Les images du husky aux crocs acérés qui assaille son caniche secouent toujours sa maîtresse, Manon Tanguay. «Il l’a secouée comme une poupée de chiffon. Elle hurlait à mort», a confié la victime.

Un husky attaque une femme et son chien

Une balade dans les rues de Granby s’est terminée en histoire d’horreur pour une femme, lundi soir. La dame et son chien ont été gravement blessés lorsqu’un husky les a assaillis. Le petit caniche lutte pour sa vie, tandis que sa maîtresse a été amputée du bout d’un doigt. L’animal fautif a été pris en charge par la SPA des Cantons, qui l’évaluera.

Un peu avant 19 h, Manon Tanguay marchait avec son animal de compagnie aux abords de la rue Paré, près de l’hôpital. En quelques secondes, tout a basculé lorsqu’un husky, qui n’était pas en laisse, s’en est pris à la petite chienne. « Quand je suis arrivée devant la quatrième maison, j’ai eu l’instinct de me tourner à gauche. J’ai vu le chien dans le cadre de porte qui fonçait vers nous. Je me suis penchée vers Minnie pour l’attraper, mais il était trop tard. L’animal l’avait déjà dans sa gueule. Il l’a secouée comme une poupée de chiffon. Elle hurlait à mort », a confié la victime, des trémolos dans la voix. 

La dame a rapidement tenté d’extirper son animal des crocs acérés de la bête. « Tout de suite, j’ai mis ma main gauche dans la gueule de l’animal pour qu’il l’ouvre. J’ai senti qu’il me mordait un doigt. Ma chienne était en danger. Je n’ai pas réfléchi. J’ai pris mon autre main et j’ai réussi à ouvrir de force sa gueule. J’étais face à face avec lui. Il aurait pu me sauter au visage », s’est remémoré Mme Tanguay, toujours sous le coup de l’émotion.

Urgence

Sa chienne maculée de sang collée sur sa poitrine, la femme a vu du coin de l’œil le propriétaire du husky arriver. « Je ne sais pas ce qu’il faisait, a-t-elle dit, mais ça a été long, très long avant qu’il intervienne. » Au même moment, de bons Samaritains interpellés par les cris d’horreur ont appelé les policiers. Or, il n’était pas question de perdre une seconde. La victime était déjà repartie en direction de sa demeure, à quelques minutes de là. « Je remercie les gens qui ont voulu m’aider. Mais ma priorité était de sécuriser l’état de Minnie, a indiqué la secrétaire médicale. Je ne pouvais pas attendre. Elle avait besoin de soins d’urgence. »

En peu de temps, la dame et son conjoint étaient en direction de la clinique vétérinaire de Granby. Étant donné la gravité de ses blessures, la petite femelle de cinq ans a dû être transférée dans un hôpital vétérinaire de Brossard. Elle demeure en observation. Les prochaines heures seront cruciales pour déterminer les séquelles que pourrait garder l’animal. 

De son côté, sa maîtresse a été transportée à l’hôpital de Granby. « En voyant ma blessure, je savais que j’étais amputée d’un doigt. Je n’ai même pas essayé d’arrêter le sang. J’étais en état de choc. On protège nos enfants, nos bébés en premier, a dit la mère d’un adolescent. Le mien n’allait pas bien. J’espère qu’on va pouvoir sauver Minnie. »

La petite Minnie demeure sous observation. Les prochaines heures seront cruciales pour déterminer les séquelles que l’animal pourrait garder.

Sensibilisation

Manon Tanguay a décidé de raconter ce qu’elle a vécu pour sensibiliser les propriétaires de chien à l’importance de ne pas banaliser le fait de garder un animal sans laisse. « Les gens qui ont de gros chiens, soyez responsables et gardez vos chiens attachés et sous surveillance. Ça pourrait éviter des drames. »

Le directeur de la SPA des Cantons, Carl Girard, abonde dans le même sens. « Les gens veulent protéger leur chien. C’est un réflexe qui est 100 % humain. Le chien, quand il commence à se chicaner, il ne voit plus clair. Il mord ce qu’il y a autour. C’est malheureux, mais c’est vraiment typique. Il faut que les gens gardent leur chien attaché. C’est la solution. »

Évaluation 

La SPA des Cantons a placé le husky en quarantaine. « On fait le moins possible de manipulations durant les trois premiers jours. On le laisse décompresser. Après, on va faire l’évaluation », a expliqué le spécialiste canin.

Le processus se déroule sur deux jours. Dans ce cas-ci, l’examen devrait être réalisé vendredi et samedi. Au terme de la démarche, des recommandations seront formulées aux policiers de Granby, qui devront rendre une décision. « Généralement, on va donner des conditions de garde, mais ça peut aller jusqu’à l’euthanasie, selon ce qui ressort au niveau de la dangerosité de l’animal », a mentionné M. Girard. 

Le service de police mène également une enquête. Des procédures judiciaires pourraient être entreprises auprès du propriétaire de l’animal, qui a été rencontré par les agents. L’homme sera à nouveau interrogé pendant l’investigation, en vertu de la réglementation municipale et même du Code criminel. 

Saison propice

Au cours des dernières semaines, au moins deux autres incidents impliquant des chiens sont survenus sur le territoire de La Voix de l’Est. Deux chiens de race boxer s’en sont pris à une cycliste près du lac Selby, dimanche, en fin d’après-midi. La femme a été mordue à un mollet. 

Quelques jours auparavant, une dame âgée de 60 ans a été attaquée par deux chiens sur une propriété située sur la route 112 à Saint-Césaire. Elle souffre de graves blessures. Les médecins ont longtemps craint pour sa vie. 

La saison estivale est propice à ce type d’incidents, a affirmé Carl Girard. « C’est la saison, a-t-il dit. Il y a plus de va-et-vient. Les gens vont ailleurs. On a des personnes à la maison, on prend une bière, le BBQ, on s’occupe moins du chien, et il arrive un accident. Quand vous avez de la visite, vous avez un changement de routine, donc surveillez votre animal. Mettez-le dans une pièce à part. On le dit chaque année. »