Les partenaires du Collectif pour une forêt durable ont présenté et signé une déclaration commune visant à promouvoir et mettre en valeur l’industrie forestière québécoise.

Unis pour « des arbres et des humains »

MONTRÉAL — Le Collectif pour une forêt durable entame sa deuxième année avec une dizaine de nouveaux partenaires, portant à une soixantaine le nombre d’acteurs et d’organisations unis dans la promotion et la mise en valeur de l’industrie forestière québécoise. La table est mise pour célébrer nos arbres et tous les acteurs qui gravitent autour.

Le collectif, qui se veut une « mobilisation sans précédent envers la forêt québécoise et son immense potentiel », a présenté et signé une déclaration commune reconnaissant que « l’aménagement de nos forêts est ancré dans les principes du développement durable, afin d’offrir aux générations de demain les avantages environnementaux, économiques et sociaux qu’il procure ».

Le regroupement est composé à la fois d’associations forestières, de groupes de recherche, d’organisations municipales, de syndicats et d’entreprises du secteur privé, ainsi que d’ambassadeurs issus de toutes les régions du Québec qui témoignent de la diversité du secteur forestier.

« La forêt, c’est nous autres, c’est vous autres. Ce sont les humains qui y vivent et en vivent », a déclaré d’emblée le président-directeur général du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) et ex-ministre fédéral Denis Lebel pour rappeler l’importance de cette ressource naturelle pour la province, mais aussi l’importance de l’industrie, qui a contribué à notre richesse collective à hauteur de 7,6 milliards de dollars depuis 2010. « Ce sont des arbres et des humains », a-t-il ajouté.

Industrie d’avenir

Des milliers d’emplois de qualité sont créés par l’industrie, qui a su se diversifier au fil des ans, a indiqué le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, Daniel Boyer. Le secteur forestier contribue par ailleurs au développement des régions, a poursuivi le leader syndical, rappelant que les forêts sont aussi nécessaires à la réduction de l’empreinte humaine sur l’environnement.

Si la pénurie de main-d’œuvre constitue actuellement le principal défi de nombreuses industries — y compris l’industrie forestière, qui génère actuellement 60 000 emplois directs et 150 000 emplois indirects —, cette dernière saura tirer son épingle du jeu à long terme.

« Il y a 100 ans, il y avait des emplois et dans 100 ans il y en aura encore », prédit Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques, notamment parce que l’industrie a su se renouveler tout en s’adaptant aux préoccupations croissantes de la population à l’égard de l’environnement et du développement durable.

M. Vachon estime que 15 000 postes seront à pourvoir dans le domaine au cours des 15 prochaines années.

Le président de la Confédération des syndicats nationaux, Jacques Létourneau, s’est pour sa part réjoui que de nombreuses institutions d’enseignement, telles que l’Université du Québec à Chicoutimi, l’Université Laval, et les cégeps de Chicoutimi, de l’Abitibi-Témiscamingue et de la Gaspésie et des îles, pour ne nommer que ceux-là, se soient jointes au mouvement. Le tout est porteur d’avenir, a-t-il dit, car le maintien des emplois et l’innovation passent par la concertation.

Faire sa part

Les élus de tous les paliers de gouvernement seront invités à faire leur part. Yvon Soucy, préfet de la MRC de Kamouraska et premier vice-président à la Fédération québécoise des municipalités, a annoncé qu’un guide à l’attention des villes était en préparation afin de sensibiliser les décideurs à opter pour le bois dans la construction d’édifices publics.


«  Il y a cent ans, il y avait des emplois et dans cent ans il y en aura encore.  »
Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques

Maire de Val-D’Or et président du comité de l’Union des municipalités du Québec sur la forêt et ancien ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Pierre Corbeil a pour sa part appelé les élus d’Ottawa à régler les conflits commerciaux qui perdurent avec les États-Unis, notamment en ce qui touche le papier journal et le bois d’œuvre.

« À moins d’un an des élections fédérales, il est nécessaire que les chefs des partis clarifient leurs engagements en ce sens », a-t-il déclaré, se réjouissant toutefois que le nouvel Accord États-Unis-Mexique-Canada ait conservé le mécanisme d’arbitrage de l’ALENA qui permet au Canada de faire valoir ses droits.

Outre le gouvernement du Québec, qui a investi 2,7 millions $ sur trois ans dans la campagne de promotion du secteur forestier qui sera déclinée en plusieurs volets sous le thème « Une forêt de possibilités », notons que le Conseil de l’industrie forestière du Québec a également injecté 1,35 million $ dans l’initiative.