Anne-Marie Olivier a été récompensée pour la pièce «Venir au monde».

Un Prix du Gouverneur général pour Anne-Marie Olivier

Récompensée mardi du prestigieux Prix littéraire du gouverneur général, dans la catégorie théâtre, pour sa pièce «Venir au monde», la directrice artistique du Trident, Anne-Marie Olivier, était «pleine d’incrédulité» lorsqu’elle a appris la nouvelle, il y a un mois. «Je ne pensais pas que ce que j’avais écrit avait de la valeur. Je croyais que c’était pas terrible.»

Jointe par Le Soleil mardi matin, l’heureuse lauréate explique qu’elle s’est souvent demandé, pendant la création de la pièce, si elle allait être à la hauteur de la centaine de témoignages «inestimables et précieux» recueillis autour du thème de la naissance d’un enfant, au cœur de son œuvre.

«J’ai été accompagnée par le doute, le syndrome de l’imposteur», mentionne-t-elle, ajoutant que cet honneur «inattendu» devait être partagé avec toute l’équipe de production. Venir au monde avait été présentée au Trident au printemps 2017, dans une mise en scène de Véronique Côté.

«Avec Véronique, on a joué avec les paramètres habituels pour se donner de la liberté jusqu’à la fin. Ç’a été un peu casse-cou pour se rendre jusqu’à la première. On était un peu essoufflées.»

Sensible et intelligent

Qualifiant la pièce de «portrait de société sensible et intelligent», dont «le texte s’articule autour d’une fusion mythique entre le fantastique et le quotidien dans une structure redoutablement efficace», le jury de trois membres a indiqué avoir été interpellé par «la langue aux accents poétiques ancrée dans le territoire [qui] crée une ode au courage des femmes».

Les personnages ont, en outre, été qualifiés de «puissants et attachants», et leurs histoires «criantes de vérité».

Anne-Marie Olivier était en compétition dans sa catégorie contre Christine Beaulieu (J’aime Hydro), Steve Gagnon (Os: la montagne blanche), Michel Tremblay (Enfant insignifiant) et Guillaume Lapierre-Desnoyers (Invisibles).

Dans la catégorie romans et nouvelles, le prix a été remis à Karoline Georges pour De synthèse (Éditions Alto), alors que Michaël Trahan l’a emporté dans la catégorie poésie pour La raison des fleurs (Le Quartanier). Le prix du meilleur essai est revenu à l’ex-collaborateur du Soleil Frédérick Lavoie pour Avant l’après: voyages à Cuba avec George Orwell (La peuplade).

La gouverneure générale du Canada, Julie Payette, remettra les prix aux gagnants le 28 novembre, à Rideau Hall, à Ottawa. 

Fondés en 1936, les Prix littéraires du Gouverneur général comptent parmi les plus anciennes et les plus importantes récompenses littéraires canadiennes. Chaque gagnant reçoit un montant de 25000$.