Urgences sur le réseau routier: Bonnardel a exigé une « ligne rouge »

SHERBROOKE — L’une des premières actions de François Bonnardel comme ministre des Transports du Québec a été de se doter d’une « ligne rouge » afin d’être informé de toute urgence sur le réseau routier.

Le ministre souhaite marquer le pas et être à l’affût de ce qui s’y passe comme événements majeurs.

Pas question d’apprendre en deuxième un bouchon comme celui sur l’autoroute 13 où 300 conducteurs sont demeurés prisonniers de leur véhicule en pleine tempête en mars 2017 ou l’effondrement d’un viaduc comme celui de la Concorde à Laval en 2006.

« J’ai un deuxième téléphone qui est toujours allumé la nuit comme red line. C’est moi qui l’ai demandé dès mon arrivée en poste. Je veux être informé des conditions météorologiques et routières de partout au Québec. Je veux savoir tout ce qui se passe sur le réseau », affirme le ministre des Transports du Québec en entrevue à La Tribune. « Je ne souhaite pas d’urgence, mais s’il y en a une, je veux être joint. Et, ça n’a pas sonné encore. »

François Bonnardel est bien conscient du taux de roulement élevé au poste de ministre des Transports du Québec, mais il souhaite maintenant une stabilité. « Je souhaite être là pour tout le mandat. »


« Je veux comprendre comment ça se passe. C’est important d’aller visiter chacune des directions territoriales.  »
François Bonnardel

Le ministre des Transports du Québec n’a pas hésité à embarquer dans une déneigeuse du MTQ en Estrie en pleine tempête sur l’autoroute 55.

« Je veux comprendre comment ça se passe. C’est important d’aller visiter chacune des directions territoriales. Je souhaite que l’époque où le MTQ a été mis à mal par le vérificateur général soit révolue », indique M. Bonnardel qui souligne que plusieurs employés ont le MTQ tatoué sur le cœur.

François Bonnardel souhaite insuffler une culture du changement au sein du MTQ.

« Je veux que les sous-ministres et les employés sentent maintenant ce changement, cette fierté. Je veux que nous réalisions nos engagements, que nous communiquions avec nos municipalités et avec les gens (...) Avec les transports, on touche le quotidien de millions de personnes allant du piéton, au cycliste, à l’automobiliste, au train, au bateau, aux avions. Il y a 6400 employés au MTQ, plus de 32 000 kilomètres de route et plus de 10 000 ponts et viaducs. C’est un gros ministère. Sur les 100 milliards du programme québécois des infrastructures, c’est plus de 32 milliards affecté aux transports », rappelle M. Bonnardel.

Projets routiers

François Bonnardel affirme que la route 220 dans le secteur Saint-Élie fait partie des priorités régionales et qu’il y aura une annonce en ce sens au cours des prochains mois.

« Il serait prématuré d’annoncer la solution qui a été élaborée. Quand on regarde le portrait avec le nombre de véhicules qui traverse ce viaduc matin et soir, c’est dangereux. C’est saturé. On m’en a parlé lors de ma rencontre avec la direction territoriale de l’Estrie », mentionne M. Bonnardel.

Il assure que la phase 2 du prolongement de quatre kilomètres l’autoroute 410 sera complétée en 2020.

« Ce projet de 75 millions $ va compléter la boucle pour contourner Sherbrooke. Ne vous inquiétez pas, ça va se finir », assure François Bonnardel.

Il croit que les nombreux dossiers comme celui de réfection de la route 257 et du maintien d’actifs sont essentiels.

« Je veux m’assurer qu’on ne voit plus de situation comme celle du viaduc de la Concorde il y a quelques années », signale M. Bonnardel.

Train Sherbrooke-Montréal

François Bonnardel souhaite que le projet de train de passagers entre Sherbrooke-Montréal soit mené à terme.

« J’ai rencontré récemment à Bromont tous les maires allant de Sherbrooke à Saint-Jean pour mettre les cartes sur table afin de regarder comment augmenter la vitesse avec des investissements par la société, du provincial et du fédéral. Ce que j’ai comme but, c’est que la personne qui prend le train à Sherbrooke vers Montréal ne prenne pas deux heures et demie. C’est une question de coût, de confort et de temps », estime M. Bonnardel.

François Bonnardel souhaite aussi que le nombre de trains de marchandises puisse être augmenté à travers ce projet.

« Dans un contexte de réduction de gaz à effet de serre, c’est important de réduire le nombre de camions qui circulent entre Sherbrooke et Montréal. Il faut penser alimenter nos sociétés dans les parcs industriels qui le souhaitent pour transporter leurs marchandises à travers ce beau projet », estime M. Bonnardel.