Le saxophoniste Bruno Girard a joué des chansons de Nana Mouskouri, Gilbert Bécaud et Julie Daraîche pour son ami en fin de vie.
Le saxophoniste Bruno Girard a joué des chansons de Nana Mouskouri, Gilbert Bécaud et Julie Daraîche pour son ami en fin de vie.

Un musicien joue du saxophone pour son ami en fin de vie

Bruno Girard dépose ses instruments dans son camion: deux saxophones, un accordéon et un harmonica. Il s’en va jouer pour son ami qui est en fin de vie.

C’est dimanche et il fait froid. Bruno gare son véhicule devant le centre de soins palliatifs et attrape ses instruments. En raison des mesures sanitaires, il doit rester à l’extérieur du bâtiment.

« Il voulait que je lui joue du saxophone. Il avait demandé ça », explique le musicien. Aussitôt dit, aussitôt fait : il se place devant la fenêtre ouverte de la chambre de son ami et joue les premières notes.

« Il m’a reconnu dès qu’il m’a vu, dit le saxophoniste. Il m’a souri, il avait les larmes aux yeux. » Bruno joue quelques morceaux. Une infirmière prend la scène en photo.

Tous les patients de l’étage ouvrent leur fenêtre pour tendre l’oreille. « Les gens ont beaucoup apprécié, dit Marie-Lyne Fortin, directrice de Soli-Can. C’est rare qu’on ait de la musique. »

Le temps froid met fin au concert après quelques minutes : « Ça n’a pas été très long, mais je vais essayer d’y retourner », explique Bruno Girard, qui garde ses instruments dans son véhicule pour être prêt.

Il n’en est pas à son premier récital : le musicien est habitué d’offrir des concerts dans les salons de personnes âgées. Il joue aussi de la musique folklorique dans différentes villes de la région.

C’est d’ailleurs lors d’une soirée musicale que les deux amis se sont rencontrés il y a une dizaine d’années. Ils ont souvent renouvelé l’expérience par la suite. « Pendant les soirées, il dansait et moi je jouais de la musique », explique Bruno Girard.

Des initiatives appréciées

Depuis le début du confinement, les visites à la fenêtre sont de plus en plus courantes à Soli-Can. Comme les patients doivent choisir seulement dix personnes qui pourront entrer, les autres doivent faire leurs adieux à la fenêtre.

Au courant des derniers mois, les employés de Soli-Can ont redoublé d’efforts pour apporter du réconfort aux patients. « On a même préparé une fondue pour un couple qui fêtait son anniversaire de mariage », raconte Mme Fortin.

Une infirmière de Soli-Can est aussi pianiste amateur et offre de petits concerts aux patients de temps à autre. « Faut saisir la petite étincelle, dit Marie-Lyne Fortin. Ce sont des choses qu’on ne fait pas habituellement, mais là ça nous fait plaisir. »

*La famille du patient a tenu à garder l’anonymat, c’est pourquoi le nom de son ami en fin de vie ne figure pas dans cet article.