Les tests d’ADN ont permis de prouver que Orlando Polania-Castano est celui qui a mis Marie enceinte, mais la Couronne n’a toutefois aucune preuve incriminante contre les autres fêtards présents à la même soirée.

Violeur condamné grâce à l’ADN du bébé

Marie*, 15 ans, a été violée lors d’une fête en avril 2013. L’ADN du bébé dont elle accouchera neuf mois plus tard permettra de faire condamner l’un de ses agresseurs.

L’adolescente n’était pas méfiante. Un ami l’avait convaincue de venir à un party, où se retrouveraient plusieurs jeunes. 

À son arrivée dans le logement, Marie constate qu’elle est la seule fille avec quatre jeunes hommes, tous de la communauté colombienne de Québec. 

On lui sert une enfilade de verres de vodka. Marie perd la carte et ne garde que des bribes de souvenirs. 

Le lendemain matin, elle revient à elle avec d’intenses douleurs à la gorge, aux bras, aux jambes, mais surtout aux parties génitales.

Les garçons lui redonnent ses vêtements, qu’ils ont lavés parce que la jeune fille les avait souillés de vomissures.

Dix jours plus tard, Marie consulte l’infirmière de son école. Elle sera ensuite hospitalisée deux jours pour subir une batterie de tests. Les médecins constatent de graves lésions, notamment une profonde fissure à son anus.

On annonce aussi à l’adolescente qu’elle est enceinte.

Marie dépose une plainte à la police de Québec. Mais devant le mutisme des suspects, l’enquête piétine.

Après la naissance de la petite fille de Marie, l’enquêteure demandera des mandats judiciaires pour ordonner à chacun des jeunes hommes présents à la fête de donner un échantillon d’ADN. Au bout de plusieurs mois, ce prélèvement sera comparé à celui du bébé.

La Couronne est en mesure de prouver que Orlando Polania-Castano, aujourd’hui âgé de 29 ans, est celui qui a mis Marie enceinte lors du party d’avril 2013. Elle n’a toutefois aucune preuve incriminant les autres fêtards.

Quatre ans de pénitencier

Polania-Castano, un homme sans antécédent judiciaire, citoyen canadien depuis deux ans, a plaidé coupable lundi à l’accusation d’avoir eu des contacts sexuels avec une jeune fille de moins de 16 ans. La procureure de la Couronne Me Mélanie Dufour a demandé le retrait des autres chefs d’accusation, à savoir agression sexuelle causant des lésions et agression sexuelle avec la participation d’une autre personne.

L’avocate de Polania-Castano, Me Geneviève Bertrand, a souligné que son client n’était pas l’instigateur du viol. «Ça n’excuse absolument rien, ajoute MBertrand. Mais il est le seul qui est accusé, le seul à prendre ses responsabilités.»

Orlando Polania-Castano a été condamné à quatre années de pénitencier, une peine qui a été suggérée de façon conjointe par la défense et la Couronne et entérinée par le juge Mario Tremblay de la Cour du Québec. 

Avec devant lui un accusé au bord des larmes, le juge Tremblay a souligné l’extrême tristesse de l’histoire, «pour la victime et pour son enfant».

Après sa détention, Polania-Castano sera inscrit au registre des délinquants sexuels pour une durée de 20 ans.

* Prénom fictif