Ruth Ellen Brosseau
Ruth Ellen Brosseau

Un mode de vie et une passion pour Ruth Ellen Brosseau

YAMACHICHE — «Mon travail, je le vois plus comme un mode de vie et une passion. Et j’apprends!»

Le sourire de Ruth Ellen Brosseau est perceptible au bout du fil. L’ancienne députée néo-démocrate de Berthier-Maskinongé vient d’obtenir un premier emploi après son séjour en politique qui a pris fin l’automne dernier, alors qu’elle a intégré il y a deux semaines l’équipe du Marché Godefroy à titre de responsable de la mise en marché virtuelle des produits agroalimentaires de ce marché de Bécancour. Le marché a mis en place une boutique en ligne afin d’aider les producteurs à vendre leurs denrées par le biais d’une plateforme numérique.

«Je suis vraiment contente. J’ai été approchée par un membre du conseil d’administration. Je suis ravie de prendre ce défi. J’adore l’achat local, travailler avec les producteurs. Tous les jours sont différents.»

La jeune femme de l’Outaouais n’avait jamais mis les pieds dans Berthier-Maskinongé durant la campagne électorale de 2011. Après son élection, elle s’est transformée en députée appréciée de ces concitoyens et de ses collègues politiciens et ensuite en fermière depuis qu’elle partage la vie de Nicolas Gauthier, propriétaire de la ferme le Rieur Sanglier de Yamachiche. Si le Marché Godefroy est son premier employeur depuis son passage en politique, Mme Brosseau ne compte pas ses heures à la ferme de son conjoint.

«J’adore vivre en campagne, avec les animaux. Je travaille à la ferme, je fais mon possible pour suivre Nicolas! Je m’occupe de l’emballage à la boutique, de gérer les médias sociaux. Et j’ai un projet de poulailler».

Ruth Ellen Brosseau a entre autres été porte-parole adjointe en agriculture et en agroalimentaire pour le Nouveau Parti démocratique. C’est d’ailleurs durant ses nombreuses visites à des marchés locaux à titre de députée que cette végétarienne a rencontré ce producteur de sangliers.

Ruth Ellen Brosseau a entre autres été porte-parole adjointe en agriculture et en agroalimentaire pour le Nouveau Parti démocratique.

«Ça ne me dérange pas du tout! Je n’ai pas de misère à cuisiner la viande, mais je n’en mange pas par choix personnel. Et mon gars est un vrai carnivore», raconte Mme Brosseau à propos de son fils maintenant âgé de 19 ans et qui prend soin de ses grands-parents à Gatineau en cette période de pandémie.

Malgré les quelque 300 km qui séparent Yamachiche d’Ottawa, Ruth Ellen Brosseau continue de s’intéresser de près à la politique fédérale. Elle suit les décisions prises par le gouvernement libéral durant la crise de la COVID-19 et selon elle, le gouvernement s’en tire bien.«Je pense qu’il fait un bon job. Le gouvernement fait son possible.»

Mme Brosseau se réjouit de voir que le gouvernement de Justin Trudeau est ouvert à travailler avec les partis d’opposition durant cette crise, une situation qui découle directement de sa minorité à la Chambre des communes.

«Que ce soit au fédéral ou au provincial, les gens ne veulent pas voir les élus se battre entre eux. Ils veulent voir moins de partisanerie et plus de collaboration. J’ai eu la chance de représenter Berthier-Maskinongé, avec des gouvernements majoritaires, et il n’y avait aucune collaboration. Maintenant, il est minoritaire. Il n’a pas le choix. Il y a plusieurs mesures qui ont été adoptées par le gouvernement qui proviennent du NPD, comme le programme d’aide pour les étudiants.»

Mme Brosseau donne une bonne note à ses amis du NPD durant la pandémie. Selon elle, le parti va bientôt annoncer la création de comités dont le mandat sera d’établir une vision et des propositions pour l’après-COVID-19.

L’allure de la discussion avec Ruth Ellen Brosseau démontre qu’elle n’a rien perdu de sa passion pour la politique. Veut-elle remonter dans l’arène?

Ruth Ellen Brosseau travaille aussi à la ferme de son conjoint à Yamachiche.

«Il y a des moments où je m’ennuie de la politique. Je m’ennuie de mes collègues de la Chambre des communes. Je vais toujours adorer la politique. Mais il y a d’autres façons de s’impliquer sur le terrain. Ce que j’aime le plus actuellement est d’avoir du temps en famille. C’est trop tôt pour dire si je fais un retour en politique. Qui sait? On est en situation de gouvernement minoritaire. Mais il n’y a pas un parti prêt à déclencher une élection. Et je suis vraiment heureuse. C’est passionnant de travailler à la ferme.»