Une succursale de la Société québécoise du cannabis

Un premier syndicat séduit deux succursales de la SQDC

Le syndicat des Travailleurs et des Travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) sera responsable de la syndicalisation des employés de la Société québécoise du cannabis (SQDC) pour les succursales de Rosemont, à Montréal, et de Rimouski, dans le Bas-Saint-Laurent.

C’est ce qu’a indiqué l’organisation affiliée à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) par voie de communiqué, mercredi matin. Chaque succursale, douze sont maintenant ouvertes à travers la province, compte entre quinze et vingt travailleurs.

Les requêtes en accréditation ont été déposées au Tribunal administratif du travail le 16 octobre.

«Devenir membre des TUAC apportera à ces salariés tous les outils dont ils ont besoin pour améliorer leurs conditions de travail et faire progresser leurs revendications», indique Antonio Filato, président du conseil provincial des TUAC Québec.

De l’intérêt

Au cours des derniers mois, plusieurs centrales syndicales ont démontré de l’intérêt pour syndiquer les employés de la SQDC, dont la FTQ ainsi que la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

D’ailleurs, des responsables de ces deux organisations étaient présents, notamment à Québec, mercredi, lors de l’ouverture des succursales afin de discuter avec les employés.

C’était entre autres le cas du Syndicat des employés de magasin et de bureau de la SAQ (SEMB-SAQ), affilié à la CSN. Selon nos informations, plusieurs succursales auraient choisi de faire confiance à cette organisation pour la signature de leur première convention collective.

Des annonces devraient avoir lieu au cours des prochains jours. La direction du syndicat n’a toutefois pas voulu confirmer nos informations et aucune requête en accréditation n’avait encore été déposée en fin d’après-midi.

«La meilleure solution est d’avoir le plus de monde au même syndicat pour une question de pouvoir de négociation. Au lieu d’avoir plusieurs conventions, la meilleure solution est d’en avoir une seule qui va couvrir tout le monde», avance au Soleil la présidente du SEMB-SAQ, Katia Lelièvre, précisant que les démarches se poursuivent.

Des membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) étaient aussi présents devant les portes de certains points de vente.

Actuellement, les conseillers de la SQDC reçoivent un salaire de 14 $ de l’heure. Une progression salariale est prévue après 1040 heures travaillées.

À titre de comparaison, selon la dernière convention collective des employés de la SAQ, en 2016, un conseiller-vendeur débutait à 19,33 $ l’heure (38 328 $) et un conseiller en vin à 21,70 $ (43 033 $). Le salaire minimum au Québec est actuellement de 12 $ de l’heure.

Plusieurs syndicats ont dénoncé au cours des derniers mois le salaire offert par la SQDC.

Lors d’une entrevue avec Le Soleil, le président de la CSN, Jacques Létourneau, avait affirmé que cette offre salariale était insuffisante et n’avait aucun sens.

À terme, la nouvelle société d’État pourrait compter entre 2250 et 3000 employés.

Le syndicat des TUAC représente plus de 40 000 employés répartis dans plus de 650 commerces à travers la province. L’organisation compte parmi ses membres déjà des dizaines de milliers de travailleurs du cannabis du côté des États-Unis.