Une Sherbrookoise reconnaît son problème de vol compulsif

« Je veux obtenir de l’aide, mais je n’en trouve pas. » Une femme de Sherbrooke, qui a reconnu son problème de cleptomanie, soit du vol compulsif, a reconnu un autre vol, jeudi, devant le tribunal à Sherbrooke.

Après avoir avoué le vol de deux manteaux, d’une paire de bottes et de jouets qu’elle avait placés dans un sac réutilisable au magasin Sears du Carrefour de l’Estrie en octobre 2017, elle a fait part de la problématique au tribunal.

« J’ai un problème de cleptomanie. Je suis sur une liste d’attente au CLSC, mais je ne reçois pas d’aide spécifique à mon problème », a indiqué l’accusée.

Son avocat Me Benoit Gagnon de l’aide juridique explique que l’accusée souhaite être aidée, mais qu’il ne trouvait pas de service en Estrie concernant ce problème de vol compulsif.

« Ma cliente était prête à se rendre à Montréal au centre Elizabeth-Fry, mais ils ne prennent personne en dehors de l’île de Montréal », a signalé au tribunal Me Gagnon.

Une amende de 100 $ a été imposée à l’accusée par la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec.

« Vous avez besoin d’aide. Vous avez entrepris des démarches et je souhaite que vous puissiez être aidée », a indiqué la juge Fabi.

Une probation de 18 mois avec un suivi pendant une année lui a été imposée.

L’accusée devra suivre les directives de son agent de probation particulièrement pour son problème de cleptomanie.

Les articles volés qui totalisaient plus de 200 $ ont été récupérés par le commerce après l’interception de la cliente par les employés.

La cleptomanie est définie comme une pulsion irrépressible de s’approprier des objets sans avoir de motif économique ou le besoin réel de ces objets. La cleptomanie n’a rien à voir avec la délinquance ou avec un profil de personnalité antisociale.

En entrevue à La Tribune, Me Benoit Gagnon explique qu’il n’y a pas de groupe d’aide pour les gens vivant avec ce trouble de vol compulsif. 

« S’il y en a, nous ne les avons pas trouvés. C’est un service qui nous manque en région pour ce problème spécifique. Ma cliente n’est pas capable de recevoir de service ou d’intégrer un programme spécifique. Nous aurions voulu l’inclure le programme de mesure de rechange général, mis ce n’est pas possible. Nous avons trouvé un autre type de sentence afin qu’elle puisse être aidée », mentionne Me Gagnon.

Sans commenter ce cas spécifique, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS explique l’attente pour obtenir des services en santé mentale qui ne sont pas urgents peut atteindre une année.

« Une intervenante s’assure cependant que la situation ne se détériore pas. Le problème de cleptomanie est souvent accompagné d’autres problématiques. Une personne est aidée de façon globale et la cleptomanie fait partie de la gamme de services. Il n’y a cependant pas de programme spécifique lié à la cleptomanie », explique la conseillère en communication du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Geneviève Lemay.