Michel Fortin a tué Stéphane Murray et André Simard, dans la nuit du 14 octobre 1999.

Une quatrième semi-liberté pour le meurtrier Michel Fortin

Le meurtrier du bar La Traverse Michel Fortin s’est vu refuser une nouvelle fois sa libération conditionnelle totale, mais la Commission des libérations conditionnelles lui accorde une semi-liberté de six mois. C’est la quatrième fois que l’homme sort de prison en libération partielle. Les trois premières fois, sa libération a été révoquée après qu’il ait enfreint ses conditions. La Commission lui demande maintenant d’informer son agent de liaison sur toutes ses relations intimes avec les femmes, puisque si ses précédentes libérations ont été révoquées, c’est en raison de son penchant pour les prostituées.

Michel Fortin, qui est à l’aube de la cinquantaine, purge une peine depuis 2000 pour un double meurtre, commis en 1999 dans un bar de la rue Racine à Chicoutimi. Il est éligible à une libération conditionnelle depuis 2009, mais la Commission ne lui a jamais accordé une libération totale. Michel Fortin a obtenu, par le passé, trois semi-libertés, soit en 2013, en 2016 et en 2017. Chaque fois, il est retourné en prison après avoir enfreint ses conditions, notamment en ayant recours aux services de prostituées.

La dernière révocation de liberté a été prononcée en août 2018, lorsque Michel Fortin a admis avoir dépensé des sommes importantes pour les services de prostituées. Il avait d’abord nié, puis a admis les faits. Michel Fortin a porté cette décision en appel, mais elle a été confirmée par le Service d’appel de la Comission en janvier 2019.

Lors de sa plus récente audience, Michel Fortin a expliqué que sa plus grande difficulté en collectivité était de créer un réseau social et de briser l’isolement. L’homme a affirmé souffrir d’ennui et de solitude. Il a également affirmé avoir espoir de trouver l’amour auprès de ces prostituées.

La Commission explique que Michel Fortin s’est impliqué dans un processus psychologique pour explorer ces échecs libératoires, pratiquement tous liés à cette problématique de prostitution. Michel Fortin, qui avait des problèmes de consommations d’alcool et de drogue lors de son arrestation en 1999, serait abstinent depuis maintenant 20 ans.

Dans son rapport final de juillet 2019, la psychologue qui a rencontré Fortin a écrit que l’implication du détenu s’était avérée positive. De plus, son équipe de gestion de cas a indiqué à la Commission que l’homme était présentement dans un processus de changement et qu’il avait fait des progrès observables et mesurables, notamment en ce qui concerne son suivi psychologique et ses démarches visant à trouver des ressources communautaires et un emploi.

Malgré ces améliorations, Michel Fortin n’a pas obtenu sa libération totale, en raison de ses précédents échecs. « Considérant les échecs libératoires précédents en lien avec la fréquentation de prostituées, vous devez informer votre surveillant de libération conditionnelle immédiatement de toutes vos relations intimes (sexuelles et non sexuelles) avec les femmes », demande la Commission, qui lui a imposé cette condition spéciale additionnelle. Michel Fortin a eu l’occasion de s’exprimer quant à cette condition lors de son audience, mais il n’a soulevé aucune préoccupation ou objection.

Dans la nuit du 14 octobre 1999, alors que Michel Fortin était concierge au bar La Traverse, il a abattu les clients Stéphane Murray et André Simard après une chicane. Les deux hommes sont morts sur le coup. En tirant les coups de feu, Fortin a également blessé deux autres clientes du bar.

C’est sept mois plus tard qu’il a plaidé coupable à des accusations de meurtres au deuxième degré.

Entrevue en prison

Dans une entrevue accordée au journaliste du Quotidien et du Progrès Stéphane Bégin, en fin d’année 2018, le meurtrier avait affirmé regretter ses gestes. Le journaliste s’était déplacé au pénitencier de Cowansville, dans les Cantons-de-l’Est, pour s’entretenir avec le détenu. C’est Michel Fortin qui avait demandé à le rencontrer, car il n’aimait pas lire que les deux meurtres étaient simplement le fruit d’une querelle entre deux individus pour une histoire de filles.

« Oui, j’ai des regrets. Il y a bien des choses que j’aurais aimé faire autrement. C’est malheureux ce qui est arrivé», avait-il confié.

Le journaliste s’était également entretenu avec des membres des familles des deux victimes, qui n’accordaient pas leur pardon au meurtrier.