L’accusation d’enlèvement est passible d’une peine maximale de prison à perpétuité, a indiqué Me Valérie Simard-­Croteau, de la Couronne.

Une jeune fille enlevée pour une rançon

C’est bel et bien dans le but d’exiger une rançon que deux hommes ont enlevé une jeune fille de 12 ans, à Sutton, en septembre dernier.

La nature des accusations déposées mardi contre Jean-Pierre Bellemare et Jean-Guy Vallières, respectivement âgés de 52 et 55 ans, ne laisse aucun doute. 

Ils font face à des accusations d’enlèvement d’une personne âgée de moins de 16 ans dans le but de demander une rançon, de séquestration et d’extorsion, a précisé mardi Me Valérie Simard-Croteau, du bureau de la Couronne au palais de justice de Granby.

Détenu, M. Bellemare a brièvement comparu devant le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec. Le temps pour la Couronne de s’opposer à sa remise en liberté et de lui interdire de communiquer avec la victime, ses proches et d’éventuels témoins.

Il était représenté par Me Mireille Leblanc et son dossier a été remis, pour la forme seulement, à jeudi. Il ne sera pas amené devant le tribunal à cette date.

Le dossier de M. Vallières était aussi à l’horaire, mardi, mais par erreur il était absent. Il est présentement détenu dans une autre affaire. Son dossier a été remis, aussi pour la forme, à lundi prochain. Il doit répondre des mêmes accusations.

Courte cavale

C’est après avoir fini de purger une peine aux États-Unis que M. Bellemare a été arrêté, vendredi, à la frontière.

Il avait été arrêté par les douaniers américains au lendemain de l’enlèvement, le 20 septembre dernier. Un sac sur le siège passager contenant un masque, des collants et un couteau avaient mis la puce à l’oreille des agents frontaliers.

Une fouille plus avancée leur avait également permis de saisir une arme à feu, une réplique d’arme à feu, un deuxième masque, des gants de caoutchouc, du fil, des chaînes et des câbles avec verrou. M. Bellemare­ a ensuite plaidé coupable d’avoir apporté illégalement une arme à feu et des munitions aux États-Unis.

Ici, l’accusation d’enlèvement est passible d’une peine maximale de prison à perpétuité, a rappelé Me Simard-Croteau. 

La jeune fille, qui n’aurait subi qu’un choc nerveux, avait réussi à échapper à ses ravisseurs le jour même de son kidnapping. Elle avait été enlevée à bord d’une fourgonnette de type Econoline alors qu’elle attendait l’autobus scolaire, puis séquestrée durant plusieurs heures dans une maison inhabitée de la rue des Fougères. 

La thèse de la tentative d’extorsion avait déjà été soulevée à l’époque puisque sa mère était cadre dans une banque.

L’histoire se répète

Tout comme M. Vallières, M. Bellemare possède un dossier criminel étoffé. Il a déjà été arrêté pour vol, introduction par effraction et possession d’arme à feu illégale. 

Mais son fait d’armes le plus connu reste une tentative d’enlèvement similaire à celle pour laquelle il a été arrêté vendredi. En 1986, il avait enlevé un garçon de 13 ans, fils d’un policier, à Laval, et exigé une rançon de 30 000 $. Là aussi, l’adolescent avait réussi à échapper à ses ravisseurs.

Alors âgé de 19 ans, Jean-Pierre Bellemare avait écopé d’une sentence de 12 ans, aggravée par son évasion de prison puis par un vol de banque. Il a en tout passé 26 ans en prison.

Avec les années, l’homme a aussi appris à manier les mots et collaboré à un journal de rue, ce qui lui a valu des mentions de l’Association des médias communautaires du Québec. Il racontait entre autres sa vie en prison, ses espérances et ses inquiétudes.

Il a aussi participé à l’émission Deuxième chance, à Radio-Canada, où il avait rencontré le père et la victime de son kidnapping de 1986 pour leur demander pardon.