Une «maman 2» complice d’agression sexuelle

Déane Beauchamp n’a pas touché à sa petite gardienne de 17 ans. Mais pour avoir joué l’entremetteuse et permis à son conjoint de violer l’adolescente, elle écope d’une peine de 15 mois de prison.

La femme de 40 ans, mère au foyer de quatre enfants, connaissait la jeune fille depuis son enfance. L’adolescente l’appelait d’ailleurs sa «maman 2».

Un soir, la jeune fille vient aider Déane Beauchamp à s’occuper son bébé de deux ans. 

Le conjoint de Déane Beauchamp, Sylvain Brousseau, revient à la maison au petit matin. Il s’étend sur le divan aux côtés de l’adolescente et commence à la caresser.

Déane Beauchamp est couchée près d’eux sur un matelas gonflable. Elle dira qu’elle reste là par voyeurisme. La femme a aussi affirmé qu’elle avait donné le «feu vert» à son conjoint.

Sylvain Brousseau enfile un condom et pénètre l’adolescente. La jeune fille se débat et se met à pleurer en demandant à Brousseau d’arrêter. Déane Beauchamp lui tient la main pour la rassurer. «C’était de la compassion», a souligné l’accusée.

Version modifiée

Déane Beauchamp a plaidé coupable à l’agression sexuelle par complicité il y a déjà un an. Lundi, aux côtés de son troisième avocat, elle a tenté de changer sa version et de dire que l’adolescente avait accepté une relation échangiste avec Sylvain Brousseau. 

Selon l’accusée, la gardienne a retiré son consentement seulement lorsqu’elle a constaté que Brousseau pratiquait la pénétration anale.

Déane Beauchamp a prétendu être victime d’un coup monté par la victime et sa propre fille aînée. Ces arguments n’ont pas été retenus par le juge qui a maintenu le plaidoyer de culpabilité.

La procureure de la Couronne Me Sonia Lapointe recommandait une peine entre 18 mois et deux ans moins un jour. Elle a fait remarquer que même si on croyait la nouvelle version de l’accusée, le consentement de la victime de 17 ans était vicié par le lien de confiance.

L’avocat de défense Me Marc Delisle demandait au juge de se contenter d’imposer la peine minimale de 12 mois à sa cliente, dénuée d’antécédents judiciaires.

Le juge Pierre L. Rousseau a choisi d’imposer une peine de 15 mois à Beauchamp, «complice aidante, facilitante, qui a agi par soumission pour son conjoint», a souligné le juge. Le magistrat a aussi dit tenir compte des abus sexuels vécus par l’accusé.

Déane Beauchamp sera en probation durant trois ans après sa peine et devra se soumettre à une thérapie.

Sylvain Brousseau a lui été condamné à 30 mois pour cette agression sexuelle. Déane Beauchamp était toujours en couple avec lui au moment de son incarcération.