L'accusé s’est rangé dans un stationnement à étages de Chicoutimi et a tenté d’embrasser la jeune fille.

Un intervenant jeunesse coupable d'agression

Jean-Philippe Tremblay, intervenant en Centre jeunesse du Saguenay–Lac-Saint-Jean, a été reconnu coupable d’agression sexuelle sur une jeune fille de 17 ans de Montréal qui était en fugue.

L’accusé a tenté d’embrasser l’adolescente à deux reprises, lui a mis la main sur la cuisse et est allé jusqu’à mettre un doigt dans le vagin et dans l’anus de la jeune fille. Jean-Philippe Tremblay a nié les gestes, mais a reconnu que la victime avait refusé ses avances.

Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, a rendu son jugement, lundi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. Sa décision est sans équivoque. Il n’a pas cru la version de l’accusé, alors que celle de la victime a été maintenue du début à la fin.

L’histoire remonte à la nuit du 11 au 12 mai 2017, à Chicoutimi. La jeune fille travaillait dans un bar, même si elle n’était pas majeure. En fin de soirée, elle est sortie à l’extérieur pour fumer une cigarette en compagnie de l’accusé. Elle s’est alors aperçue que sa bourse avait été volée.

En bon Samaritain, Jean-Philippe Tremblay lui a offert de rechercher le voleur dans les rues du centre-ville de Chicoutimi.

Après un tour rapide, le client de Me Charles Cantin s’est rangé dans un stationnement à étages de Chicoutimi. Il a tenté d’embrasser la jeune fille. Pas une, mais deux fois. Chaque tentative a essuyé une fin de non-recevoir. Il a avoué, aussi, avoir mis sa main sur la cuisse de la victime.

Celle-ci a quitté le véhicule en criant, affolée. La jeune fille a intercepté un véhicule sur la rue Racine, et l’occupant s’est trouvé à être un policier de l’extérieur en civil. Ce dernier a raconté que l’adolescente était en crise et paniquée.

Au poste de police, elle a donné le numéro de la plaque d’immatriculation du véhicule de Tremblay.

L’accusé a modifié sa version lors de son interrogatoire avec la police, relate le magistrat. Il ne se souvenait pas lui avoir mis la main sur la cuisse, mais a fini par avouer. Même chose sur le fait qu’il se soit retrouvé dans le stationnement à étages.

Tremblay a d’abord indiqué à l’enquêteur du Service de police de Saguenay que c’est la jeune fille qui lui a dit d’aller au stationnement à étages. Il a ensuite mentionné qu’il voulait se rendre au poste de police du centre-ville, mais des travaux routiers l’avaient plutôt amené au stationnement à étages.

« Il y a des contradictions dans ce que vous avez raconté. Comme le fait d’avoir d’abord dit ne pas savoir pourquoi elle criait et qu’elle frappait à coups de pied dans la voiture, pour ensuite dire que c’était parce que vous aviez essayé de l’embrasser. »

Le juge Richard Daoust estime que la preuve de la Couronne a été démontrée hors de tout doute raisonnable. Il entendra les représentations sur sentence le 5 novembre. ­

« Et sur le fait que vous avez dit à l’enquêteur qu’il ne s’était rien passé, mais une fois où vous avez été confronté à la possession d’images vidéo et à des preuves d’ADN, vous avez dit que l’on en retrouverait peut-être sur sa joue et son oreille », mentionne le juge.

Ce dernier a aussi sursauté au procès lorsque l’accusé est venu dire que la jeune fille l’avait embrassé sur la bouche au bar, un élément qui n’avait jamais été soulevé auparavant.

« Je ne crois pas votre version. Par contre, celle de la victime a été la même du début à la fin. Sa crédibilité a été rehaussée. Elle n’avait rien à gagner à aller voir la police, car elle était en fugue et n’avait rien à gagner contre vous, car elle ne vous connaissait pas », a conclu le juge Daoust.

L’intervenant a été reconnu lorsque la victime a été amenée au Centre jeunesse de Chicoutimi. Elle était arrivée face à face avec lui.