Bertrand Déry continuera d’opérer le Marché Bonichoix le temps de réaliser la transaction avec les trois acquéreurs.

Un village du Lac-Saint-Jean évite de perdre son seul marché

La fermeture du Marché Bonichoix de L’Ascension-de-Notre-Seigneur au Lac-Saint-Jean, prévue initialement samedi, est évitée de justesse alors qu’une offre d’achat a été déposée au cours des derniers jours. Un employé et deux associés devraient assurer la relève du commerce qui est la propriété de Bertrand Déry depuis 24 ans.

Faute de relève, celui qui œuvre dans le domaine de l’alimentation depuis quatre décennies a annoncé à contrecœur, il y a plusieurs semaines, son intention de mettre la clé sous la porte le 31 août.

« Depuis quelques semaines, il y a des candidats qui se sont présentés. On a eu plusieurs visites. Une rencontre s’est avérée plus sérieuse que les autres. Au lieu de fermer le 31 août et de laisser les prochains propriétaires rouvrir dans deux ou trois mois, j’ai décidé, ce matin, de poursuivre les activités le temps de compléter la transaction pour ensuite prendre ma retraite », a-t-il confié, jeudi, au Quotidien.

Bertrand Déry a multiplié les actions et les discussions avec Sobeys Québec et d’autres personnes afin de trouver une relève, et ce, même après l’annonce de son intention de fermer l’unique épicerie de la municipalité. « Quand j’ai annoncé ma retraite, j’avais dit que j’allais aider de potentiels acquéreurs à faire la transition. C’est une bonne façon de les aider », a ajouté l’homme d’affaires de 67 ans.

En plus de conserver leur épicerie, lorsque le processus de transaction sera complété, les résidants de la municipalité située à une vingtaine de kilomètres d’Alma pourront pousser un soupir de soulagement alors que le commerce ne tombera pas entre les mains d’inconnus. Selon ce qu’il a été permis d’apprendre, le trio d’associés impliqués dans le processus d’achat provient du secteur. L’un deux est même un actuel employé du Marché Bonichoix.

Faute de relève, le propriétaire du Marché Bonichoix avait annoncé sa retraite et la fermeture du commerce le 31 août.

Le saut vers la retraite aura un goût moins amer pour celui qui pensait aux pertes d’emploi occasionnées par sa décision. « Les autres employés sont contents, ils préservent leur emploi. Malgré l’annonce de la fermeture, je n’ai pas perdu d’employés. Ils voulaient m’accompagner jusqu’à la fin », a souligné M. Déry.

Le propriétaire du Marché Bonichoix a confié avoir eu un pincement au cœur, jeudi matin, en annonçant avoir enfin trouvé de la relève.

« Ça reste mon bébé de 24 ans. J’ai passé plus de temps ici qu’avec ma famille. Les clients sont devenus des amis. Des fois, la santé nous oblige. J’ai eu un signe qui m’a dit de ralentir », a témoigné, dans son bureau, l’homme de 67 ans, qui a subi un infarctus au même endroit l’an passé.

Sans grande surprise, l’annonce de la poursuite des activités du Marché Bonichoix a été accueillie plus que favorablement dans la communauté d’un peu plus de 2100 habitants. Les clients et les employés se disaient soulagés, jeudi après-midi.

Services essentiels

Le maire de L’Ascension-de-Notre-Seigneur, Louis Ouellet, avait du mal à imaginer la disparition de ce commerce. « La date de fermeture du 31 août n’existe plus. Ça n’avait aucun sens de ne plus avoir ce service essentiel avec tous les projets que nous avons. J’espère que les gens ont pris toute la mesure de l’importance de ce commerce et de l’importance de l’achat local. Je pense que ç’a pu réveiller pas mal de gens », a-t-il répondu, lorsque contacté par Le Quotidien.

M. Ouellet a également souligné les efforts qui ont été déployés par plusieurs personnes afin de conserver le commerce.