Une centaine de ces pancartes ont disparu.

Une centaine de pancartes de Jean-François Aubin volées

Trois-Rivières — Au moins une centaine de pancartes électorales du candidat à la mairie de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, ont été volées la fin de semaine dernière. C’est environ la moitié des pancartes installées par son équipe qui s’est littéralement volatilisée. Une plainte a d’ailleurs été portée à la Direction de la police de Trois-Rivières.

«Fort probablement que ça dépasse le nombre de 100», déplore M. Aubin. Ce sont des citoyens qui lui ont mis la puce à l’oreille en questionnant l’absence de pancartes dans leur quartier en plus de bénévoles qui constataient que les pancartes qu’ils avaient installées n’étaient plus en place. Si les forts vents de vendredi ont été d’abord suspectés d’être à l’origine du problème, son équipe et lui se sont rapidement rendus à l’évidence que la nature n’était nullement en cause. «On s’est mis à vérifier. On a refait systématiquement tout le trajet qu’on avait fait, toutes les rues, tous les endroits où on en avait posé pour s’apercevoir que d’une façon très, très forte, pas partout, mais d’une façon très, très forte, et dans différents secteurs de la ville, les pancartes avaient complètement disparu. Les attaches étaient coupées et on ne retrouvait rien, aucune pancarte à terre, ni proche ni loin. Tout avait complètement disparu. Un moment donné, quand sur une rue tu as 15 pancartes sur différents poteaux, que tu repasses, qu’il y a zéro pancarte et qu’on retrouve juste des attaches coupées, il faut en venir à la conclusion qu’il y a une ou des personnes qui ont décidé de faire les petits malins, de ne pas respecter la démocratie, de ne pas avoir de respect et d’enlever complètement nos pancartes.»

Différents secteurs sont touchés, surtout Trois-Rivières, mais aussi Pointe-du-Lac et dans une moindre mesure Cap-de-la-Madeleine. «On en avait mis minimalement à toutes les intersections importantes, significatives. Vous pouvez faire le tour aujourd’hui, vous allez voir qu’il n’en reste plus beaucoup malheureusement. On avait mis à peu près tout ce qu’on avait comme pancarte et on a dû en recommander d’autres.»

L’équipe de M. Aubin avait choisi d’installer à peu près 225 pancartes. «On avait décidé qu’on se limitait. Qu’il y en ait un peu moins, ce sont des choix stratégiques qu’on fait dans une campagne, mais à partir du moment où il en disparaît la moitié, ça change la donne.»

Pour le candidat à la mairie, c’est un déficit du côté de la visibilité ainsi que des coûts financiers. «Une première conséquence à court terme, c’est d’avoir une moins grande visibilité que mes adversaires. Dans une campagne, on sait que la visibilité est importante. Il y a beaucoup de gens qui suivent les élections un peu par la bande. La deuxième conséquence, ce sont des coûts financiers. Ce n’est pas donné des pancartes.» Pour ce qui est de remobiliser les bénévoles pour mener une deuxième opération de pose de pancartes, M. Aubin n’est pas inquiet. 

L’ancien conseiller municipal en est à sa troisième campagne électorale dont la deuxième à la mairie. Une telle situation, c’est du jamais-vu, selon lui. 

«À chaque élection, on a un peu de vandalisme sur des pancartes. Ce sont des gens qui font ça pour un peu s’amuser. Mais là, je ne crois pas que ce sont des gens qui font ça pour s’amuser, c’est trop systématique et organisé. À partir du moment où c’est systématique et organisé, ce sont des gens qui sont partisans un peu trop, un peu aveuglément et qui pensent que ce n’est pas grave de ne pas respecter la démocratie.»

C’est pour cette raison qu’il a décidé de rendre cette situation publique et de porter plainte à la police. «On trouvait que c’était gros. C’est vraiment un non-respect des lois, un non-respect de la démocratie également. Et si on pose de nouvelles pancartes, est-ce qu’on va se les faire encore enlever? Ça n’a aucun sens. On s’est dit qu’il fallait aviser la population. Ayez l’œil ouvert. Il se passe quelque chose et ça n’a pas d’affaire à se passer à Trois-Rivières.»

Un appel à la population qui s’applique aux pancartes de tous les candidats, précise-t-il. «Je comprends qu’il y a des gens ‘‘très partisans’’ mais j’en appelle au respect et à la démocratie, et ce, pour les pancartes de tous les candidats. J’invite d’ailleurs la population à dénoncer à la police s’ils sont témoins de tel geste», a mentionné M. Aubin.

Les autres candidats n’ont pas tardé à déplorer la mésaventure dont a été victime M. Aubin. «Je trouve ça totalement inacceptable et antidémocratique. Par ailleurs, je ne veux pas tirer avantage de cette situation, alors j’ai demandé à mon équipe de ne procéder à aucun réaffichage tant et aussi longtemps que la situation de M. Aubin n’aura pas été régularisée», a affirmé Éric Lord. 

Même son de cloche du côté de Jean Lamarche. «Ce n’est pas une façon de faire. Probablement, dans son cas comme dans le nôtre, c’est le poste budgétaire le plus important de la campagne. C’est quelque chose qui fait mal et qui, en même temps, ne sert personne.»

Dans le cas de M. Lamarche, une dizaine de ses pancartes ont disparu. Un nombre qui n’est pas anormal dans une campagne, selon les gens d’expérience qui font partie de son équipe. Il n’a d’ailleurs pas l’intention de porter plainte. 

La plainte de M. Aubin, qui a été déposée mardi, va être transférée au département des enquêtes. À la Direction de la police de Trois-Rivières, les patrouilleurs vont ouvrir l’œil afin d’éviter qu’une telle situation se reproduise. «Lors de la dernière campagne électorale, des pancartes avaient été incendiées, dans d’autres campagnes, c’est des moustaches qui poussaient, et là, ce sont des vols. Dès qu’il y a un élément déclencheur, c’est sûr et certain qu’il y a une attention spéciale qui est portée par les patrouilleurs. Oui, on va ouvrir l’œil d’ici la fin des élections», assure le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la Direction de la police de Trois-Rivières.

SAGA DES PANCARTES

Ce n’est pas le premier incident touchant la pose des pancartes depuis le début de la campagne électorale à la mairie. Rappelons que Jean Lamarche avait installé les siennes une journée trop tôt en raison d’une erreur de la présidente des élections. De plus, Éric Lord avait dû rappeler à l’ordre ses bénévoles après qu’une vidéo eut montré certains de ces derniers déplacer une pancarte de Jean Lamarche pour donner plus de visibilité à celle de leur candidat.

Avec Paule Vermot-Desroches