Le porte-feuille aurait au moins 51 ans.

Un portefeuille vieux d'un demi-siècle retrouvé dans un resto du Vieux-Québec

Un portefeuille perdu il y a environ un demi-siècle et retrouvé dans les murs du restaurant Le Continental, dans le Vieux-Québec, a entraîné une vaste recherche, mercredi, sur les réseaux sociaux.

Mardi, en fin d’après-midi, Carolan Guay a publié des photos d’un portefeuille qui, écrivait-elle, a été retrouvé dans les murs du Le Continental pendant des rénovations. 

En fait, la trouvaille a été faite au début des rénovations dans le restaurant à la fin mars, indique Christine Denis, du Continental. «Ce sont les entrepreneurs qui l’ont retrouvé entre deux murs.»

Sur Facebook, Mme Guay — qui mentionne avoir fait le ménage du chantier cette semaine — a invité ceux qui ont un «indice» à transmettre l’information au Continental.

Il n’en fallait pas plus pour déclencher une fouille généalogique. Plus de 11 000 personnes ont partagé sa publication sur Facebook et plus de 600 ont fait des commentaires sur son mur. Plusieurs d’entre eux ont tenté de faire leur petite enquête sur le propriétaire du bien perdu.

Le portefeuille décrépit laissait lui-même quelques indices. En plus d’une carte de don de sang et de 22 $, il contenait trois cartes sur lesquelles on peut lire le nom d’un certain René Grégoire, né le 8 octobre 1945, et habitant au 1105, rue Saint-Jean, appartement 303, à Québec. 

Son permis de conduire expirait en octobre 1967, ce qui laisse croire que le portefeuille a été perdu il y a au moins 51 ans, alors que l’homme était au début de la vingtaine ou en approchait. 

«On l’appelait Toto»

Après avoir lu un article du Soleil sur le Web mercredi matin, Chantal Litalien croit avoir reconnu le René Grégoire qu’elle a connu dans les années 60. 

Il ne semblait y avoir aucune photo de M. Grégoire dans le portefeuille. Mais Mme Litalien, qui est née en 1947, se souvient d’un René Grégoire qu’elle a côtoyé adolescente. 

Elle se rappelle qu’il demeurait dans un appartement rue Saint-Jean au-dessus d’un bureau de médecin, près de la côte du Palais — un emplacement qui semble concorder avec l’adresse sur le permis de conduire. 

«J’ai connu René, on l'appelait “Toto”», raconte Chantal Litalien, qui habite maintenant dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. [...] «Il n’était pas vieux quand il est décédé.»

Mme Litalien dit qu’elle fréquentait la même bande d’amis que René Grégoire dans les années 60. Dans le Vieux-Québec, ils se retrouvaient pour boire de la bière et bavarder, entre autres, de communisme et d’anarchisme. 

La septuagénaire affirme aussi avoir fait un cours de géographie avec René Grégoire au cégep (les cégeps sont nés en 1967). 

Elle croit aussi se souvenir qu’il a été fonctionnaire et qu’il détestait la chanson La Montagne, de Jean Ferrat, qui chantait Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires/ De quoi attendre sans s’en faire / Que l’heure de la retraite sonne.

Chantale Litalien raconte que, quelques années plus tard, elle a appris d’une amie que René Grégoire était mort à un jeune âge. Mme Litalien décrit René Grégoire comme un «bon gars» qui était plutôt «taciturne». «La fée de la joie n’était pas passée sur son berceau», dit-elle. 

Mercredi, une internaute a publié sur le mur Facebook de Carolan Guay un avis de décès au nom de René George Grégoire (le deuxième nom «George» figurait aussi sur sa carte d’assurance sociale). L’avis, tiré d’une des collections de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), indique que René Grégoire est mort le 25 juillet 1973 à Québec. 

Il aurait eu à l’époque 27 ans.

On y a trouvé trois cartes avec le nom de René Grégoire.