Tim Hortons a été vivement critiqué, au début janvier, lorsque deux franchisés de Cobourg, en Ontario, ont contrebalancé l’impact de la hausse du salaire minimum de l’Ontario en éliminant les pauses rémunérées de leurs employés et en forçant ces derniers à payer davantage pour conserver leurs avantages sociaux.

Une association de franchisés de Tim Hortons dénonce l’«intimidation» de RBI

TORONTO — Un groupe représentant environ la moitié des franchisés de Tim Hortons au Canada s’est engagé à faire «tout en (son) pouvoir» pour aider un de ses membres dont le renouvellement de licence a été refusé.

Dans une lettre transmise lundi aux franchisés, et dont La Presse canadienne a obtenu copie, le conseil de la Great White North Franchisee Association s’est dit «consterné» que le franchisé Mark Kuziora, qui détient deux cafés Tim Hortons, se soit prétendument fait dire par la société mère de Tim Hortons, Restaurant Brands International (RBI), au début avril, que le renouvellement de licence d’un de ses restaurants lui serait refusé à la fin août.

Le conseil a précisé que M. Kuziora négociait avec RBI et TDL Group, une filiale de Tim Hortons, depuis septembre, et qu’il tenait pour acquis que les négociations se déroulaient «de bonne foi». Selon le franchisé, RBI et TDL lui auraient transmis la semaine dernière un courriel «sorti de nulle part» dans lequel elles affirment qu’elles le contacteront dans les prochaines semaines pour discuter du transfert du restaurant à un nouveau propriétaire.

La GWNFA considère qu’il s’agit d’une tactique d’intimidation.

«La direction de RBI n’a aucune idée de la vigueur qu’aura notre réplique. Nous n’allons pas rester les bras croisés et permettre à un bon franchisé, qui se soucie profondément de ses collègues franchisés et de la marque, de se faire tasser de la sorte», a affirmé le conseil.

«Cette décision est injuste, elle n’est pas éthique, et elle démontre le manque de caractère de la direction de RBI. On ne peut pas lui faire confiance. Ne doutez pas un instant que vous puissiez être la prochaine victime.»

Tim Hortons a pour sa part expliqué, dans un courriel, que M. Kuziora n’avait pas de droit de renouvellement en vertu de l’entente du restaurant en question.

«Nous accueillons régulièrement de nouveaux propriétaires de restaurants et effectuons la transition de restaurants dans le cours normal de nos activités», affirme la déclaration.

Le président de la GWNFA, David Hughes, a qualifié les actions de l’entreprise de «grotesques». Selon lui, M. Kuziora a été «un franchisé exemplaire depuis des années et a donné son cœur et son âme à la chaîne».

M. Kuziora était récemment le principal demandeur dans une action collective qui reproche à RBI d’avoir utilisé de façon inappropriée près de 700 millions $ contenus dans un fonds national réservé à la publicité et le marketing.

À l’époque, RBI avait exprimé un désaccord «vigoureux» et rejeté les allégations.

Tim Hortons critiqué

La chaîne de cafés a fait les manchettes à quelques reprises ces derniers mois, pour diverses raisons. Elle a été vivement critiquée, au début janvier, lorsque deux franchisés de Cobourg, en Ontario, ont contrebalancé l’impact de la hausse du salaire minimum de l’Ontario en éliminant les pauses rémunérées de leurs employés et en forçant ces derniers à payer davantage pour conserver leurs avantages sociaux.

À la fin février, de nouvelles tensions sont apparues lorsque les caisses enregistreuses de certains franchisés ont été victimes de pannes intermittentes, ce qui aurait causé des fermetures des restaurants partielles et complètes. La GWNFA a demandé un dédommagement pour les pertes encourues liées au problème, causé par un virus, et a menacé de porter l’affaire devant les tribunaux si elle n’obtenait pas de rencontrer RBI pour discuter de ses «pratiques de technologies de l’information déficientes».

Un mois plus tard, de nouvelles altercations ont eu lieu en raison d’un projet de rénovation de 700 millions $ pour modifier l’allure des succursales de Tim Hortons. Selon la GWNFA, ces plans, qui demandaient aux franchisés d’allonger 450 000 $ chacun pour les rénovations, étaient «mal conçus».