Un homme de Jonquière coupable d’inceste une deuxième fois

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Un individu de 50 ans qui demeure à Jonquière a forcé sa fille à avoir des relations sexuelles complètes avec lui, plusieurs fois par semaine, alors qu’elle avait entre 12 et 17 ans. Il a aussi avoué avoir agressé sa propre sœur, dans les années 80. L’homme, qui a plaidé coupable à de nombreux chefs d’accusation d’inceste, vendredi, au Palais de justice de Chicoutimi, avait été condamné à cinq ans de pénitencier en 2015, également pour inceste, cette fois pour des crimes commis sur son autre fille.

L’homme, dont on ne peut dévoiler le nom puisque cela identifierait les victimes, a plaidé coupable à 12 chefs d’accusation d’inceste et de harcèlement devant le juge de la Cour du Québec Pierre Lortie, vendredi matin. Sa fille, qui est aujourd’hui une jeune adulte, l’avait dénoncé l’été dernier.

L’homme a admis avoir eu des relations sexuelles complètes avec sa jeune fille, qui avait 12 ans lorsque les agressions ont débuté. La victime a expliqué aux policiers que son père, qui s’occupait de ses trois files pendant que leur mère travaillait, lui faisait subir ses pulsions sexuelles plusieurs fois par semaine, entre 2009 et 2013. L’adolescente, qui a parlé d’un climat de terreur et d’agressivité à la maison, n’avait pas dénoncé à ce moment-là.

Mais le père incestueux avait néanmoins été condamné à cinq ans de pénitencier pour des crimes similaires, commis sur une autre de ses filles. C’était en 2015.

Accusé à nouveau

L’an dernier, alors que l’individu était sorti de prison, la seconde victime a décidé de se rendre au poste de police pour dénoncer les gestes commis avant sa condamnation.

« La victime a eu un enfant et elle s’inquiétait de ce qui pourrait arriver avec son père. Elle est une jeune femme très pudique et ç’a été très difficile pour elle de dévoiler cette histoire », a expliqué la procureure de la Couronne Me Nicole Ouellet.

Lorsqu’il a été arrêté par les policiers, le père incestueux a fait des déclarations incriminantes concernant des gestes qu’il avait posés dans les années 80, cette fois sur sa soeur. Cette dernière n’avait que 7 ans lorsque l’individu, qui était mineur lorsque les touchers ont commencé. Elle n’a pas voulu s’impliquer dans le processus judiciaire, mais des accusations ont tout de même été portées, puisque l’homme avait fait des aveux.

La procureure de la Couronne, Me Nicole Ouellet

Encore une fois, on parle de relations sexuelles complètes, subies durant plusieurs années.

« Il a affirmé être amoureux de sa soeur à l’époque et qu’il pensait se marier avec elle », a expliqué Me Ouellet, lors de l’exposé des faits.

« Il disait lui faire du bien », a ajouté la procureure de la poursuite.

L’individu a plaidé coupable à l’ensemble des chefs qui pesaient contre lui, mais ne s’est pas adressé au tribunal.

La confection d’un rapport prédécisionnel et d’une évaluation sexologique complète a été ordonnée par le juge Lortie, à la demande des deux parties.

L’homme, qui est représenté par Me Nicolas Gagnon, s’expose à une peine minimale de cinq ans de pénitencier, puisqu’il s’agit de dossiers d’inceste.

« Cinq ans, fois deux », a prévenu l’avocate de la Couronne, faisant référence aux deux victimes.

Le père incestueux reviendra au Palais de justice de Chicoutimi le 30 novembre, pour les observations sur la peine.

D’ici là, il doit respecter plusieurs conditions, notamment celle de ne pas communiquer avec les victimes.