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Un policier de Québec coupable de voyeurisme

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
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Un sergent du Service de police de la Ville de Québec, Denis Gaudreau, a plaidé coupable à une accusation de voyeurisme et admis avoir installé une caméra dans une douche. Il a pu obtenir une absolution conditionnelle à une probation et à un don.

L’homme de 53 ans a éclaté en sanglots dans la salle d’audience mardi au moment de reconnaître les faits.

Le policier a admis avoir installé une caméra dans la douche d’une résidence de Lac-St-Charles.

En mars 2019, l’occupante de la maison, une femme dans la quarantaine, a fini par trouver une quinzaine de photos d’elle et de ses filles, âgées dans la jeune vingtaine, dans une tablette électronique du policier. Il y avait aussi quatre photos explicites dans le téléphone cellulaire personnel du policier.

Confronté, le policier a nié avoir eu une intention sexuelle en installant la caméra, reliée à une application sur sa tablette électronique. Il voulait exercer une surveillance, dira-t-il

Les plaignantes n’ont pas été convaincues par ses explications et ont appelé la police.

Denis Gaudreau a été arrêté par ses collègues du SPVQ puis relâché sous promesse de comparaître.

Une évaluation criminologique conclut que Denis Gaudreau a fait preuve d’un grand manque de jugement. Rien ne permet toutefois de déceler un trouble de voyeurisme ou une déviance quelconque, indique le criminologue évaluateur.

Denis Gaudreau a dit regretter ses actes et se montre ouvert à suivre une thérapie.

La défense a demandé à ce que le policier puisse bénéficier d’une absolution conditionnelle. Denis Gaudreau souhaite pouvoir continuer sa carrière dans le domaine de la sécurité privée ou comme consultant et aussi pouvoir aider un ami à s’occuper de sa maison aux États-Unis. Une absolution conditionnelle permet le retrait du casier judiciaire après trois ans.

La Couronne ne s’est pas opposée à l’absolution, mais a préféré laisser le juge Hubert Couture trancher sur la peine appropriée.

Le juge Couture a souligné qu’à ses yeux, les crimes du policier s’apparentaient à un «viol d’intimité». Il note que l’accusé a fait une prise de conscience. «Il y a un début de responsabilisation et une reconnaissance de son manque total de jugement», constate le juge Couture.

Le juge a accepté d’accorder l’absolution, conditionnelle à une probation de 12 mois et à un don de 4000$. Denis Gaudreau aura l’interdiction formelle de communiquer avec les plaignantes.

Les plaignantes n’ont pas témoigné durant les procédures judiciaires. Par le biais du procureur de la Couronne, elles ont dit s’être senties trahies.

Une ordonnance de non-publication couvre l’identité des plaignantes et tout élément permettant de les identifier.

Le sergent Gaudreau était suspendu administrativement depuis son arrestation. La Ville de Québec indique que le dossier sera analysé et qu’une décision sera prise et rendue publique éventuellement concernant cet employé.