Un chauffeur de la STS n’a pas été en mesure d’immobiliser son autobus dans la côte King, samedi soir. La collision avec un lampadaire en bordure de rue a forcé le transport des cinq occupants du véhicule au centre hospitalier pour des blessures mineures.

Une perte de contrôle d'un véhicule de la STS fait cinq blessés [VIDÉO]

Un autobus de la Société de transport de Sherbrooke n’a pas été en mesure de s’immobiliser, samedi soir, au centre-ville. Les quatre passagers et le chauffeur ont dû être transportés au centre hospitalier pour des blessures mineures après que le véhicule eut violemment percuté un lampadaire en bordure de rue, près de l’angle des rues King et Wellington.

Selon le Service de police de Sherbrooke (SPS), l’incident serait survenu vers 22 h 20, alors que de fortes précipitations s’abattaient sur la ville. L’enneigement de la chaussée, qui était même recouverte d’une couche de glace par endroits, serait principalement en cause. 

L’autobus de la ligne 7, qui circulait d’ouest en est, aurait commencé à déraper à la hauteur de la rue Gordon pour ensuite percuter un lampadaire et terminer sa course sur la rue Wellington. 

Selon un officier rencontré sur place, des agents du SPS qui se trouvaient déjà sur les lieux ont permis d’éviter le pire. Voyant la perte de contrôle de l’autobus, ceux-ci auraient réussi à prévenir à temps un groupe de personnes qui se trouvait dans sa trajectoire. 

« Ils dansaient et s’amusaient au coin de la rue, ils n’avaient rien vu. Il y avait pratiquement un mur blanc devant eux, tellement il neigeait », rapporte celui-ci. 

La rue King en direction est a été fermée pour le reste de la soirée et l’autobus a dû être remorqué quelques heures plus tard. L’accès au trottoir du côté du lampadaire percuté était également fermé, puisqu’on craignait que du courant électrique y circule toujours. 

Un cas peu fréquent

Selon le directeur général de la STS, Patrick Dobson, la chaussée était dans un état « lamentable », samedi soir, et la conduite du chauffeur ne serait absolument pas à remettre en question. 

« On travaille de très près avec la Ville. On va se parler pour voir ce qu’on pourrait faire de différent la prochaine fois. On va faire un bon retour sur la situation pour bien comprendre comment et pourquoi ça s’est produit », commente celui qui croit qu’il est encore tôt pour tirer toutes les conclusions de cet événement. 

Le conducteur se porterait bien « dans les circonstances », malgré quelques courbatures. Le véhicule serait sérieusement endommagé et ne pourra pas reprendre la route tout de suite. 

« Ce genre d’accidents n’arrive pas souvent, heureusement. L’important, c’est qu’il n’y a pas eu de blessés graves », soutient M. Dobson, qui ne remet pas non plus en doute les capacités des Nova Bus, le type d’autobus qu’utilise la STS. « Quand la chaussée est glacée, ce n’est pas une question de véhicule », répond-il.   

Selon la Ville de Sherbrooke, tout a été fait dans les règles de l’art pour assurer un déneigement optimal, samedi soir. Tous les équipements étaient déployés sur le territoire dès 18 h 30, assure-t-on. Cependant, puisque les effectifs sont moins nombreux à cette période de la semaine et que les précipitations se faisaient très fortes, les déneigeurs n’ont pas été en mesure d’empêcher l’accumulation sur la chaussée. 

Le SPS et la Ville de Sherbrooke rappellent à tous les conducteurs d’adapter leur conduite en période hivernale, notamment en anticipant une plus grande distance de freinage.

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Frédéric L’Espérance et Mario Hains se trouvaient dans l’autobus de la STS qui a percuté un lampadaire après avoir amorcé une descente vertigineuse sur la rue King, samedi soir. M. L’Espérance, à gauche, été hospitalisé toute la nuit et devra soigner une fracture de la clavicule pendant les quatre prochaines semaines.

« L’impact a été violent »  

 Mario Hains et Frédéric L’Espérance ont eu toute une frousse, samedi soir, lorsque l’autobus dans lequel ils se trouvaient a commencé à déraper dans la côte King. Si M. Hains s’en est tiré avec un vilain mal de genou, son conjoint a pour sa part eu moins de chance : il passera les quatre prochaines semaines à soigner une fracture de la clavicule. 

« L’autobus est parti comme sur une piste de ski, témoigne M. Hains. Quand on a frappé le lampadaire, ça a cogné longtemps; l’impact a été violent. L’autobus était presque vide et il n’y a pas de ceintures de sécurité, alors le corps se met à avoir toutes sortes de réactions dans ce temps-là. Je n’avais jamais vécu un accident comme ça, il ne faut absolument pas que ça se reproduise. » 

Selon lui, le chauffeur de la Société de transport de Sherbrooke a réagi de façon exemplaire. « Il a géré la situation comme il le fallait, indique-t-il. Il a manœuvré l’autobus pour qu’on n’entre pas en collision avec les véhicules ou les piétons qui se trouvaient à l’intersection. Il n’avait pas le choix, parce que ça aurait pu être bien pire. » 

Après l’impact, M. Hains a été transporté par ambulance à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke, tandis que le cas de M. L’Espérance a été traité à l’Hôpital Fleurimont. « Comme je n’avais qu’un mal de genou, je n’étais pas considéré comme prioritaire, conte M. Hains. Après quatre heures, j’ai décidé de parti par moi-même pour rejoindre mon chum. J’étais trop inquiet. Lui, il se trouvait du côté où l’autobus a frappé le poteau. » 

M. L’Espérance, qui confie avoir traversé les événements « de peine et de misère », aurait obtenu son congé vers 5 h dimanche matin, mais une analyse de ses radiographies a forcé l’hôpital à le convoquer à nouveau. « Une ambulance est revenue le chercher ce matin vers 10 h », indiquait M. Hains dimanche après-midi, alors que le couple retournait finalement à la maison. 

« Les douleurs qu’il a en ce moment, c’est quelque chose », dit-il à propos de M. L’Espérance, qui soutient avoir de la difficulté à manger pour le moment. 

Sur le vif

Le traumatisme a été grand, confie M. Hains, qui a même capturé des images de la scène. « Je suis toujours en train de prendre des photos et des vidéos. Là, en voyant l’état de la chaussée, j’ai senti que c’était à risque, alors j’ai commencé à filmer. Mais on ne s’attendait jamais à ce qu’on rentre comme ça dans un poteau », explique celui dont la vidéo se termine avec le fameux impact.

« Après ce moment-là, tout le monde criait dans l’autobus, se rappelle-t-il. On a dû y rester jusqu’à ce que les secours arrivent. »