par des arches rappellent leur emplacement. Au plancher et au plafond, des carrés rappellent les anciennes divisions du YMCA. «On ne voulait pas faire un lieu anonyme, trop moderne, mais vraiment un lien entre l’ancien et le nouveau», indique Mme Croft.

Vue extérieure du Diamant, de la rue Saint-Jean
L'architecte du Diamant Marie-Chantal Croft

Duo sœur-frère

Le dernier étage accueillera surtout les créateurs, le public y aura rarement accès. La salle de création, qui reprend les dimensions de celle de la Caserne Dalhousie, où ont été créés les spectacles d’Ex Machina, a été baptisée Studio Beaulieu Lepage. Des photographies de Lynda Beaulieu, présidente du Diamant, et de Robert Lepage, homme de théâtre et initiateur du projet, ont été apposées côte à côte en hommage au duo sœur-frère sans qui le Diamant n’aurait pas vu le jour. Une cuisine, une terrasse et un foyer en verre permettent aux employés, qui travailleront le plus souvent dans la boîte noire, de profiter de la lumière du jour.

Lynda Beaulieu et Robert Lepage enfants, à l’entrée du studio de création qui porte leurs noms

Le studio de création a une hauteur qui permettra aux compagnies de cirque d’y créer des spectacles, souligne la directrice mise en marché et communications, Élisabeth Farinacci, et d’y accueillir 75 spectateurs pour tester leurs idées. Il sera utilisé 80 % du temps par Ex Machina, la compagnie résidente du Diamant. Des monte-charges permettent de descendre les dispositifs qui y seront créés directement dans la salle de spectacle principale. 

Ceux qui ont pu mettre la main sur des billets gratuits pour le parcours Par cour et jardin, présenté cette fin de semaine, pourront découvrir les lieux animés par L’Orchestre d’hommes-orchestres, le Théâtre à Tempo et Pupulus Mordicus.

Le foyer principal, où a été intégrée une partie de la charpente de l'ancien YMCA

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CE QU'ILS ONT DIT

«Après 10 ans d’excavation de toutes sortes, de dizaine de milliers d’heures à le tailler et à le polir, le Diamant voit enfin le jour ici, à place D’Youville, dans l’écrin de l’ancien édifice du YMCA, prêt à briller de tous ses feux et à éblouir le monde»

Robert Lepage, créateur et initiateur du projet

«Jacques Ménard a eu l’idée de rassembler deux grands compétiteurs de la finance, Desjardins et BMO, au nom de la culture. Ce n’est pas rien, c’est exemplaire et j’espère que d’autres compétiteurs suivront leur exemple»

Lynda Beaulieu, présidente du Diamant

«S’il y a une constante chez les maires de Québec dans les dernières décennies, c’est cette idée que la culture est extrêmement importante dans la vie communautaire. Nous sommes ici pour compléter la vision de Jean-Paul L’Allier, et je suis sûr que Jean-Paul aurait adoré cette journée» 

Régis Labeaume, maire de Québec

«Le Diamant promet de devenir un véritable pôle de diffusion des arts de la scène qui fera assurément briller les créations québécoises tout en faisant découvrir des spectacles à grand déploiement»

Nathalie Roy, ministre de la Culture

Propos recueillis par Josianne Desloges

Le Studio de création Lepage Beaulieu