Journalistes, médias, gens d’affaires, élus et citoyens ont créé une vague de soutien moral aux journaux régionaux mercredi soir au Siboire du boulevard Jacques-Cartier.

Vague de solidarité pour les médias régionaux [VIDÉO]

« Que pouvons-nous faire ? » Depuis une semaine, la question est sur les lèvres des Estriens inquiets de l’avenir de La Tribune et de l’information régionale au Québec. Journalistes, médias, gens d’affaires, élus et citoyens ont créé une vague de soutien moral aux journaux régionaux mercredi soir au Siboire du boulevard Jacques-Cartier.

« Si tu es un gouvernement, tu peux taxer les entreprises étrangères et pénaliser celles et ceux qui profitent de l’information produite par les autres. Si tu es une personnalité politique, tu peux influencer, mobiliser, investir et prioriser. Si tu es un homme ou une femme d’affaires, un organisme communautaire, tu peux acheter ta publicité dans ton journal. Et si comme moi tu es un citoyen, tu peux payer ton information, renouveler ton abonnement, te mobiliser et faire front commun pour ta démocratie et ton identité », a déclaré dans un discours engagé la citoyenne Sondès Allal. 

Bondé de gens solidaires, le deuxième étage de la microbrasserie était animé par les différents discours, mais surtout par les échanges de soutien. 

Les deux instigatrices de l’événement, Marie Eve Lacas, présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) section Estrie, et Catherine Lafrance, directrice générale de la FPJQ, ont également pris la parole.

« Cette rencontre est l’occasion d’échanger. C’est un réel bonheur d’entendre les expressions “journaliste, journalisme, presse régionale, ma Tribune, ma Voix de l’Est, mon abonnement”. C’est ce que nous avons envie d’entendre », a dit Mme Lacas en promettant que la rencontre de mercredi soir était l’une parmi plusieurs à venir. 

À cela, Mme Lafrance a fortement encouragé les municipalités à réinstaurer la publication d’avis public dans les journaux. 

C’est ensuite Mélanie Mercier, responsable aux communications chez Croquarium, et Marie-Ève Martel, journaliste au quotidien de Granby La Voix de l’Est, qui ont prononcé des discours qui ont suscité les applaudissements nourris. 

« Certains s’inquiètent de ne plus voir de journaux dans les restaurants. Moi, ce qui m’inquiète, c’est qu’il n’y ait plus de journaux dans les foyers québécois, dans les entreprises, dans les épiceries et même dans les salles d’attente », a lancé Marie-Ève Martel, en rappelant la chance qu’a Groupe Capitales Médias d’avoir une « aide de dernière chance ». 

« Nous avons trois mois pour recommencer à nous relever les manches et continuer à faire ce que l’on fait de mieux », a-t-elle ajouté.

Éditeur adjoint et directeur général de La Tribune, Maurice Cloutier a lancé un appel à tous lors de cette soirée de solidarité : « Prenons l’occasion qui se présente. Je me mets au service de la communauté pour faire vivre La Tribune longtemps. Tous ceux qui voudront se rassembler sont les bienvenus pour bâtir le futur. »

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Maurice Cloutier, éditeur adjoint et directeur général de La Tribune, a pour sa part fait un appel à tous lors de cette soirée de solidarité. 

« Prenons l’occasion qui se présente. Je me mets au service de la communauté pour faire vivre La Tribune longtemps. Tous ceux qui voudront se rassembler sont les bienvenus pour bâtir le futur », a-t-il déclaré en précisant que le gouvernement était ouvert à divers scénarios, dont celui de recevoir des propositions d’affaires venant des six régions respectives de quotidiens. 

De son côté, le maire de la Ville de Sherbrooke, Steve Lussier, s’est joint un moment à la soirée. En entrevue avec La Tribune, il mentionne qu’il travaille actuellement sur l’enjeu, mais il n’a pas voulu révéler davantage d’informations à ce sujet.