À l’incubateur Le Camp, le pdg de E-nundation, Hachim Agili, présente son outil révolutionnaire qui permettra aux citoyens et aux municipalités de prévenir les risques des inondations.

Un outil pour prévenir le risque d’inondation [VIDÉO]

Cet automne, les résidents de l’Outaouais et de Montréal pourront s’informer sur le niveau de risque d’inondation de leur propriété, ses dommages potentiels et le nombre de sacs de sable à utiliser pour la sauver grâce à l’outil E-nundation, un projet innovateur qui couvrira l’ensemble du Québec dans les prochaines années.

À l’incubateur Le Camp, le pdg de E-nundation présente son outil révolutionnaire. Dans une ambiance très décontractée, où travaillent de jeunes entrepreneurs, Hachim Agili explique que son logiciel permet aux citoyens et aux municipalités de prévenir les risques des inondations. 

«L’idée est d’offrir aux citoyens un rapport de risque qui contient beaucoup d’informations sur le niveau de risque d’inondations», souligne Hachim Agili. En utilisant cet outil, les citoyens auront accès à un rapport personnalisé qui comporte plusieurs volets : la probabilité d’inondation de leur propriété et des routes inondées, les dommages potentiels et le nombre de sacs de sable dont ils auront besoin pour protéger leur propriété. «C’est un outil qui pourra aider à prendre des décisions éclairées, que ce soit pour protéger leur maison, pour en acheter une et pour voir le niveau de risque auquel ils sont exposés», détaille le jeune trentenaire, doctorant en sciences de l’eau.

Ce logiciel permettra aussi aux municipalités de simuler des inondations et de prévenir les risques. «La majorité des municipalités au Québec sont toujours en réaction aux inondations, et c’est un grand problème. L’idée de notre logiciel est de développer une culture proactive pour nos municipalités au Québec et au Canada», affirme-t-il, en pointant une carte du Québec colorée par les données de risques d’inondations. Selon lui, en utilisant son logiciel, les municipalités pourront optimiser leurs interventions en cas d’inondation. «Cela va réduire les coûts d’intervention avant, pendant, et après les sinistres», se réjouit celui qui travaille sur ce projet depuis plus de cinq ans. Il souhaite aussi consulter les différentes firmes d’assurances et d’immobilier.

Un logiciel distinctif

L’idée d’E-nundation est née à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). Les créateurs ont travaillé sur ce concept pendant huit ans. Hachim Agili s’est joint à leur équipe pour les quatre dernières années. Après avoir créé cet outil, ils ont voulu le commercialiser, mais ont rencontré quelques problèmes. «Nous avons développé un outil qui peut aider la société et nous avons voulu le commercialiser pour l’étendre sur tout le territoire québécois et canadien. Cependant, la mission de l’INRS est de faire de la recherche et de produire quelque chose qui fonctionne. Ce n’est pas de la mettre sur le marché», explique-t-il.

En 2017, avec plusieurs collègues, il a décidé de fonder Géosapiens, une entreprise d’analyse et de gestion de risque d’inondation. Ce n’est qu’en octobre 2018 qu’ils ont pu faire connaître leur outil au Défi Aquahacking, une compétition technologique qui encourage de jeunes entrepreneurs à proposer des solutions pour résoudre des problèmes liés à l’eau. «Nous avons gagné le premier prix et cela nous a permis d’avoir 25 000 $ et un partenariat avec l’incubation Le Camp. C’était un réel tremplin pour démarrer les activités de l’entreprise», se réjouit-il. Ils sont maintenant quatre à travailler activement sur le projet de E-nundation.

En mars dernier, ils ont reçu une subvention du Ministère de l’Économie et de l’innovation. Le 28 mai, Hachem Agili a été le récipiendaire du prix d’entrepreneur social Mitacs, un organisme national de recherche sans but lucratif, pour l’aspect communautaire de leur logiciel. «Notre projet développe des solutions qui vont servir à la société. On souhaite augmenter la résilience et la durabilité de nos municipalités», conclut-il, très heureux du résultat.