La Chorale de jeunes filles belges Mélopée a adopté une disposition non traditionnelle pour une chorale en envahissant le devant de la nef pour bien remplir l’église de leurs voix claires.

Une douceur pour les Méganticois à la veille du 6e anniversaire de la tragédie

À la veille du 6e anniversaire de la tragédie de 2013, les Méganticois ont reçu de la belle visite de Belgique : la Chorale Mélopée, qui leur a concocté un bijou de concert tout en douceur, qui a mis un baume rafraîchissant sur les souvenirs difficiles qui rejaillissent immanquablement à chacun des anniversaires.

L’émotion était palpable dans l’église Sainte-Agnès, grande comme une cathédrale dans les occasions spéciales comme celle-ci, avec son acoustique idéale qui en faisait le meilleur endroit pour accueillir les voix angéliques de ces 47 jeunes filles de 8 à 18 ans.
Il y avait également de l’émotion pour ces jeunes filles, dont quelques-unes ont fondu en larmes, après leur prestation solo, quand on les applaudissait trop…

« On ne peut mettre cela sur le compte de la fatigue », a confié le chef de chœur Romain Verbeeren, en entrevue après le concert. « C’était plutôt l’ambiance spéciale du moment, l’émotivité des gens de Mégantic et ce que cette soirée représentait pour eux, ils ne constituaient pas un public traditionnel », a-t-il fait remarquer avec justesse. L’apothéose de l’émotivité est survenue avec la chanson La Quête, de Jacques Brel, à la fin du concert.

Première visite au Canada

Au point de départ, le curé Gilles Baril, de la paroisse Sainte-Agnès, et la mairesse Julie Morin avaient souhaité la bienvenue à la bonne foule qui avait envahi l’église pour l’occasion. « C’est un moment de bonheur et de recueillement, un moment de grâce que nous allons vivre par le biais de ce spectacle de qualité. C’est la première fois que ces jeunes filles viennent au Canada », a déclaré la mairesse en introduction.

Le répertoire de la chorale s’avère très varié, comprenant des morceaux choisis de musique classique, de musique de film, des chansons françaises, des musiques du monde. Le chef de chœur y puise à volonté, dans les pièces que les filles ont pratiqué auparavant, mais il élabore le menu de chaque concert juste avant la prestation. Chaque spectacle devient unique, selon l’inspiration du moment.

« Il y a quand même une structure. C’est l’alchimie du concert qui est différente chaque fois. Un soir, il y a davantage de complicité avec les chanteuses, je suis là pour les inspirer, parfois pour les remettre dans les limites. Elles doivent projeter de l’énergie au public, mais ce dernier leur en remet énormément. C’est ce qui est arrivé ce soir. »

« Le projet Mélopée, pour moi, a débuté il y a sept ans, alors que seulement neuf filles en faisaient partie. Aujourd’hui, elles sont 75 en tout, en Belgique, alors que 47 seulement ont fait le voyage ici. « Je ne pensais pas que mon métier deviendrait chef de chœur. J’ai fait quatre tournées auparavant au Canada, avec une chorale de garçons, les Petits chanteurs du Collège Saint-Pierre. J’y ai découvert le sens de l’accueil et la chaleur humaine inégalable du Canada. C’est à ce moment que c’est devenu une passion qui se continue. »