Vincent Gagné

Vincent Gagné aurait violé deux escortes à la pointe d'un couteau

Le Jonquiérois Vincent Gagné a été accusé formellement de deux agressions sexuelles armées, à l’aide d’un couteau, de deux vols qualifiés et de bris de probation et d’engagement, à la suite de deux agressions sexuelles survenues à Jonquière, dans la nuit de mardi à mercredi.

Gagné, dont les intérêts sont représentés par Me Julien Boulianne, a passé quelques minutes dans la boîte des accusés, vendredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi, devant le juge Jean-Paul Aubin, de la Cour du Québec. Il fait face à 11 chefs d’accusation.

L’homme de 20 ans demeure incarcéré jusqu’au vendredi 29 mars, date à laquelle il pourrait subir son enquête de remise en liberté.

En pleine nuit, Gagné aurait fait appel, selon les informations, aux services de deux escortes pour obtenir des faveurs sexuelles. Il aurait donc eu des relations sexuelles complètes (avec pénétration), mais non désirées par les deux plaignantes, derrière une résidence de la rue Saint-Gérard, à Jonquière. 

Au beau milieu de la nuit et à l’extérieur, il aurait obligé les deux plaignantes à subir ses assauts sexuels en les menaçant à la pointe d’un couteau.

Lors de sa comparution, il était possible de ressentir une certaine tension dans la salle d’audience 2.10 du Palais de justice de Chicoutimi.

Les deux présumées victimes se trouvaient du côté droit de la salle, alors que la conjointe de Gagné était assise de l’autre côté.

Dès l’entrée de l’individu, dans la boîte des accusés, il a tourné son regard vers sa conjointe, qui lui a jeté un regard assez froid. Gagné a bien tenté de lui dire des choses, mais la réception n’était pas à son meilleur à quelques dizaines de pieds de là.

Après quelques instants, la conjointe a même levé son majeur en sa direction, lui faisant ainsi un doigt d’honneur, afin de lui démontrer sa rage et sa déception. 

En plus des agressions sexuelles armées, de deux bris de condition, d’un bris d’ordonnance, de deux vols qualifiés – il a dépouillé ses victimes – et d’avoir obligé les plaignantes à poser des gestes de nature sexuelle sous la menace, il a aussi empêché les victimes de communiquer rapidement avec les services d’urgence.

Objection

Une fois les chefs d’accusation déposés, Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), s’est objectée à la remise en liberté de l’accusé.

Surtout que celui-ci avait déjà été envoyé à la maison de thérapie Carignan, il y a quelques mois. Le tribunal a aussi interdit à Gagné de communiquer avec les victimes durant les procédures judiciaires. Il est en attente d’un procès pour une introduction par effraction et d’avoir déchargé le contenu d’un fusil à plomb en direction de personnes.

«Les agressions sexuelles armées impliquent la présence d’un couteau. Il y a aussi eu de l’extorsion, compte tenu du fait que, via la menace d’user de violence, il a obtenu des gestes à caractère sexuel. Il est aussi accusé de deux vols qualifiés en raison de l’utilisation du couteau et d’intimidation, car en raison des gestes posés, les victimes ne pouvaient pas contacter les policiers», a précisé Me Inkel.

Selon les informations obtenues, Gagné aurait profité de la tranquillité de la nuit pour faire appel aux services d’escortes, à qui il aurait donné rendez-vous à proximité de chez lui.

Ce serait lorsque les deux femmes se sont présentées sur place que l’accusé aurait déchanté. À partir de là, il aurait sorti un couteau pour menacer les deux escortes et les obliger à poser des gestes à caractère sexuel à son endroit et pour abuser sexuellement d’elles aussi, sans que cela soit désiré par les présumées victimes.

«Il s’agit de chefs d’accusation assez sérieux, et ça pourrait mener, s’il est coupable, à des peines assez importantes, mais il est encore tôt. Je n’ai reçu qu’une preuve partielle. On verra à évaluer tout ce que nous recevrons dans les prochaines semaines», indique Me Julien Boulianne, l’avocat en défense.

Et une fois qu’il aura tous les éléments en main, Me Boulianne déterminera s’il est possible de tenir l’enquête de remise en liberté, sachant que ce sera à la défense de démontrer qu’il ne représente pas un danger pour la société.

Vincent Gagné possède des antécédents judiciaires d’agressions sexuelles. Celles-ci remontent à 2014, alors qu’il était d’âge mineur. Il avait agressé une jeune fille qui sortait de l’autobus près du Centre fiscal de Jonquière et avait récidivé deux jours plus tard à Chicoutimi-Nord. La victime avait pu fuir et alerter les autorités. Il a été arrêté rapidement.

Il avait été condamné à trois années de réclusion à domicile à l’époque.