L'auteure de la pétition souhaite que le parc Terrasse Bon-Air, où la poussette vide a été repérée (photo), ou l'avenue de Gaulle change de nom pour porter celui de Rosalie Gagnon.

Une pétition pour que le nom de Rosalie Gagnon perdure

Une pétition mise en ligne vendredi réclame que l’avenue de Gaulle ou le parc Terrasse Bon-Air soit renommé au nom de Rosalie Gagnon.

L'auteure de la pétition est Jessica Millette, une résidente de Saint-Jérôme et mère de deux enfants. Elle souhaite que l’avenue de Gaulle, où le corps de la fillette a été retrouvé, ou que le parc Terrasse Bon-Air, où la poussette vide a été repérée, change de nom pour honorer la mémoire de l’enfant.

«Pour tout le Québec c’est pénible, c’est triste. Moi, mère de deux filles, même si je ne la connais pas [Rosalie], ça me touche. C’est horrible. C’est inimaginable», a-t-elle expliqué au Soleil

Même à l'autre bout de l'autoroute 40, Mme Millette a voulu agir. Pour elle, la fillette de deux ans, poignardée à mort, mérite un hommage permanent. «Oui, il y a des toutous et c’est très bien, mais ils ne resteront pas. Il faut quelque chose qui va rester. C’est ça que j’aimerais», a-t-elle plaidé, invitant la population à appuyer sa démarche.

Rosalie Gagnon

Délai d'un an

À la Ville de Québec et au cabinet du maire Régis Labeaume, on a expliqué samedi qu’il était encore trop tôt pour se pencher sur une telle question, surtout que l'affaire est toujours sous enquête. 

Cela dit, de manière générale, les règles de toponymie permettent que de simples citoyens, et pas nécessairement des personnalités publiques, soient honorés par une dénomination d'un lieu public. Il y a cependant un délai d’attente. 

«Le délai d’un an suivant la mort de la personne que l’on souhaite commémorer doit être respecté. Par la suite, il faudra procéder à une consultation publique si l’on souhaite qu’une rue ou un parc déjà nommé change de nom. Ensuite, la décision doit être votée au conseil municipal», a résumé Rose-Marie Ayotte, porte-parole de la Ville.

Cette dernière a confirmé qu’il serait donc «possible que la dénomination en l’honneur de la petite Rosalie Gagnon» ait lieu si les étapes précédentes sont respectées et que la recommandation est avalisée par les élus.

Les citoyens peuvent proposer un hommage à une personne en l’ajoutant à la Banque de noms de la Ville. Les élus suivent «les recommandations du comité de toponymie dont les activités sont coordonnées par le Service de la culture et des relations internationales. Le comité de toponymie puise les nouveaux noms dans la Banque de noms de la Ville de Québec», explique-t-on sur le site Web de la Ville.

Des exemples

Des drames humains ayant résonné à travers le Québec ont déjà donné lieu à des hommages du genre. À Trois-Rivières, le parc Chapais a été renommé au nom de Cédrika Provencher, disparue en 2007. Il s'agit du dernier endroit où elle a été vue. Peu de temps après la découverte de ses ossements, la municipalité a entrepris des démarches en 2015 et a procédé au changement de dénomination en s'assurant d'abord d'avoir l’accord de la famille.

À Rivière-Ouelle, dans le Bas-Saint-Laurent, un parc communautaire a été nommé en l’honneur de Nancy Michaud, assassinée en 2008 à l’âge de 37 ans. Le sordide meurtre dont elle a été victime ne lui a pas permis de compléter le projet sur lequel elle travaillait bénévolement avec l’école du coin. Le parc Nancy-Michaud a été inauguré à l’été 2009, soit un peu plus d’un an après son décès.

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