Le feu qui a ravagé cet édifice du centre-ville de Matane a fait un mort et un blessé.

Un incendie fait un mort à Matane

MATANE – Un violent incendie qui s'est déclaré vers 4h30 dimanche matin, dans un édifice de trois étages du centre-ville de Matane, a fait un mort et un blessé.

L'édifice, qui est déclaré perte totale, abritait quatre logements aux étages supérieurs et deux commerces au rez-de-chaussée. Lorsque les pompiers sont arrivés sur les lieux, certains locataires avaient réussi à fuir le brasier, tandis que les autres occupants ont été évacués, tout comme les locataires d'un bâtiment voisin, cela par mesure préventive. Une personne a été transportée en ambulance à l'hôpital de Matane, «mais sa vie n'est pas en danger», confirme l'agente d'information de la Sûreté du Québec (SQ), Christine Coulombe. Mais, pendant que le feu continuait à faire rage, une personne manquait toujours à l'appel. 

Ce n'est que vers 9h dimanche matin, lorsque l'incendie a été maîtrisé, «que les pompiers sont entrés à l'intérieur et qu'ils ont découvert un corps dans les décombres», raconte la sergente Coulombe. «Cette personne devra être identifiée formellement», a-t-elle indiqué.

Cet incendie mortel a soulevé beaucoup d'émoi dans la population matanaise, surtout chez les résidents du centre-ville. Pendant que Le Soleil était sur les lieux du sinistre, un homme est arrivé en catastrophe, visiblement ébranlé par la scène. «Il manque quelqu'un, a-t-il crié nerveusement. C'est mon frère!» Immédiatement, un enquêteur a pris en charge l'individu pour l'amener à sa voiture.

Une section de l'avenue Saint-Jérôme, qui traverse le centre-ville de Matane, est interdite à la circulation puisque la SQ a érigé un large périmètre. Pendant la présence du Soleil aux abords du périmètre, une escarmouche a éclaté entre un homme d'âge mûr et les forces de l'ordre. L'homme a bousculé une policière afin de pénétrer à l'intérieur du périmètre. Deux agents de sexe masculin sont intervenus. «Arrêtez de vous en prendre à nos collègues féminines», a vociféré un policier envers l'individu récalcitrant, qui serait connu des policiers pour s'en prendre aux femmes qui pratiquent la profession.

«La cause de cet incendie majeur est inconnue pour le moment», précise la porte-parole de la police. Les enquêteurs des crimes majeurs de la SQ sont sur place pour expertiser la scène.

Commerces aussi une perte totale

Même si le feu n'a pas atteint les deux commerces du rez-de-chaussée, ils sont tout de même une perte totale «à cause de la fumée et de l'eau», confirme la propriétaire de la Boutique Jeunesse. «J'avais pour environ 160 000 $ d'inventaire, se désole Annie Ouellet. Cette semaine, j'avais reçu pour 15 000 $ de manteaux. Nous, on se dit que c'est du matériel. J'ai des bonnes assurances. On peut juste se relever les manches et essayer de rouvrir. Si je pense à la famille de la personne qui est décédée, c'est cent fois pire que moi!» La commerçante connaissait les locataires des étages supérieurs seulement de vue. «Mais, ça m'attriste quand même», souligne-t-elle.

La propriétaire du commerce, qui est opéré par la même famille depuis 45 ans, a été prévenue du sinistre par l'une de ses employées vers 7h30 dimanche. «C'était sorti sur les médias sociaux, ce qui fait que je recevais déjà plein de messages qui disaient qu'on était de tout coeur avec moi, raconte Mme Ouellet. Mais, je ne comprenais pas trop, j'étais endormie.» La femme d'affaires tient à remercier les pompiers. «Ils se sont empressés de sortir mon bureau et tous mes papiers importants dehors», précise-t-elle, encore impressionnée. 

Annie Ouellet confirme déjà qu'elle redémarrera sa boutique dès qu'elle aura trouvé un local qui lui conviendra au centre-ville de Matane. «J'ai une bonne clientèle, j'ai une bonne équipe et j'ai de bons fournisseurs, signale la dame qui a acheté le commerce de sa mère, il y a 12 ans. Je ne me vois pas faire autre chose. C'est ce que j'ai choisi de faire. J'aime trop ça et j'aime trop ma clientèle!»