Une première «clinique des aînés» à Québec [VIDÉO]

Une «clinique des aînés» regroupant des services de suivis en externe, une unité d’hospitalisation dédiée aux aînés et une clinique mobile à domicile verra le jour à Québec. L’objectif: diminuer les visites à l’urgence des aînés vulnérables et sans médecin de famille ainsi que la durée de leur hospitalisation.

En conférence de presse, mercredi, le président-directeur adjoint du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Guy Thibodeau, a parlé d’une première dans la région de Québec, «voire au Québec». Les services de la clinique des aînés, qui fonctionnera avec un budget annuel de 3,8 millions $, seront offerts d’abord offerts dans les arrondissements de La Cité-Limoilou, de Beauport, de Charlesbourg et des Rivières, a-t-on précisé. 

La clinique verra le jour sous la forme d’un projet-pilote de cinq ans au cours duquel des travaux de recherche destinés à mesurer les impacts sur le maintien à domicile et la fréquentation des services d’urgence seront menés. Selon M. Thibodeau, d’autres cliniques du genre pourraient à terme voir le jour sur le territoire du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Clientèle vulnérable

Les services de la clinique des aînés visent particulièrement les patients âgés, vulnérables et défavorisés, en perte d’autonomie et souvent sans médecin de famille. Ces patients se retrouvent régulièrement à l’urgence parce qu’ils n’ont pas accès aux soins de première ligne, a expliqué l’instigateur du projet, le Dr Luc Tailleur. 

«À l’Hôpital Saint-François d’Assise, on les reçoit un peu tard, de sorte qu’on doit les hospitaliser», a exposé le Dr Tailleur, qui souhaite écourter, voire éviter les hospitalisations, et prévenir les complications inhérentes aux longues hospitalisations afin de conserver l’autonomie des aînés et de leur permettre de demeurer à domicile le plus longtemps possible. Le projet vise également à libérer à terme 15 des 31 lits de l’unité de courte durée gériatrique de Saint-François-d’Assise, a mentionné le médecin.

«Ce qu’on fait, c’est une transformation de l’unité hospitalière en unité mobile. […] On amène l’expertise hospitalière à domicile», a résumé le Dr Tailleur. Les équipes qui composeront la clinique mobile seront surtout constituées d’infirmières qui donneront des soins 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Des médecins - ils seront six au total - feront des visites à domicile cinq jours par semaine et seront de garde la nuit et la fin de semaine, a précisé le responsable de la clinique des aînés.  

Pour se déplacer, les infirmières auront à leur disposition trois voitures électriques, gracieuseté de la Caisse Desjardins de Limoilou, qui a octroyé 100 000$ à la clinique des aînés par l’entremise de son Fonds d’aide au développement du milieu. Pour le directeur général de l’institution, Alain Sauvé, il était important de soutenir un projet «en lien direct avec les besoins de plus en plus criants de la population», tout en se souciant des impacts environnementaux. 

Différent des CLSC

Questionné sur la nécessité d’avoir cette nouvelle structure alors que les CLSC offrent déjà des soins à domicile, le Dr Tailleur a expliqué qu’«on n’est pas du tout dans la même nature de soins». «Ce qu’on propose, c’est une structure de soins hospitalière qui se déplace à domicile pour éviter les hospitalisations ou du moins les raccourcir. On amène une équipe experte en soins gériatriques hospitaliers à domicile. Cette expertise-là n’est pas disponible en CLSC», a-t-il fait valoir.

Le projet comprendra également une nouvelle clinique de suivis en externe, qui ouvrira ses portes en 2020. Ces services pourront être offerts au domicile des aînés plus vulnérables, qui ont des difficultés de mobilité ou qui sont sans médecin de famille. La clinique de suivis en externe offrira en outre aux aînés la possibilité de regrouper les rendez-vous et les examens médicaux afin de leur éviter de multiples déplacements, a expliqué le Dr Tailleur.