Un enfant handicapé reconduit à la mauvaise adresse

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
LOUISEVILLE — Une erreur commise par le chauffeur d’un autobus de transport adapté suscite la colère et l’incrédulité de parents de Louiseville. C’est qu’après l’école, lundi, le chauffeur a voulu déposer le petit William, 7 ans, à son domicile alors que la carte d’embarquement précisait qu’il fallait plutôt aller le déposer au service de garde de l’école primaire de Louiseville.

Les parents de cet enfant, qui est handicapé et en fauteuil roulant, travaillent et n’étaient donc pas à la maison au retour de l’école de leur fils. C’est pourquoi il était bien précisé sur la carte d’embarquement de l’enfant que c’est au service de garde qu’il fallait aller le déposer.

Selon le Centre de services scolaire (CSS) du Chemin-du-Roy, la voisine des parents serait alors sortie pour dire au chauffeur d’aller reconduire l’enfant chez ses grands-parents. La voisine aurait alors communiqué avec les grands-parents pour les aviser que l’autobus allait leur porter l’enfant, affirme Anne-Marie Bellerose, responsable des communications au CSS.

Une préposée était dans l’autobus avec le chauffeur et s’est assurée que le garçon identifie bien ses grands-parents avant de leur confier, dit-elle. C’est du moins ce que le transporteur a expliqué au CSS.

Cette situation «n’est pas acceptable pour nous», ajoute-t-elle, car le chauffeur n’a pas suivi les consignes. Comme chaque année, le 24 août dernier, le CSS a en effet rencontré les transporteurs scolaires afin de leur expliquer qu’en pareille situation, en cas de doute, le chauffeur doit toujours communiquer avec son répartiteur qui, lui, possède le numéro de toutes les personnes qui s’occupent d’un enfant.

De toute évidence, dit-elle, la chaîne de communication n’a pas été suivie.

Une erreur commise par le chauffeur d’un autobus de transport adapté suscite la colère et l’incrédulité des parents de William, 7 ans.

Le garçon «n’a pas été laissé seul au bord de la route» tient à préciser Mme Bellerose.

C’est qu’en se dirigeant vers la maison des grands-parents, «le chauffeur a manqué l’adresse» et s’est retrouvé à 2 ou 3 maisons de là, explique-t-elle en assurant que les grands-parents sont bel et bien venus chercher leur petit-fils à l’autobus.

«C’est une grosse erreur», reconnaît Mme Bellerose. «C’est inacceptable pour nous.» Le CSS a été mis au fait de cet événement mardi matin. «Ce sont des histoires qu’on n’aime pas entendre. Dès qu’on a été mis au fait, on a communiqué avec le transporteur concerné», dit-elle.

«On s’est assuré de faire un retour avec notre transporteur pour que cette situation-là ne se reproduise plus. L’enfant avait sa carte d’embarquement. C’est très clair qu’il devait être reconduit au service de garde et non chez lui ou chez la grand-maman», dit-elle.

Le chauffeur était venu chercher l’enfant le matin même à la maison, à Louiseville, pour le transporter jusqu’à l’école Marie-Leneuf à Trois-Rivières et il l’a ramené à la maison» en fin de journée, raconte Mme Bellerose. «Le chauffeur a été avisé que les parents n’étaient pas là. Les parents travaillent. La voisine a pu communiquer avec les grands-parents par téléphone», explique-t-elle. Ces derniers demeurent sur un «chemin très, très passant et quand il est arrivé à l’adresse des grands-parents, l’autobus a comme manqué l’adresse et il y avait de la circulation, donc il s’est arrêté deux ou trois maisons plus loin. L’information que nous avons de notre transporteur, c’est qu’il a vraiment validé, lorsque la grand-maman est venue rejoindre l’enfant, que c’était bien la grand-maman», précise Mme Bellerose.

«On va s’assurer que ça ne se reproduise plus, que ce soit cet enfant ou n’importe quel autre.» Un rappel sera également fait aux transporteurs avec qui le CSS a des contrats de service, dit-elle. «On veut que ce soit A-1, mais la rentrée, c’est une grosse, grosse mécanique dans le transport. On signe un contrat pour qu’ils respectent les trajets qu’on fait pour nos élèves», fait-elle valoir.

Il n’a pas été possible de parler à la mère, mardi. Sur sa page Facebook, toutefois, Patricia Forget semble avoir une version différente du CSS. Elle estime que le chauffeur a laissé son enfant «dans un parking inconnu pas la bonne adresse sans savoir où il est et aucun adulte pour le prendre en charge», écrit-elle. «C’est irresponsable et inacceptable de la part d’un adulte d’avoir agi ainsi.»

En entrevue à Radio-Canada Mauricie-Centre-du-Québec, Patricia Forget a déploré que le chauffeur d’autobus «a fait confiance à trois personnes qu’il ne connaissait pas». «Ça aurait pu ne pas être de bonnes personnes», a-t-elle soutenu.

«J’ai manqué beaucoup de travail et j’ai vécu beaucoup de stress. Je lui faisais confiance.»

Avec la collaboration de Gabriel Delisle